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Les Nuits 2026: la sélection de Music in Belgium (part 1)

À quelques encablures du début de l’édition 2026 des Nuits du Botanique, il est grand temps d’en défricher son affiche. Une affiche pléthorique dictée notamment par la nouvelle philosophie de l’événement considéré désormais comme un festival à part entière. Les journées ou soirées thématiques sont en effet accessibles aux détenteurs d’un seul et même ticket. Une évolution plutôt qu’une révolution dont la réussite à encouragé les organisateurs à poursuivre dans la même veine.

Trois scènes accueilleront donc les festivaliers et les artistes : l’Orangerie, le Museum et la Fountain Stage. Cette dernière érigée en plein air dans le parc verra battre le cœur des Nuits et bénéficiera d’un upgrade basé sur l’expérience acquise l’an dernier où elle avait parfois montré ses limites. Le podium sera ainsi rehaussé et les ailes remplacées par des gradins. Il sera aussi désormais possible de mieux profiter du spectacle depuis les marches et les terrasses, en sirotant une boisson ou en dégustant un plat concocté par le chef maison.

Les festivités débuteront officiellement le 14 mai, jeudi de l’Ascension, par la traditionnelle Garden Party articulée cette année autour des influents labels Club Romantico (Manchester) et Nyege Nyege (Ouganda). Cela dit, on entrera réellement dans le vif du sujet quarante-huit heures plus tard à l’occasion du week-end Obsidian Dust organisé en collaboration avec MetaDrone (Desertfest). Une double dose de guitares crasseuses et de décibels oscillant entre stoner, doom et noise. Au menu, 32 groupes plus rugueux les uns que les autres dont les voisins du Bota se souviendront autant que les festivaliers.

Un panel cosmopolite représentatif d’une scène aux sous-styles tentaculaires. Le samedi 16 mai, pointons le doom metal des Italiens de Ufomammut et des vétérans de Yob from Oregon auxquels leurs compatriotes féminines de Blackwater Holylight répondront assurément. Le noise-punk des Suisses de Coilguns, le drone psyché de Gnod et les expérimentations sonores de Jarboe (ex-Swans) devraient en scotcher plus d’un, à l’instar des détours chaotiques empruntés par Crouch, genre de supergroupe comprenant des (ex-)membres entre autres d’Amenra, Wiegedood et Oathbreaker. Mais le clou du spectacle sera sans aucun doute le retour au turbin des Anglais de Warning dont le premier album en vingt ans, « Rituals Of Shame », arrive le mois prochain.

Le 17 mai, place à la célébration dominicale en mode black metal de Satanic Witch au Museum. Fait cocasse, le guitariste Michel Kirby (ex-La Muerte) jouera une seconde fois ce jour-là, mais à l’Orangerie au sein de Wolvennest aux côtés d’un certain Marc De Backer (Mongolito, 10000 Women Men…). Une journée au line-up international où l’on croisera sur scène des Suédois (le stoner de Gaupa), des Grecs (le punk hardcore de Frenzee), des Allemands (le psyché post metal de Coltaine, et même des Taiwanais (la psyché noise de Dope Purple). Le desert punk mâtiné de prog doom des nanas de Meatdripper from Birmingham et Piss, l’autre sensation canadienne du moment en mode noisy et récente signature chez Sub Pop, déglingueront à n’en point douter l’Orangerie. Sans oublier une prestation exclusive du line-up original de Neptunian Maximalism, grands habitués des Nuits.

Quelques jours de repos bien nécessaires aux tympans seront les bienvenus avant une soirée hip hop francophone emmenée par Ino Casablanca le jeudi 21 mai suivie d’une autre aux contours pop le lendemain qui verra Mura Masa et Danny L Harle confirmer leur mainmise sur une scène en pleine mutation.

Ce qui nous amène assurément à la journée la plus passionnante de ces Nuits 2026, celle du samedi 23 mai. La plus éprouvante aussi puisqu’elle débutera à 14h par les mélodies indie de Sword II en provenance d’Atlanta pour se terminer à minuit avec celles, nettement plus rugueuses et extrêmes, des Suédois de The Family Men. Une entorse au couvre-feu fixé en principe aux alentours de 23h dont Stonks, récents lauréats bruxellois du concours Sound Track, profiteront également pour y présenter leur nouvelle direction lorgnant davantage vers Gilla Band que Fontaines D.C.. Un son crasseux que les Londoniens de Shame ont couplé à une subtile vision électronique sur « Cutthroat », leur surprenant quatrième album. L’occasion pour la bande à Charlie Steen de revenir sur les lieux de leur premier festival belge, aux Nuits 2017 sous le chapiteau en support de Sleaford Mods.

Molchat Doma et Suuns, les deux autres têtes d’affiche de la journée, ont eux aussi déjà écrit quelques pages du livre d’or du Bota. Après la Rotonde juste avant le Covid et l’Orangerie juste après, les Biélorusses adeptes de cold wave minimaliste entameront leur mini tournée européenne sur la Fountain Stage. 2025 a vu la sortie d’un album live et d’un autre de remixes, place désormais à la suite de leurs aventures dans un monde où guerre froide et mur de Berlin semblent toujours exister. De leur côté, les imprévisibles Canadiens qui nous ont touché en plein cœur lors d’un set particulièrement envoûtant lors du dernier Micro Festival viennent tout juste de publier une collaboration avec le singer-songwriter d’origine dominicaine Kelman Duran. Une virée expérimentale aux contours dub à la Panda Bear dont ils s’inspireront lors de leurs futures prestations ? Réponse sur le coup de 20h15 à l’Orangerie.

Cette journée chargée sera aussi l’occasion de faire connaissance avec My New Band Believe. Formé par Cameron Picton à la suite du hiatus de Black Midi, le désormais ex-bassiste a sorti le mois dernier le premier album de son projet à l’univers aussi déroutant que celui du regretté quatuor londonien. Dans le même ordre d’idées mais davantage canalisées sur les harmonies, les explorations du collectif Ugly illumineront l’après-midi et constitueront une parfaite introduction aux nappes introspectives de Maria Somerville. L’intelligente pop lumineuse de Truthpaste et la vision décalée de Horse Lords seront également des musts absolus. Quant au rayon belge, la folk pop orchestrale de la talentueuse Alice George Perez et la déconcertante avant-pop immersive de Sergeant vaudront pour sûr le détour.

Les Nuits 2026 se tiendront entre 14 et le 31 mai. Infos, affiche complète et tickets par ici. Pensez à l’incontournable Botacarte qui vous donne droit à une réduction de 5 EUR sur le prix plein, même le soir du concert… si celui-ci n’est pas complet bien entendu.

À suivre…

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