DAGUERRE – Corps Voyou

Comme toujours lorsque l’on me demande de rédiger un avis sur un album du genre, je me sens obligé de préciser que la chanson française n’est pas un domaine dans lequel je me sens à l’aise, que je n’ai jamais écouté un album ce style de mon plein gré et que mes connaissances se limitent à ce que les ondes radio ont bien voulu partager avec mes esgourdes insensibles et indifférentes. Je ne garantis donc pas la véracité de ce qui va suivre. Je ne peux promettre qu’une relative sincérité et la promesse d’avoir fait l’effort de sortir de ma zone de confort. Pour une chronique plus pointue de l’album « Corps Voyou », je vous conseille franchement d’aller consulter la presse concurrente.
Ceci dit, parlons un peu de Monsieur Daguerre et du chemin tortueux qui l’a mené jusqu’à ce point culminant de sa carrière où même le plus obscur des chroniqueurs Heavy Metal belge est capable de citer le titre de son dernier album. Daguerre ou Olivier Daguerre, comme dit sa carte d’identité, est un auteur-compositeur-français né dans la ville de Montauban, mais installé au Pays-Basque. Membre fondateur du groupe Les Veilleurs de Nuit, avec lesquels il a enregistré trois albums dans le courant des années 90, il a entamé sa carrière solo en 2005. Durant les vingt années qui ont séparé ce début solitaire de l’intrusion de son nouvel album dans ma pile de CDs à chroniquer, Daguerre a pris le temps de se construire une carrière scénique et une discographie conséquente qui, « Corps Voyou » compris, comprend dix albums. Sa biographie mentionne des collaborations (sur scène et sur album) avec des pointures telles que Francis Cabrel, Cali, Zazie, Marc Lavoine, Bertiniac, Bénabar et bien d’autres encore.
Nous en arrivons à ce moment embarrassant de la chronique où je dois vous démontrer les limites de mes références en tentant des comparaisons bancales avec les quelques artistes français qui m’ont chatouillé les tympans au cours des cinq dernières décennies. Je vous rassure tout de suite, je n’ai pas dû remonter la ligne du temps jusqu’à mes souvenirs vaseux d’Hervé Villard, Frédéric François et Joe Dassin. Confronté aux chansons de Daguerre, mon esprit engourdi par l’abus de décibels s’est plutôt souvenu d’un temps, un peu moins éloigné, où les chansons désabusées de Gérald De Palmas et la poésie électrique de Stephan Eicher squattaient l’autoradio dans les embouteillages du matin. En fouillant un peu, je pourrais ajouter Bernard Lavilliers à l’équation (NDR : mais seulement en ce qui concerne les ambiances exotiques du titre « Marge de Manœuvre », dont vous pouvez voir le clip vidéo ci-dessous). Je vous mentirais en affirmant que ce nouvel album de Daguerre m’a converti à la religion musico-francophile, mais je dois admettre que quelques-uns des titres qui y sont gravés ont du mal quitter mon esprit réfractaire, ce qui, il faut bien le dire, est autant dû aux textes et à l’interprétation intense de Daguerre qu’à la guitare volubile de Sébastien Chouard (NDR : Gérald De Palmas, Florent Pagny, Jean-Louis Aubert, Pascal Obispo, Johnny Hallyday, etc.) qui l’accompagne sur les titres les plus ‘musclés’ de la plaque.
Un album à tester si vous aimez la chanson française lorsque ses textes sont bien écrits, chantés avec passion et qu’elle laisse un espace suffisant aux instruments qui l’accompagne… ou tout simplement pour mesurer l’étendue de mon incompétence et me démonter, en commentaire, combien je me trompe sur toute la ligne.
Pays: FR
Label : Baboo Music / Kuroneko – Promo : Xavier Chzelepretre.
Sortie: 2026/03/20
