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Harmony Metal Fest 2026: un bilan très positif

Comme pour l’édition de l’année passée, un soleil de plomb affole le mercure des thermomètres ce 30 mai 2026. Certains ont parlé de dôme de chaleur, mais la vérité est qu’au vu des cinq groupes programmés par les organisateurs cette année, on pouvait être sûr que la température serait élevée au Kavka. Les amateurs de metal version girl power ont convergé vers Anvers depuis plusieurs pays d’Europe: Espagne, Italie, Pays-Bas, France, Allemagne et bien d’autres. Bref, une belle brochette d’amateurs du genre étaient présents dans la salle, ce qui nous a permis de retrouver pas mal d’amis de concert, dont certain(e)s que nous n’avions plus croisé(e)s depuis un petit temps déjà.

À peine le temps de se congratuler et de déballer le matériel photo qu’il est déjà temps d’accueillir le premier groupe au programme: Lovelorn Dolls. Le groupe belge a débuté vers 2010, lorsque le guitariste et compositeur Bernard Daubresse (Corpus Christi) et la chanteuse Kristell Lowagie (Ladyhell) ont commencé à travailler ensemble à Bruxelles, sous le nom initial de Lovelorn. Depuis le départ, le projet combine gothic rock, darkwave et éléments synthétiques. Bernard Daubresse se chargeait des guitares, claviers, programmation et production, tandis que Kristell Lowagie se concentrait sur le chant, les paroles et les éléments visuels.

Le groupe a enregistré une série impressionnante de EP ainsi que quelques albums qui ont tous contribué à mettre en place, puis à affiner un univers sombre et mignon mais inquiétant, mélangeant des riffs de guitare lourds, des séquences synthétiques entraînantes et une esthétique visuelle influencée par l’imagerie de style Tim Burton. Pendant la promotion du EP « True Crimes » sorti le 3 octobre 2015, le groupe subit un mauvais coup du sort avec le décès inattendu de Bernard Daubresse.

C’est donc avec le guitariste (et producteur) Eric Renwart que Kristell monte sur scène à Anvers pour continuer à faire vivre les créations de son ami Bernard et lui rendre un hommage émouvant. Cet univers steampunk et délicieusement inquiétant semble plaire au public déjà présent en nombre. Pendant tout le concert, des clips des titres interprétés défilent à l’arrière-plan de la scène. L’ambiance est bonne. L’émotion ressentie sur scène est palpable et pourtant le groupe et le public font la fête à la musique, avec « Miss Friday Night« , « The Boy In The Box« , « Beautiful Chaos« , « Dahlia Bleeds« , « Happy Valentine« , « Diary Of Nothing« , « Wolf Inside« , « Call Me Your Ghost« , « Purple » et « Broken Dreams« . Le set se termine par un dernier hommage au complice de toujours. Les fans ont bien fait de venir, car il se murmure que – sauf revirement – ce concert pourrait être un des tout derniers du groupe…

Après cette prestation à la fois envoûtante et émouvante, place à October Changes. Le groupe débute son aventure en 2019 mais c’est à partir de la refonte complète du groupe en 2022 et l’arrivée de la chanteuse Lhana au talent exceptionnel que le groupe décolle. Après avoir pris le temps de remodeler entièrement leur son durant des sessions d’écriture intensives, la formatipon arrive au résultat souhaité: un mélange de beats électroniques puissants et de metal mélodique, une fusion qu’ils ont baptisée Electromelodic Metal. Après un premier EP remarqué en 2023, October Changes sort son premier album »Quantum » le 1er mai dernier.

Ce premier opus autoproduit est un mix dynamique de ballades symphoniques puissantes et d’hymnes à haute énergie. Véritable OVNI musical et déjà véritable bête de scène, Lhana a l’énergie d’un ouragan ainsi qu’une voix exceptionnelle qui fait merveille sur les titres du groupe mais aussi sur l’incroyable reprise du « Zombie » des Cranberries. Ajoutez à cela des rythmes électroniques parfaitement dosés et des riffs de guitare accrocheurs, et vous aurez une petite idée de la folie d’un concert d’October Changes. Ce groupe est vraiment à découvrir de toute urgence.

Côté setlist, des titres hyper efficaces comme s’il en pleuvait: « Rebellion« , « Lost Utopia« , « Medusa« , « Parasocial« , « Jasmine« , « Sleeping Beauty« , « Haven« , « Zombie » (cover des Cranberries), « Amor Fati » et « Shutter« .

L’énergie qui se dégage de cette prestation est saisissante et très communicative. Amaranthe n’a qu’à bien se tenir… La salle est en feu, les festivaliers ravis s’en donnent à coeur joie. Lhana est manifestement heureuse de l’accueil du public anversois. Une très belle découverte que nous tenterons de garder à l’oeil.

Le temps pour la technique de faire les adaptations nécessaires et voilà Alia Tempora qui entre en scène. Ce groupe tchèque formé en 2012 mêle un metal moderne à des éléments de musique électronique, dubstep et pop. Le groupe est mené par la chanteuse Markie Morávková et compte également parmi ses membres le guitariste mexicain (et occasionnellement growler) Mario Del Rio. Dans cette univers, la fantaisie règne en maître: déguisement de fée, tube à bulles, licorne et cheveux roses. Tout respecte le principe de base du groupe: soyez vous-même et ne vous laissez pas enfermer par le jugement des autres.

Le public baigne ici dans un univers happy metal très bon enfant. Et le public s’amuse autant que les artistes sur scène. Notamment quand une licorne va traverser le public pour aller danser sur scène. Ce côté très fun et cette gaîté insouciante au cœur du festival fait beaucoup de bien dans le climat anxiogène qui domine l’actualité du moment. La setlist reprend des morceaux connus du groupe, mais aussi des titres plus récents: « Mockingjay » (inspiré du film Hunger Games), « Fake it till You Make it« , « Bark on Me« , « Queen and the Knight« , « Get Well Soon« , « Asking / Por Siempre« , « Dragonfly Effect« , « Superhero Mind« , « Don’t Give a Fox » (jeu de mot!), « Black ‘n’ White » et « Loser Like Me« . Un moment très convivial et sympathique.

Le groupe suivant ne nous est pas inconnu puisque Solitude Within était déjà à l’affiche de l’édition 2025 du Harmony Metal Fest. La chanteuse Emmelie Arents est venue exceptionnellement sans son clavier, mais toujours accompagnée de Jean-Paul Laffargue (guitare) et Quincy Van Overmeire (guitare, grunts), Sabine Engelen (batterie) et Fré Delaey (basse). La voix puissante et nuancée fascine toujours autant, oscillant entre envolées lyriques et passages plus intimes. Solitude Within a installé cette fois encore une ambiance envoûtante, portée par des arrangements soignés et une mise en scène sobre, mais efficace. Il faut dire aussi que le groupe est venu avec, dans ses valises, un titre inédit interprété sur scène pour la première fois. Le public très nombreux à cette heure de la journée est captivé par la force émotionnelle des morceaux, entre passages épiques et moments de pure délicatesse dans un voyage vers le côté obscur de la psyché humaine.

Parmi les morceaux au programme, nous avons noté « Beautifully Broken« , « When Kingdoms Fall« , « Over and Over« , « One Final Wish« , « Morrigandance with ghosts« , « Eternal Flame« , « Burn« , « Land of Disarray« , « Astray« , « To the Grave » et « Paralyzed« .

Belle prestation, très apprécié par le public. Emmelie a un talent certain pour plonger les auditeurs et le public dans un monde sombre et mystérieux, éclairé par sa seule voix.

La tête d’affiche de la soirée se produit en Belgique pour la toute première fois. Il s’agit de la formation helvétique de rock/metal Illumishade, emmené par la sublime Fabienne Erni (chant et piano), accompagnée de Jonas Wolf aux guitares, de Mirjam Skal aux synthés (et responsable des arrangements orchestraux), Yannick Urbanczik à la basse et Marc Friedrich aux fûts. Fondé à Zurich en 2019 par Fabienne et Jonas, Illumishade s’est très vite imposé comme un projet à part entière. Leur premier album, « Eclyptic: Wake of Shadows » sorti en 2020 définissait les éléments centraux de leur identité : un mélange style assez cinématographique, des mélodies majestueuses et une virtuosité instrumentale qui leur est propre, sublimés par l’imagination orchestrale de la compositrice de films Mirjam Skal.

Le 2e album du groupe, « Another Side of You » sorti en 2024, a affiné leur musique. En 2026, le groupe poursuit sur sa lancée avec un nouveau single « Paralyzed« , mélancolique mais percutant, doté d’une identité sonore affirmée qui reflète pleinement l’originalité authentique du groupe.

Sur scène, le groupe affiche une superbe cohésion renforcée par la franche complicité qui unit les différents membres. Fabienne est une véritable bête de scène qui ne ménage pas ses efforts ni les effets visuels et les headbangings à l’appui de chaque morceau. À l’arrière-plan, Mirjam assure les claviers avec une très belle maîtrise, tout en soutenant les parties vocales avec une voix également très agréable. Les hommes du groupe ne ménagent pas non plus leurs efforts et mettent une belle énergie au service du band. Le public répond avec un enthousiasme non feint aux sollicitations de Fabienne et je vois énormément de cheveux tournoyer dans les airs dans des mouvements à se rompre la nuque.

La setlist est généreuse avec une quizaine de titres: « Elegy« , « Enemy« , « Here We Are« , « Muse of Unknown Forces« , « Cloudreader« , « In the Darkness« , « What Have I Become« , « Paralyzed » (première interprétation en live – voir plus haut), « Riptide« , « Cyclone« , « Hymn« , « Crystal Silence« , « Rise« , « Tales of Time » et « World’s End« .

Voilà qui clôture en beauté une édition très réussie de ce charmant festival qui a décidément toujours le nez fin pour sa programmation. Merci aux organisateurs et vivement l’année prochaine !

Chronique: Anne-Françoise Hustin et Hugues Timmermans
Photos: Hugues Timmermans
Facilitation presse: Harmony Metal Fest

 

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