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Les Nuits 2026; la sélection de Music in Belgium (part 2)

Second volet de nos conseils avisés et commentaires éclairés sur la programmation de la trente-troisième édition des Nuits du Botanique. Des Nuits qui se déroulent jusqu’au dimanche 31 mai sur base de soirées (la semaine) et de journées (le week-end) thématiques pour un environnement festival plus vrai que nature. D’autant qu’un ticket unique donne désormais accès à l’ensemble des scènes.

Un changement majeur depuis l’an dernier qui n’affecte cependant pas l’une des marques de fabrique des Nuits, les créations. Celle de cette année se tiendra le dimanche 24 mai au Museum en marge de la Nuit pop-rock franco-belge. Baptisée Cazaar!, elle sort de l’imagination foisonnante d’Amaury Louis (marcel) et Pierre Leroy (Pierres) qui sont parvenus à combiner leurs univers antagonistes pour illustrer une histoire abracadabrante. Contée par les musiciens eux-mêmes et entrecoupée d’imparables compositions solaires inédites, elle promet un début de journée festif, d’autant que la crème du rock indé bruxellois les accompagne sur scène. Attention, cela commence à 14h45 et si vous ne voulez pas louper un épisode de l’histoire, on vous conseille d’éviter de prendre le train en route.

La suite de la journée verra le triomphe attendu de Solann dans la lignée de son incroyable année 2025 lors de laquelle elle a sorti son premier album et remporté le titre convoité de Révélation féminine de l’année aux Victoires de la Musique. Ses récentes collaborations avec Yoa et November Ultra démontrent une volonté d’évoluer et son set sur la Fountain Stage sera l’occasion d’en découvrir la teneur. Dans un registre tout aussi sombre mais aux contours paradoxalement lumineux, Flora Fishbach emballera l’Orangerie via une prestation scénique repensée en adéquation avec sa nouvelle direction.

Les mélodies langoureuses de Papooz, la sensation made in Belgium Camille Yembé et les détours mélancoliques de Léonie Pernet constitueront d’autres immanquables. Plus tôt dans la journée, le flow délicat de la Franco-Sri Lankaise Nilusi et, à l’opposé, la pop soutenue de Max Baby mériteront le coup d’oreille. Tout comme la découverte scénique de « China Bone », le surprenant deuxième album d’Isaac aux textes tourmentés mais à l’environnement captivant.

Quelques jours de repos permettront ensuite de recharger les batteries avant un exigeant sprint final. Celui-ci débutera par la Nuit multiculturelle et majoritairement lusophone du mercredi 27 mai. Au programme notamment, les rythmes bossa langoureux de Mari Froes et ceux davantage caliente de Liniker, l’artiste brésilien du moment qui collectionne les Latin Grammy Awards. Au rayon belge, le groove jazzy de Sevens, un des lauréats du concours Soundtrack en 2021 qui a publié son premier album, « Sincerely, Sevens » chez Unday l’an dernier. Mais aussi les comptines soul métissées de la talentueuse Bruxelloise Adja dont la réputation dépasse largement les frontières du royaume.

Ce qui nous amène à la Nuit punk du jeudi 28 mai. Même s’il serait plus judicieux de parler d’héritage punk. Et à ce propos, les programmateurs ont fait très fort en transformant une contrainte en opportunité. Promise aux jumeaux New Yorkais de The Garden qui ont été contraints d’annuler leur tournée, la tête d’affiche a été confiée à la sensation du moment, Angine de Poitrine. Le nom du duo québécois de math-rock micro-tonal avide d’accoutrement à pois s’est retrouvé sur toutes les lèvres à la suite de cette fameuse session KEXP devenue virale. Depuis, leurs prestations provoquent un engouement sans nom. Leurs concerts au Vecteur et au Magasin 4 se sont retrouvés sold out en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire et seules trois heures ont suffi pour épuise les tickets de cette Nuit devenue subitement incontournable. Rien que pour voir le phénomène, elle vaudra assurément le détour.

Mais il n’y aura pas que des déguisements sur scène (et sans doute dans le public) ce soir-là. Les New Yorkais de Model/Actriz nous doivent une revanche après leur prestation en demi-teinte au Sonic City. Ils avaient pourtant été exemplaires à la Rotonde quelques mois auparavant en support de « Pirouette », leur explosif deuxième album bourré d’uppercuts électro-punk. L’énergie brute en néerlandais de Maria Iskariot, vainqueurs de la dernière édition en date du prestigieux Humo Rock Rally et les pépites survitaminées des Galloises de Panic Shack équilibrant la parité, un objectif avoué des programmateurs. Pointons également les beats destructeurs de Zep ains que la rage déclamée de Forsissies, un des projets soutenus par le Botanique en 2026 dans le cadre de ses mandats résidentiels.

Un soutien dont bénéficie également Gala Dragot, une des personnalités singulières à découvrir le vendredi 29 mai. Son impressionnante voix feutrée ne constitue que la partie visible d’un iceberg qui l’a notamment vue endosser le rôle d’actrice dans Putain, la série créée notamment par Zwangere Guy et pour laquelle elle a composé un titre de la BO (tout comme les précitées Forsissies, soit dit en passant). Cela dit, cette Nuit-là sera surtout articulée autour de la régionale de l’étape, Iliona. Ses compositions au piano l’ont rendue célèbre en l’espace de quelques années et leur vision pop a amplifié le phénomène. Mais pas que et c’est ce que le Bota a voulu mettre en avant via la face rock d’Etta Marcus, celle hyperpop de Sheng ou encore l’avant-pop expérimentale de Maddie Ashman.

Le dernier week-end des Nuits 2026 sera entamé en mode coolitude le samedi 30 mai grâce à une programmation électro-jazz au sens large du terme. Il ne faudra surtout pas louper la magistrale Nubya Garcia, figure incontournable de la nouvelle scène londonienne qui continue à dépoussiérer un style de moins en moins désuet. On ne présente plus non plus Chassol dont les délires sonores rendent chacune de ses prestations passionnantes alors que le les rimes de Yamê prennent tout leur sens sur scène. Le Franco-Camerounais s’apprête enfin à fouler une scène du Botanique après avoir annulé sa prestation prévue à l’Orangerie pour cause de Victoires de la Musique (il a remporté le titre de Révélation masculine en 2024). La neo-soul de Nectar Woode et la vision instrumentale du dernier album signé le trompettiste Béesau apporteront des touches planantes à la journée qui verra aussi de jeunes pousses s’affirmer, comme Céline Dessberg et sa harpe magique ou la folk cotonneuse de Bex.

Les Nuits se clôtureront par une journée expérimentale aux contours avant-gardistes dont le duo Norvégien Smerz sera le chef de file. Des compositions à la sensualité affirmée qui caractérisent parfaitement la tendance exploratrice à l’affiche de ce dimanche 31 mai. Toujours du côté du nord de l’Europe et plus précisément en provenance du Danemark, Ydegirl, qui associe des sonorités r’n’b à des arrangements plus classiques et ML Buch en formule immersive poursuivront dans cette voie. Au registre dancefloor, le Californien Nick León et le Suédois Oli XL s’occuperont de refermer l’édition 2026 de manière festive. Pointons encore Kiss Facility, le nouveau projet de Sega Bodega, sorte d’électro shoegaze oriental chanté en arabe. Une ultime curiosité courtesy of Le Botanique.

Les Nuits 2026 se tiennent jusqu’au 31 mai. Infos, affiche complète et tickets par ici. Pensez à l’incontournable Botacarte qui vous donne droit à une réduction de 5 EUR sur le prix plein, même le soir du concert… si celui-ci n’est pas complet bien entendu.

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