CD/DVDChroniques

DISEN GAGE – The Screw-Loose Entertainment

Notre évaluation
L'évaluation des lecteurs
[Total: 0 Moyenne: 0]

Composé de Konstantin Mochalov, guitare et claviers, Yury Alaverdyan, guitare et percussions, Nicolai Syrtsev, basse, percussions et claviers, et Evgeny Kudryashov, batterie et percussions, le groupe russe Disen Gage joue une musique alternative teintée de progressif et de musique électronique expérimentale. Vadim Sorokin joue les percussions « odd », a enregistré et co-produit cet album.

« Solaris », assez long, entame le set par un morceau éthéré saupoudré d’effets électroniques recherchés. Le rythme envoûtant génère un sentiment de participation à l’événement qui déroute un peu au début.

« Komar » débute par des bruitages et un jeu de guitares distordues assez original. C’est tout aussi déroutant que la musique expérimentale de Silence Kit. Le rythme échevelé du morceau fait oublier le scope : est-ce encore du rock ?

« Augenapfel » présente des relents de rap, omniprésent maintenant sur les ondes. Allons-nous tous tourner rap ? La réponse incombe à chacun d’entre nous. Si l’on attend le salut de musiciens qui ont été brimés pendant des années, obligés qu’ils sont d’oublier tous leurs déboires et le reste, on se trompe sans doute de cible. Ils viennent pécher leur inspiration en Occident. Quoi de plus naturel ?

« Kategeriin » est plus classique, même si par moments on a des craintes. Heureusement, le saxophone de Elena Philipova apporte un peu de variété. Foin des tergiversations, allons droit au but semble être un leitmotiv chez Disen Gage. Cette musique primesautière et enjouée, qui a reçu des influences de pratiquement tous les types de musiques semble en tout cas apporter du plaisir aux musiciens.

Si je vous dis que « Arabia » est influencé par le Moyen-Orient, je suis sûr que vous me croirez. De la musique arabe jouée par des Russes, ce n’est quand même pas banal mais à part le titre, on cherche en vain l’esprit du Moyen-Orient.

D’où vient « Chinagroove # 17 » ? Vous avez gagné mais la sauce russe est quand même difficile à digérer. La musique chinoise traditionnelle, si c’est elle qui est visée ici, c’est bien autre chose. Résultat très moyen, vraiment.

« Witchtanz », la danse de la sorcière, tirée du folklore, est nettement plus intéressante et proche des sources. Mais comment trouver un compromis entre cette musique mystérieuse qui engendre parfois la peur chez les plus imaginatifs et cette musique affublée d’effets électroniques plus sauvages les uns que les autres ? On n’est pas loin de l’hérésie.

« Latino » porte son nom avec plus de pertinence. Ici aussi, les effets spéciaux pleuvent mais curieusement nuisent moins que sur certains autres morceaux. Le style est mieux assimilé, cette fois.

« Jewboilove » est un titre inspiré du folklore mais avec une couleur jazz bien réelle. C’est ici que les musiciens s’en donnent à cœur joie, dans un élan passionné par la qualité de la musique, beaucoup moins électronique, sauf au milieu du morceau. De nouveau, le saxo de Elena Philipova est le bienvenu mais sa présence est assez symbolique, à part à la fin.

« Waltz », valse, est plus acoustique et évoque les évolutions de danseurs d’un autre âge. Peu importe, pour le groupe russe, c’est une occasion de jouer de la musique.

Au rayon des titres bonus, le premier est « Solaris », dans une version plus courte que sur le premier morceau. Les effets électroniques y sont plus prononcés même s’ils sont dominés par les guitares et les percussions. On y sent l’influence de David Bowie.

Plus acoustique, plus calme, « Theme » se laisse écouter sans déplaisir. Le rythme s’apparente par moments à la bossa nova mais jouée avec détachement, sans enthousiasme et sans chaleur. On se dit « oublions » quand soudain ça s’accélère, ça devient russe et ça se termine en apothéose comme la plupart des chants russes.

Très enjoué, « Chinagroove # 15 » ne ressemble en rien à son modèle. Où est le groove ? Où est l’influence chinoise ? On cherche en vain.

En fin de compte, ce CD est un recueil de chansons variées qui illustrent le savoir-faire de musiciens très bien entraînés. Pas de quoi crier au génie, cependant. Mais c’est bien joué et varié.

Pays: RU
RAIG R004
Sortie: 2004

Laisser un commentaire

This website uses cookies to analyze site traffic and improve your experience. By continuing to use this site, you consent to our use of cookies.
Music In Belgium