VARIOUS ARTISTS – The Spaghetti Epic – « Six Modern Prog Bands for Six ’70 Prog Suites »
Ce copieux double album a été conçu autour du célèbre film « Il était une fois dans l’Ouest », réalisé en 1969 par Sergio Leone, le roi du « Western Spaghetti ». Le concept de ce projet plutôt bizarre fut initié par le magazine finlandais Colossus, qui n’en est pas à ses débuts dans le genre, et Musea. Il comprend six longues pièces composées et interprétées par six groupes différents, de plusieurs nationalités, dans un style Progressif plutôt Italien, classique des années 1970, et joué avec des claviers plus spécifiquement « seventies » tel que Hammond, Fender Rhoades, Moog ou Mellotron.
Ci-dessous, les six plages avec leurs interprètes :
- « The West » (Vesa Lattunen/Rauli Nordberg) par Haikara (Finlande) (19’59)
- « Jill » (Nicola Randone) par Randone (Italie) (21’38)
- « Cheyenne » (Alfio Costa) par Tilion (Italie) (21’49)
- « Harmonica » (Guy Manning/Andy Tillison) par La Voice del Vento (UK) (21’56)
- « Morton » (Taproban) par Taproban (Italie) (23’23)
- « Frank » (Menno Boomsma/Eddie Mulder/Edo Spanninga) par Trion (Pays-Bas) (25’00)
Le thème de cinq de ces pièces est bâti, à chaque fois, sur un des personnages du film et le sixième sur l’ « Ouest ». A l’origine, Ennio Morricone avait créé sa musique d’une manière plus ou moins semblable.
Outre certaines informations sur les groupes, l’épaisse pochette de l’album comprend une bande dessinée et beaucoup de textes racontant l’histoire, en anglais et en italien. A mon sens, tout cela est bien peu intéressant, mais bon… il en faut pour tous les goûts.
La pièce « The West » est celle qui utilise le plus grand nombre de musiciens différents et la variété y domine immanquablement avec une participation importante des instruments acoustiques (violon, violoncelle, guitare, contrebasse, accordéon), sur un rythme toujours lent. A noter également le chant très limpide de Saara Hedlund appuyé par l’accordéon et la guitare sèche. La particularité de cette plage dans ce double album est très certainement liée à l’origine nordique des musiciens.
Avec la composition « Jill » apparaît le côté le plus rétro, surtout par les sonorités des claviers (et le mellotron) et le jeu classiquement flamboyant du guitariste. Le drôle de jeu du batteur surprend, tout comme le chant plutôt moyen, en italien.
Une nouvelle ambiance survient avec « Cheyenne », des italiens de Tilion. Cette pièce se caractérise par un beau duo rythmique plus Jazzy composé du bassiste Bobo Aiolfi et du batteur Paolo Cassago. Le guitariste Flavio Costa éblouit et est particulièrement présent aux guitares. Le claviériste Alfio Costa, le compositeur de cette plage, utilise une flopée de claviers qui apporte beaucoup à la couverture de l’ensemble. Bon chant de Andrea Ricci. A mon sens la meilleure plage de l’album.
« Harmonica » ne rassemble que deux musiciens. Guy Manning et Andy Tillison ont déjà une réputation bien établie avec Parallel or 90 Degrees, Manning et The Tangent. Ils se partagent tous les instruments et la fluidité générale de cette jolie composition bien foutue marque directement. A noter, une seconde partie très Jethro Tull, époque « Thick as a Brick », avec une voix rappelant Ian Anderson et, plus encore, Terry Dolan de Terry and the Pirates, qui n’est pourtant vraiment pas un musicien de l’Ecole Progressive.
« Morton » m’a semblé très inégal, avec des claviers prépondérants et une rythmique souvent trop répétitive. Seule la seconde partie, plus mélodieuse, avec le piano et le chant surtout, démarre quelque chose de plus vibrant. On a parfois peine à croire que cette deuxième partie provient du même groupe.
« Frank » possède une grande richesse harmonique. Cette construction particulièrement bien foutue, plus symphonique et aérienne, sans vocaux, avec de belles parties instrumentales, clôture ce double album d’une belle manière dans un magnifique équilibre.
Si aucune de ces six pièces ne laissera un souvenir inoubliable, elles ne sont pas dépourvues de qualités non plus et l’ensemble reste particulièrement plaisant et très cohérent. Bien entendu, comme souvent dans ce type d’enregistrement, certains se sont parfaitement intégrés dans le carcan imposé par le concept de cet album et d’autres beaucoup moins. Est-ce important ? A vous de voir.
Pays: FI
Musea FGBG 4526.AR
Sortie: 2004/10/15
