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NATIONAL (The) – Boxer

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L’album « Alligator«  avait déjà une qualité proche du chef-d’oeuvre; « Boxer » confirme tout le bien que nous pensions de ce groupe justement apprécié de la critique. Il est sans doute trop discret pour atteindre le succès populaire mais qu’importe : chaque morceau de cet album est bien construit et est un joyau en soi.

La voix de Matt Berninger y est sans doute pour beaucoup. Même s’il rappelle à la fois Leonard Cohen, Stuart Staples (Tindersticks) et Kurt Wagner (Lambchop) pour le ton de la voix, il garde toute sa personnalité et conduit le groupe avec sagesse vers la notoriété.

Le noyau du groupe comprend aussi Aaron Dessner à la basse, Bryce Dessner à la guitare, Bryan Devendorf à la batterie et Scott Devendorf à la guitare. Tous remplissent leur rôle à la perfection. On note aussi la présence de nombreux invités dont Sufjan Stevens au piano sur deux titres.

Le piano et la voix sont mis en valeur sur le premier titre, « Fake Empire », un remarquable morceau qui comporte aussi une très bonne section de cuivres, dont un basson. « Mistaken For Strangers » comporte aussi une belle mélodie répétitive sur laquelle la voix peut donner sa pleine mesure. De nouveau, le piano tient un rôle en vue sur ce morceau plutôt sombre dont le final s’estompe en douceur.

« Brainy » démarre sur des percussions auxquelles « The National » ne nous a pas habitués. On obtient ainsi un up tempo marqué par l’intervention remarquée du violoncelle. La fin du morceau frôle le sublime avec le violon de Padma Newsome qui a également fait les arrangements. Après un début marqué par des roulements de tambour, les sonorités low key parsèment le très beau « Squalor Victoria ». Ici encore, la voix de Berninger excelle sur ce morceau intimiste caractérisé par une mélancolie latente et qui se termine comme il a commencé : par des roulements de tambour.

« Green Gloves » donne lui aussi dans le sombre et l’intimiste. Cette fois, les guitares sont mises en exergue au même titre que la basse. La mélodie est de toute beauté et participe à la qualité générale de cet opus qui laisse découvrir ses atouts un peu plus à chaque écoute. Le mid tempo « Slow Show » démarre en douceur sur une mélodie magnifique. De nouveau, la guitare tient une place importante avec la voix mais au fur et à mesure les cordes prennent de l’ascendant pour céder la vedette au piano vers la fin.

« Apartment Story » est un titre jubilatoire qui se base sur des percussions remarquables. La voix prend le relais pour se diriger vers un morceau rythmé au point de faire oublier le texte. « Start A War » s’égrène en douceur et apporte un relief inattendu à cet album remarquable de bout en bout. La voix y est mise en valeur à bon escient sur ce morceau qui exhale la nostalgie. Boosté par les guitares, « Guest Room » est plus rock mais le groupe se tire parfaitement d’affaire.

C’est Sufjan Stevens qui joue discrètement du piano sur « Racing Like A Pro », rehaussé par la présence des cordes, et sur le sublime « Ada », le plus beau titre d’un album qui ne comporte aucun point faible. Ici, le piano est beaucoup plus apparent et accompagne avec brio une mélodie magnifique, elle-même rehaussée par la présence des cordes et des cuivres. Un vrai chef-d’oeuvre. « Gospel » est aussi un morceau intimiste empreint de tristesse et pétri de qualité. De nouveau, le piano y est mis en évidence. Brillant album !

« The National » sera au Festival de Dour le 13 juillet prochain. Laissez tout tomber et allez acheter votre billet, vous ne le regretterez pas. Dans quelques années, il coûtera beaucoup plus cher. Nous l’avons dit à la fin de la chronique de « Alligator » : c’est un futur grand.

Pays: US
Beggars Banquet Records BBQCD 252
Sortie: 2007/05/21

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