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CAPHARNAUM – Lesoleilestunebombeatomique

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Tiré du nom d’une ville de Galilée, le capharnaüm est un endroit encombré et en désordre. Né au Canada en 1998, Capharnaüm n’est pas un groupe mais un projet de rock progressif instrumental fondé au départ sur une passion commune de la musique et basé sur l’amitié entre ses membres. Composé de personnalités très différentes, il sort des sentiers battus à la recherche d’un son original ; il utilise le paradoxe en faisant cohabiter, toujours au bord de la rupture, la puissance destructrice du soleil et ses bienfaits.

« Atomic Disco » est un exemple judicieux du mariage parfois chahuté de la douceur du thème principal et de la violence dans la façon d’aborder le jeu musical, notamment par la puissance des guitares. La versatilité de Maxime Brisebois à la batterie n’a d’égale que sa précision. « Tokamak » débute en douceur sur des percussions déroutantes qui cèdent la main à un jeu de guitare musclé. La programmation de François Blanchard, qui s’occupe même de la photo de couverture, donne un rythme très dynamique à cet ensemble subtil et sautillant.

Lui emboîtant le pas, « Démentielle » est une variation rapide sur un thème jazzy ensemencé de samples saccadés issus de la programmation. Les riffs de guitare lui donnent son aspect de rock moderne tandis que les percussions et la basse lui confèrent un côté dramatique. « Feedback » est un exemple de jeu rapide et chatoyant qui représente le côté violent de la musique du combo, où les guitares de François et Marc-André Blanchard tiennent la première place. Le jeu alterné des râpes est de toute beauté mais c’est la basse qui conduit le morceau vers son apogée avec l’aide d’une batterie tranchante à souhait.

Le très court « Un dimanche soir à St. Zénon » débute par des samples programmés et rythmés à souhait pour servir de trame à une débauche de sons rapides et variés. Les guitares prennent le relais pour conduire cette petite pièce d’anthologie vers sa destination de musique créative jouée de façon très syncopée. Débutant par un festival de guitare basse remarquablement jouée par Philippe-Antoine Bernard, un bassiste peu orthodoxe mais très branché sur l’innovation musicale, « Caterpillar » est un titre qui virevolte sur une vague générée par des guitares enjouées. C’est aussi un des meilleurs titres de l’album. Il allie le jazz et ses improvisations à un rock progressif fort créatif.

C’est aussi par une ligne de basse remarquable et bien soutenue par la batterie que débute « Tunnel n° 6 ». Ici, ce sont plutôt les violons et les guitares qui donnent son originalité au morceau. De plus, sa ligne mélodique lui donne un attrait supplémentaire. Le synthé vient y ajouter une touche de douceur et la rythmique est parfaite. C’est un autre très bon titre de cet album intéressant qui semble fait de bric et de broc mais qui garde toujours une cohérence parfaite.

Beaucoup moins accessible en raison de son absence totale de mélodie, « Delirium » est plus jazzy dans sa forme et les gerbes saccadées des guitares et des percussions en sont les manifestations créatives troublées par des changements de rythme continuels qui surprennent à chaque coin de note. Le morceau se termine sur un tempo lent avant un court sprint final explosif.

« Jouer encore » est un autre titre où la connotation jazz transparaît par petites touches successives. Ici, ce sont les lignes mélodiques guidées par la basse qui donnent le tempo, avec des interventions brèves à la guitare. Le thème musical devient brusquement classique avant de prendre un aspect rock plus prononcé. C’est ensuite à une débauche de guitare que l’on assiste passivement, ébranlé par sa violence destructrice mais la raison reprend ses droits à la fin et le dernier mot reste à la sérénité retrouvée.

« Brainstorm » est un long morceau élaboré autour d’une structure traditionnelle jouée par un combo classique fait de guitares, de basse et de batterie. Dans sa partie finale, il adopte un jeu de guitare qui rappelle un peu le Pink Floyd psychédélique des débuts.

On met du temps avant de découvrir l’ampleur musicale de cet album dans l’air du temps, bien construit autour d’un thème principal et joué avec talent. La métaphore du soleil montre le contraste entre ses différents effets et leurs conséquences possibles sur la nature et les êtres vivants.

Pays: CA
Unicorn Digital UNCR-5043
Sortie: 2007/04

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