SPITTING OFF TALL BUILDINGS – Good Night and Good Luck
Fort de ses nombreuses expériences en concert, notamment en première partie de Rammstein, le groupe allemand de Berlin Spitting Off Tall Buildings pratique un rock alternatif fort varié. L’album « Good Night and Good Luck » a été enregistré à Chicago et produit par le célèbre Steve Albini (Big Black, Shellac, Rapeman), bien connu du milieu rock underground alternatif pour son intransigeance et l’authenticité de sa démarche artistique.
C’est incontestable, la figure de proue du groupe est la chanteuse Jana Pallaske, une actrice dont les dons vocaux voguent loin au dessus de la moyenne. Son style est un mélange de Kate Jackson (The Long Blondes), Karen O (Yeah Yeah Yeahs) et Alison Mosshart (The Kills). Le groupe comprend en outre le guitariste Gregor, le bassiste Andre, le guitariste choriste Paul et le batteur Niels. Ils forment avec Jana un groupe soudé qui met surtout en valeur le chant. De plus, Jana compose les paroles de la plupart des chansons. Sans elle, le groupe serait sans doute assez quelconque.
L’album débute par « Cracks », un titre qui claque comme un drapeau en plein vent. Les roulements de la batterie et les riffs des guitares impriment au morceau un rythme très soutenu qui convient parfaitement à la musique jouée par le groupe. « Tade » est de la même veine et tout au long du morceau, on reconnaît la patte d’Albini. Le son est sec, la ligne de basse fait trembler les vitres et Jana Pallaske chante à la façon sensuelle d’Alison Mosshart.
« What They Say » est un autre morceau de musique brute au mid tempo accrocheur et au refrain mélodieux où la chanteuse déclame et revendique plus qu’elle ne chante. « You And Me » ressemble un peu à ce que fait Sonic Youth. La fréquence des riffs se rapproche jusqu’au point de rupture sur fond de percussions lancinantes enveloppées par la basse. « Let You Go » se la joue plus Pixies que nature avec la Pallaske en point de mire.
« Out Of Breath » offre un rythme saccadé propice à la débauche de guitares saturées qui lui succède. On obtient ainsi le son bien particulier cher à Albini, avec des distorsions qui font très Sonic Youth. « Burnt Into My Skin » enchaîne sur un rythme enlevé au pas de charge et les passes d’armes entre les guitaristes valent le déplacement. Pour couronner le tout, la voix féminine se fait plaintive pour mieux séduire.
C’est une ligne de basse accrocheuse qui introduit « Summer », avant que les guitares ne se déchaînent de plus belle, couvrant par moments la voix charmeuse de la jeune et belle actrice, avant qu’un break inattendu introduise une variante dans la construction du morceau. Sur un rythme syncopé, « Heart Beats » est un peu plus jazzy au début mais les guitares reprennent le dessus pour imprimer un tempo plus rock. On pense à Shirley Manson et Garbage. « Lulla’Bye » est un titre plus doux et intimiste qui introduit encore un peu plus de relief et termine le set en beauté.
Album excellent qui nous fait découvrir une future grande dame du rock. Alison Mosshart, Karen O et Kate Jackson nous avaient déjà gâtés. On dirait que petit à petit les filles sont en train de prendre le pouvoir. Une découverte !
Pays: DE
Exile On Mainstream Records EOM 028
Sortie: 2007/06/04
