DEEP EYNDE (The) – Bad Blood
Cet album est le dixième de ce groupe originaire de Californie. Il oscille entre un hard rock mélodique bourré d’énergie et le punk mais il y ajoute une petite pointe de gothique, seul vestige de leur passé musical. La photo de couverture donne d’ailleurs une fausse idée de la musique jouée par le groupe, autrefois adepte du death metal. Une tête de mort et un cœur transpercé de poignards ! Comme c’est original ! Il y a comme un hiatus entre leur image et ce qu’ils nous donnent en pâture. Il faut s’en réjouir.
Le groupe comprend Fate Fatal (chant), Stress (guitare), Tino Franco (guitare), Hal Satan (batterie) et Robert Graver (basse) qui, tous, ont des mines patibulaires mais sont capables de chanter ou de jouer très vite. Mieux, leurs harmonies vocales sont très soignées.
La musique du groupe est bourrée d’énergie et rappelle par moments le punk des Ramones, comme sur « Kiss Of Violence », le premier titre, mais elle est très digeste. La plupart des morceaux sont très courts et cela participe à la dynamique interne de l’album. De plus, les guitaristes jouent en parfaite symbiose et la rythmique est parfaite.
« We Don’t Care About You » est plus proche de la musique brute de Iggy Pop mais le groupe ne s’en cache pas et annonce clairement ses influences. « Date From Hell » fait penser aux Buzzcocks. On le voit, c’est le top du punk qu’ils imitent mais en gardant cette dextérité qui leur est propre. « Casualty Of Love » est un autre hymne à la gloire de la belle époque du punk mais on y sent plus l’influence du hard rock. « Teenage Rejected » est plus dans la tradition du heavy metal et est l’occasion d’admirer la parfaite cohésion du groupe, qui ne tolère aucun temps mort. On n’est pas très loin des Dead Kennedys.
« Divide The Day » est plus nuancé, même s’il reste très speedé. C’est en tout cas un des meilleurs titres de l’album et il risque de faire un carton sur les radios non formatées. Le batteur cogne comme un sourd mais sa technique n’encourt aucun reproche. « Lonely Wolves » est un peu dans le même style mais ici, ce sont les harmonies vocales qui émergent à la surface et constituent le meilleur atout.
Le plus long morceau de l’album, « The Calling », relève davantage du punk dans le style des Buzzcocks, un groupe injustement resté dans l’ombre des Sex Pistols, au cours des seventies parce qu’ils étaient un peu moins iconoclastes. Pourtant, sur le plan musical, Pete Shelley et Howard Devoto, qui par après a formé Magazine, avaient une autre envergure que Johnny Rotten et Sid Vicious.
« Christfuck » est un autre titre très intéressant dans la mesure où il allie plusieurs genres. Cela tient à la fois du hard rock mélodique et du heavy metal. « Under The Knife » tient davantage d’un hard teinté de glam rock dans le style de T-Rex, une autre influence majeure du groupe, en tout cas pour le chanteur.
Pas mal du tout, « Sik Of You » est pourtant un morceau passe-partout qui ne figurera jamais dans une anthologie. « Song For Sinners » est un punk échevelé d’excellente facture dans le style des Buzzcocks mais avec un punch décuplé. Irrésistible ! Manifestement, « Zombie Kids » a un TGV à prendre et s’est levé un peu en retard tant le rythme est élevé. Il met fin au CD dans l’effervescence générale. A faire pâlir d’envie le prétentieux Alvin Lee (ex Ten Years After).
Groupe plus intéressant que ne le laisse supposer l’affreuse photo de couverture du livret. Il vient d’effectuer une tournée européenne qui, malheureusement, n’est pas passée par la Belgique.
Pays: US
People Like You Records Prison 139-2
Sortie: 2007/05/14
