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CRIMSON GLORY – Chasing The Hydra

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Tel le phénix, Crimson Glory renait de ses centres. Tout comme l’oiseau légendaire, il perd quelques-unes de ses plus brillantes plumes durant le processus.

Eh non, vous ne rêvez pas ! Le héros de votre jeunesse métallique est bel et bien de retour avec un nouvel album et, même, un passage annoncé en Belgique cet été, dans le cadre de l’Alcatraz Festival de Courtrai. La formation Heavy Metal Progressive américaine n’avait plus publié de véritable album depuis son controversé « Astronomica » de 1999 et la surprise est donc de taille.

Si, pour une raison ou une autre, vous êtes passés à côté du Crimson Glory des Eighties, vous vous êtes privés de deux des albums les plus fantastiques du Power/Prog Metal à l’américaine. Mené, à l’époque par un extraordinaire vocaliste masqué appelé Midnight et une paire  époustouflante de six-cordistes (Ben Jackson et John Drenning), le groupe avait publié un formidable début éponyme en 1986, validé deux ans plus tard par un véritable chef d’œuvre intitulé « Transcendance ». Paru en 1991, « Strange & Beautiful », moins ‘Metal’ que ses prédécesseurs, avait beaucoup déçu les fans de la première époque et son succès mitigé, lié à la montée en puissance du Grunge et de l’Alternatif avait sonné le glas de la fantastique formation floridienne. Le décès de Midnight en 2009 semblait avoir enterré tout espoir de retour. Cependant, Jackson, Drenning et les autres musiciens du groupe ne l’entendaient pas de cette oreille et, en 1999, pour tenter une première résurrection de leur glorieuse créature, ils avaient fait appel au vocaliste Wade Black. Bien que plutôt bon dans son genre, Black ne possédait pas vraiment la finesse d’un Midnight et ses hurlements hauts perchés firent plus de mal que de bien à l’album « Astronomy » qui, du point de vue musical pourtant, renouait avec le Power/Metal des deux premiers opus. Une dizaine d’années furent encore nécessaire pour que les musiciens se décident à tenter un troisième retour. Cette fois, le vocaliste était plutôt bien choisi puisqu’il s’agissait de Todd La Torre et que l’ami Todd était capable de cloner Midnight à la perfection. Nous avons eu l’occasion de le constater de visu, puisque le groupe et son chanteur s’étaient produit sur les planches de l’Alcatraz Festival de 2012 (NDR : le festival était alors beaucoup plus petit et il se déroulait sur les planches du Brielpoort de Deinze). Malheureusement, si La Torre jouait très bien les Midnight il jouait mieux encore les Geoff Tate et son intégration dans Queensrÿche en 2013 tua dans l’œuf le troisième retour de Crimson Glory.

Nous sommes en 2026. Quarante ans après la sortie de « Crimson Glory », et vingt-sept ans après celle d’« Astronomy ». « Chasing The Hydra » marque donc la quatrième naissance du phénix. Pour ce nouveau retour, la voix a été confiée à un illustre inconnu (en ce qui nous concerne, en tout cas) nommé Travis Wills. John Drenning semble avoir jeté l’éponge et c’est un autre inconnu appelé Mark Borgmeyer qui joute désormais aux côtés de Ben Jackson. À la basse on retrouve l’indéboulonnable Jeff Lords (NDR : l’un des membres fondateurs du groupe). Quant au siège du batteur il a été réattribué à Dana Burnell (NDR : qui avait laissé sa place à Steve Wacholz de Savatage au moment du retour de 1999).

Nous imaginons que si vous avez eu le courage de lire notre pose jusqu’ici, c’est qu’il vous tarde de savoir si ce nouveau retour de votre héro sera gagnant. Eh bien, nous avons très envie de dire oui. Premièrement, parce que Crimson Glory est revenu au Heavy Metal pur et dur et qu’il a conservé beaucoup des caractéristiques qui, durant la seconde moitié des Eighties, avaient fait de lui un groupe unique. Bien sûr, si la voix de Midnight constitue pour vous un prérequis essentiel, votre opinion pourrait légèrement différer de la nôtre. Car bien que l’on sente qu’il se donne un peu de mal pour sonner comme son illustre prédécesseur, Travis Wills ne fait pas dans le clonage pur et simple comme le faisait Todd La Torre, ni dans l’usage immodéré du cri strident comme l’avait fait Wade Black. De ce côté, nous pensons que la nouvelle incarnation du groupe est plutôt réussie. Nous sommes un peu moins convaincus en ce qui concerne le duo de six-cordistes. Entendons-nous bien, Mark Borgmeyer est plutôt costaud et ses démonstrations solitaires n’ont rien à envier à celles de Drenning. Toutefois, il semblerait que la dynamique qui liait ce dernier à Ben Jackson ait un peu disparu. Et si la paire actuelle de guitaristes nous présente toujours de fantastiques duels, nous ne retrouvons plus vraiment les harmonies magiques que créait le duo originel.

Ceci dit, « Chasing The Hydra » est incontestablement le meilleur album qu’ait produit Crimson Glory depuis son chef d’œuvre de 1988. Ne pas l’essayer serait une erreur monumentale.

L’album :

  1. Redden The Sun” (4’52)
  2. Chasing The Hydra” (4’35)
  3. Broken Together” (6’17)
  4. Angel In My Nightmare“ (6’42)
  5. Indelible Ashes“ (5’17)
  6. Beyond The Unknown“ (5’06)
  7. Armor Against Fate“ (4’42)
  8. Pearls Of Dust“ (5’24)
  9. Triskaideka“ (4’44)

Le groupe

  • Jeff Lords : Basse
  • Dana Burnell : Batterie
  • Ben Jackson : Guitares
  • Mark Borgmeyer : Guitares
  • Travis Wills : Chant

Site Officiel

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Pays: US

Label : BraveWords Records

Sortie: 2026/04/17

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