ArticlesConcerts

The Notwist, (Good) News From Planet Zombie

Présents sur le circuit depuis plus de trente-cinq ans, les Munichois de The Notwist ont de nouveau bluffé leur monde. En étoffant tout d’abord leur passionnante discographie de « News From Planet Zombie », un excellent dixième album studio. En gratifiant l’Orangerie du Botanique d’un concert marathon d’une intensité sans pareil ensuite.

Enregistré dans des conditions live en moins d’une semaine l’été dernier, cette nouvelle plaque voit le trio de base accompagné de nombreux invités qui confèrent une richesse orchestrale à l’ensemble. Certains d’entre eux participent à la tournée, transformant du même coup la scène en un véritable hall de gare encombré d’instruments en tout genre, le sol jonché de câbles. Le tout devant la pochette colorée du disque (signée Marie Vermont) qui retranscrit admirablement son environnement à la fois fantasque et imaginaire.

Un disque dont l’envoûtante première plage, « Teeth », introduira parfaitement un set captivant de bout en bout. Mélancolique et prenant, ce titre nous donnera des frissons d’entrée de jeu, l’introspective voix de Markus Archer rendant à merveille une fragilité à fleur de peau. Mais une voix qui se veut tout aussi pertinente sur des morceaux nettement plus enlevés, à l’instar de « X-Ray » et de son obsédant motif à la flûte dans la foulée. Deux nouvelles compositions antagonistes qui démontrent, s’il fallait encore le faire, l’univers insaisissable d’un groupe aux ressources infinies.

La vision pop entêtante de « Where You Find Me » et les contours électroniques de « Ship » en seront d’autres exemples, même si le second nommé constituera sans doute le seul moment relativement faiblard de la soirée. La voix trafiquée et les bidouillages sonores expérimentaux un rien trop répétitifs nous feront en effet perdre pied. L’occasion de compter le personnel sur scène (huit à ce moment-là, choriste comprise) et de remarquer tant le bassiste Micha Acher dans son monde que le jeu épileptique du batteur Andi Habert.

Mais le plus impressionnant du lot sera sans hésiter le touche-à-tout Karl Ivar Refseth en virtuose du vibraphone. Un instrument dont il se servira de curieuse manière, le caressant notamment d’un archet ou le matraquant d’une baguette. Ajoutez-y trois guitares simultanées la majorité du temps et vous obtenez la puissance percussive d’un titre comme « The Turning » dont le décoiffant final sera l’un des moments forts du concert et la preuve que « News From Planet Zombie » ne pâlit pas de la comparaison avec ses prédécesseurs.

On l’a dit, une attention toute particulière a été apportée à la richesse des arrangements et plusieurs instruments permettront à certains extraits de se démarquer. Que ce soit orchestralement (l’harmonium sur le largement instrumental « Propeller ») ou visuellement (l’énorme sousaphone blanc joué par le bassiste sur « Snow » et « How The Story Ends », la palpitante cover de Lovers). Mais une clarinette, des cuivres et des percussions feront également partie de l’équation et sublimeront notamment le soutenu « Silver Lines ».

Comme souvent, « Neon Golden », l’album qui les a révélés aux moins initiés en 2002 sera largement visité mais sans exagération. L’imparable « Pick Up The Phone » à la sincérité décuplée et le poppy « One With The Freaks » nous renverront à cette époque où les traitements électroniques dissonants de Jay-Jay Johansson et de Lamb inondaient les ondes. Tout comme le chaotique « This Room » en mode free-jazz avant-gardiste qui sera judicieusement enchaîné à « Agenda », le titre le plus ancien du set (il se trouvait sur le premier album en 1991). Sa particularité ? Il sera joué en trio dans une furie indescriptible.

La fin du set verra toutefois le groupe se calmer quelque peu via un désarmant « Who We Used To Be », autre nouvelle composition indispensable. Avant un « Into Another Tune » au crescendo lancinant et addictif qui aurait pu s’éterniser de longues minutes supplémentaires. Mais à la place, le premier de trois (!) rappels les verra rester dans la même période, celle de « Close To The Glass » (2014) via un « Kong » à la voix noyée et presque Grandaddy déstructuré au demeurant. Un « Gravity » aux contours mystérieux et à l’épilogue punchy boucleront cette première salve bonus.

La deuxième verra l’encombrement maximal de la scène occupée par onze protagonistes. Un mini orchestre qui enverra « Projectors » et « Like This River », ultimes nouveaux titres de la soirée, vers des sommets de délicatesse insoupçonnés. C’est un véritable chef d’œuvre qu’ils nous ont composés là… Infatigables, ils proposeront même un troisième rappel qui revisitera « Consequence », la dernière (et somptueuse) plage de « Neon Golden » dans une version à tomber. Ainsi que, pour les plus pointus, l’instrumental qui referme « Shrink », l’album de 1998 remodelé pour l’occasion. « 0-4 », un score net et sans bavure. Exactement comme la prestation des teutons ce soir.

SET-LIST
TEETH
X-RAY
WHERE YOU FIND ME
SHIP
THE TURNING
PICK UP THE PHONE
ONE WITH THE FREAKS
PROPELLER
SNOW
HOW THE STORY ENDS
SILVER LINES
THIS ROOM
AGENDA
WHO WE USED TO BE
INTO ANOTHER TUNE

KONG
GRAVITY

PROJECTORS
LIKE THIS RIVER

CONSEQUENCE
0-4

Organisation : Botanique

Laisser un commentaire

This website uses cookies to analyze site traffic and improve your experience. By continuing to use this site, you consent to our use of cookies.
Music In Belgium