Skillet embrase l’AB
Il y a déjà beaucoup d’ambiance dans la foule lorsque Storm Orchestra investit la scène de l’AB à 19h30 pour lancer les hostilités. Le trio parisien — Maxime Goudard (guitare, chant), Adrien Richard (basse) et Loïc Fouquet (batterie) — impose d’emblée un rock nerveux et mélodique entre lumière et obscurité, entre euphorie et lourdeur. Leur musique énergique made in France séduit le public pourtant venu pour Skillet.
Le groupe entre directement dans le vif du sujet avec « Bright Soul« , et enchaîne avec « Piece of You« et « Drummer« , deux titres efficaces qui ont permis au groupe d’effectuer une jolie montée en puissance sur la scène française ces dernières années. Avec un refrain qui a fait chanter l’AB d’une seule voix, « Superplayer » marque clairement un des grands moments de la soirée dans un moment de communion inattendu pour une première partie.
Fort d’un EP éponyme paru en 2020, d’un premier album remarqué (What A Time To Be Alive, 2023) et d’un second opus sorti au printemps 2025 (Get Better), Storm Orchestra ne fait clairement pas que patienter dans les coulisses de la reconnaissance. La fin de set portée par « Tones of the Thunder » et « Suspect« vaudra aux Français des applaudissements nourris. L’AB se souviendra de leur passage!
Pendant la pause, l’ambiance extraordinaire qui règne continue de monter d’un cran, le public allant même jusqu’à chanter à gorge déployée sur les morceaux diffusés en attendant la venue de la tête d’affiche de la soirée. L’AB est sold-out et tous les ingrédients sont présents pour passer une soirée mémorable.
Quand les lumières s’éteignent dans la grande salle, l’atmosphère bascule. Bien que Skillet — le couple John et Korey Cooper, la batteuse-chanteuse Jen Ledger et le guitariste Seth Morrison — soit sur les routes depuis 1996, la formation américaine ne donne aucun signe d’usure. Plus d’une douzaine d’albums studio jalonnent leur parcours, du tout début jusqu’au récent Revolution (2024), en passant par Dominion (2022) et Victorious (2019).
Dès leur entrée en scène, les Skillet entrent dans le vif du sujet avec « Surviving the Game« (2024), qui fait trembler la salle comme un coup de poing, avant d’enchaîner par l’excellent « Feel Invincible« . La fosse explose dès les premiers riffs, John Cooper irradiant une énergie électrique de bout en bout. Une énergie brute sans compromis. Pour amplifier l’effet, des lanceurs de fumée et une scène remodelée avec des élévateurs pour les deux guitaristes qui se déplacent pour ainsi dire dans les airs.
« Rise » est comme à chaque fois un moment magique combinant par les harmonies de Korey Cooper et les vocalises de Jen Ledger, toujours souriante derrière sa batterie. Le groupe navigue avec une aisance déconcertante entre son catalogue ancien et ses récentes productions, chaque titre déclenchant une réaction enthousiaste.
La set list alterne les registres avec intelligence. « Awake and Alive« offre un moment plus mélodique avant que « Sick of It« ne replonge la salle dans un metalcore sans concession. « Legendary« , autre extrait de Revolution, relance les chants dans la foule, tandis que « Ash In the Wind« offre un moment suspendu, une bulle de calme relatif entre deux déferlantes. « Never Surrender« remet le feu aux poudres avec un John Cooper qui déclame ses paroles combattives avec une conviction intacte.
« Whispers in the Dark« apporte une touche plus atmosphérique en guise d’interlude, avant que « Lions« ne fasse lever les bras de toute la salle. Après « Those Nights », le groupe enchaîne une série de classiques de son répertoire. « Hero« provoque l’une des plus belles montées de fièvre de la soirée, toute la salle reprenant chaque mot à l’unisson. « Not Gonna Die« enfonce le clou avec ses riffs brutaux, laissant l’AB dans un état d’euphorie collective.
Place ensuite à deux titres plus récents, « Unpopular« et « Psycho In My Head« , tous deux issus de Revolution. A en juger par les réactions du public bruxellois, les morceaux récents font autant d’effet que les anciens tubes. La soirée entre hélas déjà dans sa dernière ligne droite avec « Comatose« et « Monster« , sans doute le titre le plus aimé du groupe. Les spectateurs chantent, sautent, dansent de partout, y compris aux étages. Le groupe fera encore un rappel avec « The Resistance« avant de repartir pour la suite de la tournée, laissant un public conquis mais KO par la débauche d’énergie.
Bref, une soirée rock comme Bruxelles les aime : puissante, généreuse, et menée tambour battant de la première à la dernière note.
Chronique: Anne-Françoise Hustin et Hugues Timmermans
Photos: Hugues Timmermans
Facilitation presse: Live Nation
