COMPUTERS KILL PEOPLE – Silence means security
Au moins, avec ce groupe parisien, le message est clair : les ordinateurs tuent les gens. Enfin des esprits frondeurs qui ne se laissent pas aller à l’amour immodéré de ces écrans et de ces claviers sensés nous simplifier la vie mais qui nous enferment chaque jour un peu plus dans la dépendance technologique et la surveillance généralisée de nos moindres faits et gestes. Quand ma fille me demande comment je faisais quand j’étais petit pour vivre sans ordinateur, je lui réponds : « J’étais heureux, ma chérie, tout simplement ».
Mais revenons à ces Computers Kill People avec leur imagerie intéressante et leur musique qui ne l’est pas moins. Je parle d’imagerie car que ce soit sur leur premier EP « The fun machine » (2012) ou leur premier album « Silence means security », les gens de Computers Kill People exposent des couvertures représentant d’énormes ordinateurs des années 40 ou 50, avec un lettrage typique de l’époque et le slogan « Silence means security » qui était affiché dans les laboratoires où se préparait la conception et la fabrication des premières bombes atomiques. La vidéo de « Dust to nothing », par exemple, est un défilé d’images de la fin de la Seconde Guerre mondiale montrant des scientifiques préparant la bombe, des bombardiers au décollage et des champignons atomiques en veux-tu en voilà.
Et l’atome réside aussi dans la musique de Computers Kill People, qui pratique un stoner rock canal historique rappelant Kyuss ou Queens Of The Stone Age. Leur album « Silence means security » est ainsi jalonné des puissants « Dust to nothing », « Dirt & bad whisky », « Blind », qui servent de mise en bouche pour le démarrage de l’album. Je peux vous dire, on est tout de suite dedans. La reprise du « Love me two times » des Doors vient confirmer la culture rock de Loïc Wiels (guitare et chant), Guillaume Jannin (guitare, claviers et chœurs), Vincent Boyer (basse) et Charles-Erwin Eliachar (batterie). Ces derniers revisitent ce titre avec intelligence et force, dans le respect de l’original mais avec leur propre personnalité.
Trois titres en provenance du premier EP sont intégrés dans l’album, dont l’impeccable « I know you’re a freak (but I love you anyway »). Tout le chant est en anglais et on est achevé avec l’imposant final « End of beauty » qui envoie dix minutes d’émotion rugueuse à tomber par terre. Aucun temps mort, que du muscle : cet album de Computers Kill People ne peut qu’attirer l’attention des connaisseurs.
Pays: FR
Panic Records
Sortie: 2015/15/11
