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HOLDSWORTH, Allan GROUP – Then ! Live

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Né en Angleterre en 1946, Allan Holdsworth fait partie de ses guitaristes exceptionnels que l’on ne compare pas, tout simplement parce qu’ils sont considérés comme la référence.

Rapidement, dès le début des années 1970, il se fera remarquer par sa technique époustouflante et par son style de jeu très caractéristique et directement reconnaissable. Sa fusion Jazz-Rock, très personnelle, restera toujours un peu à l’écart des grandes orientations données par Miles Davis et sa mouvance.

Une autre de ses particularités est qu’il se sentira toujours vite à l’étroit dans les formations auxquels il participera et n’y restera jamais bien longtemps, même quand il en avait carrément pris la direction. Par contre, son empreinte n’y sera jamais anodine.

Dans les années 1970, il naviguera sans cesse d’une formation à l’autre et intégrera le groupe de Ian Carr, Tempest, Soft Machine, le Tony Williams Lifetime, Gong, U.K., le Pierre Moerlen’s Gong. Il collaborera également avec le batteur Bill Bruford, le violoniste Jean-Luc Ponty et le claviériste Gordon Beck.

Même si « Velvet Darkness », son premier album, sera publié en 1977, c’est à partir des années 1980 qu’il démarrera véritablement une carrière solo, sans jamais cesser de répondre aux nombreuses sollicitations. Tout au long de cette décennie, son jeu s’aérera encore et la couleur de sa musique se modifiera sensiblement grâce, notamment, à l’utilisation d’un nouvel instrument, le synthaxe (mi-guitare, mi-synthétiseur).

L’album « Then », enregistré en concert à Tokyo entre les 4 et 6 mai 1990, constitue un bel exemple de ce que produisait ce guitariste exceptionnel dans les années 1980.

En voici les titres proposés :

  1. « Zone I » (Holdsworth/Hunt/Husband/Johnson) (4’08)
  2. « Proto-Cosmos » (Pasqua) (5’42) (1)
  3. « White Line » (Holdsworth/Brown) (9’39) (2)
  4. « Atavachron » (Holdsworth) (4’42) (3)
  5. « Zone II » (Holdsworth/Hunt/Husband/Johnson) (5’30)
  6. « Pud Wud » (Holdsworth) (8’05) (4)
  7. « House of Mirrors » (Holdsworth) (4’26) (5)
  8. « Non-Brewed Condiment » (Holdsworth) (5’44) (3)
  9. « Zone III » (Holdsworth/Hunt/Husband/Johnson) (7’39)

Dans leur version studio, six de ces titres se retrouvent dans les albums mentionnés ci-dessous :

(1) « Believe It » du New Tony Williams Lifetime (1975)
(2) « I.O.U. » (1985)
(3) « Atavachron » (1986)
(4) « Sand » (1987)
(5) « Hard Hat Area » (1994)

Si l’album « Believe It » du Lifetime n’est pas le plus innovateur de cette formation mythique, il en est le plus abouti. C’est un petit chef-d’œuvre où la virtuosité des quatre musiciens, Allan Holdsworth, Alan Pasqua, Tony Newton et Tony Williams, n’entame jamais l’équilibre de l’ensemble.

A mon sens, « I.O.U. », « Atavachron » et « Sand » restent, globalement, les trois meilleures productions d’Allan Holdsworth en solo. Les versions provenant de ses albums solos sont ici excellentes et bien dans la lignée de leurs albums d’origine.

Par contre, l’excellent « Proto-Cosmos » n’est plus joué dans le style flamboyant du Lifetime, à l’origine, en 1975, mais plus dans la ligne des trois albums solos. A mon avis, le côté plus « léché » le situe un petit cran en dessous de l’original.

Les titres « Zone I, II, III », composés par les quatre musiciens, mettent bien en valeur les compétences de chacun et constituent de bons inédits.

Voici les musiciens ayant participés à l’album :

  • Allan Holdsworth : Guitares
  • Steve Hunt : Claviers
  • Gary Husband : Batterie
  • Jimmy Johnson : Basse

Evidemment, les trois derniers sont du calibre du Maître.

Le brillant Gary Husband, au jeu très cassant, tourne dans le monde d’Holdsworth depuis longtemps déjà. Il a participé à quasiment tous ses albums solos depuis 1985 et on les retrouvera ensemble, dès 1991, sur l’album, injustement sous-estimé, « Guaranted » de Level 42, plus Jazzy que jamais. Gary Husband jouait d’ailleurs déjà avec ce groupe dès la fin des années 1980. Il suivra également beaucoup Jack Bruce et entrera également dans Gongzilla, le groupe des ex-Pierre Moerlen’s Gong (Benoît Moerlen, Bon Lozaga et Hansford Rowe). Il est à noter qu’Allan Holdsworth a participé au premier album de ce groupe, « Suffer », en 1995, et qu’il s’est retrouvé régulièrement avec Jack Bruce, dès les années 1970.

Steve Hunt, que j’ai personnellement vu l’année dernière au Spirit avec le Mahavishnu Project (voir ma chronique sur ce site), complète parfaitement le jeu d’Allan Holdsworth en fluidifiant plus encore sa musique. Il reprend ici, à son compte, pas mal des interventions qu’Allan Holdsworth accomplissait au synthaxe. Il apparaîtra régulièrement sur les albums d’Holdsworth par la suite.

Si la compétence de Jimmy Johnson, un autre fidèle du guitariste, reste indiscutable, il m’a semblé un peu trop en retrait, surtout avec le jeu percutant de Gary Husband.

Très bon album. Le témoignage de ce que produisait à l’époque un guitariste toujours actuellement trop méconnu.

Pays: GB
Alternity Records ALTY-0301
Sortie: 2004/06

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