SUMLIN, Hubert – About Them Shoes
Vénéré par des guitaristes aussi célèbres que Eric Clapton, Jeff Beck, Jimmy Page et Keith Richards, Hubert Sumlin, qui vient d’avoir 73 ans et a perdu un poumon suite à un cancer, a été le guitariste attitré du grand Howlin’ Wolf, qui l’a guidé pendant vingt-cinq ans. Leurs relations n’étaient pas toujours au beau fixe mais Sumlin est resté fidèle à son mentor jusqu’à sa mort. Il a aussi joué avec Muddy Waters et Willie Dixon.
Sur cet album produit par Rob Fraboni (Bob Dylan, The Rolling Stones), qui est un hommage à Muddy Waters (sept titres) et à Willie Dixon (quatre titres composés pour Muddy Waters), Hubert Sumlin, guitare lead, est accompagné par Levon Helm (The Band), batterie, Michael « Mudcat » Ward, basse, Bob Margolin, guitare, George Receli, batterie, percussions, chant, et James Cotton, harmonica.
Parmi les invités figurent Eric Clapton, Keith Richards, David Johansen (New York Dolls), Nathaniel Peterson, Blondie Chaplin et Paul Nowinski. Il y a aussi David Maxwell et Paul Oscher, qui ont joué avec Muddy Waters. Tout ce beau monde joue un blues tout ce qu’il y a de plus classique.
Sur « I’m Ready » (Willie Dixon), un classique, on entend Eric Clapton jouer de la guitare et chanter comme à ses plus beaux jours. Il s’intègre parfaitement dans le combo qui accompagne Hubert Sumlin, beaucoup plus apprécié par ses pairs que bien payé.
Sur l’excellent « Still A Fool » (McKinley Morganfield), un blues lent très dépouillé sur le plan instrumental (une voix, deux guitares, une basse, une batterie), Keith Richards chante et accompagne Sumlin à la guitare, tandis que Blondie Chaplin joue de la basse. On est bien dans le style très cool de Muddy Waters et tout ce petit monde nous gratifie d’une prestation hors pair.
Changement de style et de climat pour « She’s Into Something » (Willie Dixon), qui voit apparaître un brillant James Cotton à l’harmonica. Bob Margolin, l’ami de toujours, joue de la guitare en soutien de Sumlin.
« Iodine In My Coffee » (McKinley Morganfield) est chanté par Nathaniel Peterson. Les percussions de George Receli complètent le jeu de Levon Helm à la batterie.
« Look What You’ve Done » (McKinley Morganfield) est très bien chanté par Blondie Chaplin. Cette fois, c’est Paul Oscher qui joue de l’harmonica. Avec David Maxwell au piano, ils sont les garants du respect de l’oeuvre de Muddy Waters, avec qui ils ont joué.
C’est presque dans la composition de base que « Come Home Baby » (McKinley Morganfield) se déroule tout en douceur, avec Paul Oscher au chant et à l’harmonica.
Le même Paul Oscher joue de la slide sur « Evil » (McKinley Morganfield), pendant que Nathaniel Peterson nous offre sa voix. Ce grand classique est joué avec brio par un combo manifestement à son affaire.
On retrouve Eric Clapton au chant et à la guitare sur « Long Distance Call » (McKinley Morganfield). Le rythme très coulé se prête admirablement au jeu très cool des artistes. L’harmonica de Paul Oscher et le piano de David Maxwell transcendent littéralement le morceau.
David Johansen prête sa voix à « The Same Thing » (Willie Dixon), influencé par le jazz. La dernière remarque pour le morceau précédent garde tout son sens ici.
Nathaniel Peterson chante sur « Don’t Go No Farther » (Willie Dixon), un blues classique joué de main de maître au piano par Maxwell. La guitare de Bob Margolin soutient parfaitement la guitare lead de Hubert Sumlin.
A peu près sur le même rythme, c’est cette fois George Receli qui chante et joue de la batterie sur « I Love The Life I Live, I Live The Life I Love » (Willie Dixon). Le jeu de Hubert Sumlin à la guitare est également digne d’éloges.
David Johansen revient chanter sur le rythme soutenu de « Walkin’ Thru The Park » (McKinley Morganfield), un remarquable titre très bien interprété par des musiciens déchaînés et qui manifestement s’amusent.
Enfin, accompagné par les seuls Keith Richards à la guitare et Paul Nowinski à la basse, Hubert Sumlin chante et joue sa propre composition à la guitare lead sur « This Is The End, Little Girl ». A noter l’absence de batterie. Et tout se termine par de grands rires de ce grand musicien.
Remarquable album de blues festif classique qui doit autant aux compositeurs qu’aux musiciens et chanteurs ici présents. Un must pour les vrais amateurs de blues.
Pays: US
Tone-Cool Records / Artemis Records / Ryko RCD17307
Sortie: 2005/01/24

Bien !!!! En voilà un que je vais vite courir m’acheter.
Rien que ton article me donne envie de l’écouter.
Amitié à toi MM
DOMY