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So Sorry

Prévu au départ à la sortie des frimas de l’hiver, le concert de Sorry s’est finalement déroulé sous la canicule. Raison pour laquelle l’air conditionné de l’Orangerie du Botanique était le bienvenu afin de permettre aux Londoniens de présenter leur troisième album dans des conditions optimales. Et ils nous l’ont bien rendu.

La soirée avait pourtant débuté par quelques soucis techniques pour Jaso aka Jasper Maurice, leur compatriote chargé d’assurer la première partie. Malgré une inscription annonçant « Strobe Warning » sur l’immense écran, c’est dans l’obscurité la plus totale que le gaillard à la chevelure ébouriffée s’est affairé à dépatouiller le câblage du micro. Cela dit, une fois en place, il nous a emmené dans son univers conceptuel situé quelque part entre mélodies dissonantes, structures aléatoires et flow hip-hop mesuré parsemé d’infrabasses. Le tout illustré de capsules visuelles piquées sur le net défilant à toute vitesse derrière lui. Passablement habité, il disparaît de temps à autre pour mieux revenir, notamment une guitare à la main pour la partie la moins décousue d’un set nécessitant toutefois une certaine ouverture d’esprit.

Notre première rencontre avec Sorry date de décembre 2018 lorsqu’ils avaient ouvert pour Shame à l’AB Box. Avec le recul, une curieuse association au vu de la direction plus subtile et aventureuse prise depuis lors. S’ils n’avaient pas vraiment eu l’occasion de défendre « 925 », leur premier album publié au tout début de la pandémie, ils se sont rattrapés pour « Anywhere But Here » lors d’une prestation exemplaire dans un Club de l’AB plein à craquer. Aujourd’hui et trois mois après la date initialement prévue, c’est donc à l’Orangerie qu’ils présentent « Cosplay », une troisième plaque sortie l’an dernier chez Domino.

Histoire de se mettre en jambes, il s’échaufferont sur une version à deux vitesses de l’imparable « Right Round The Clock ». Dans un premier temps sensiblement retenue, elle s’emballera ensuite pour ouvrir la voie à un set d’une intensité sans égal donc le spontané « Jetplane » sera le premier exemple concret, entre voix nasillarde et riffs incisifs. Affichant jusque-là une attitude assez glaciale, les musiciens ôteront un à un leurs lunettes de soleil, brisant du même coup la barrière virtuelle qui les séparaient des spectateurs.

Emmené par la fluette Asha Lorenz et son comparse guitariste Louis O’Bryen, le groupe compte également en son sein Lincoln Barrett, un batteur d’exception dont la rythmique carrée coordonne magistralement l’ensemble (l’hypnoticowbell « Cigarette Packet », le saccadé « Starstruck »). Mais le bassiste Campbell Baum (« Let The Lights On ») et le claviériste Marco Pini auront également l’occasion de se mettre en avant.

Sans surprise, « Cosplay » se taillera la majorité d’une set-list rafraîchissante entrecoupée d’interludes improbables (« Raindrops Keep Falling On My Head » de B.J. Thomas, « Wonderful World » de Louis Armstrong en version gospel alors qu’un peu plus tôt, c’est le « Mad World » de Tears For Fears qui a accompagné la montée du groupe sur scène). « Cosplay », donc, qui alterne la face pop accessible (« Candle ») et les détours obscurs (« Antelope »). Mais c’est sans doute lorsque ces deux versants se confrontent que l’on atteint les sommet du set (« Waxwing », entre voix langoureuse et environnement rugueux).

Expressive, la chanteuse porte à elle seule des titres comme le délicat « Key To The City » et le désarmant « Magic ». Mais lorsque l’ami Louis y va de ses vocalises, on se retrouve dans un environnement tutoyant les meilleurs moments de Bar Italia ou de Blonde Redhead. Infatigables, ils ont déjà donné une suite à « Cosplay » par l’entremise d’un single digital inédit dont les deux titres éblouiront la soirée. Entre un entêtant « Billy Elliott » et un puissant « Alone In Cologne », ils maintiennent l’aspect insaisissable décidément de plus en plus associé à leur ADN.

Les rappels nous en donneront encore un pertinent aperçu tout juste après un nouvel interlude puisé dans le « American Pie » de Don McLean. Le judicieusement construit « Into The Dark » ouvrant la voie au fantastique « Echoes », plus dream pop que nature et la preuve que ce troisième album constitue bien le plus abouti du groupe à ce jour.

SET-LIST
RIGHT ROUND THE CLOCK
JETPLANE
CANDLE
KEY TO THE CITY
SCREAMING IN THE RAIN
TODAY MIGHT BE THE HIT
WAXWING
CIGARETTE PACKET
BILLY ELLIOTT
MAGIC
STARSTRUCK
AS THE SUN SETS
ALONE IN COLOGNE
LET THE LIGHTS ON
ANTELOPE
LIFE IN THIS BODY
JIVE

INTO THE DARK
ECHOES

Organisation : Botanique

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