LETTUCE – Outta Here
Dès la première écoute, le Jazz-Funk de Lettuce séduit par son côté festif. On bouge beaucoup en écoutant cette musique racée où l’ambition de chaque instrumentiste est clairement d’appuyer, d’enrichir et de consolider le rythme, dans la plus pure tradition du genre. Tout au long de l’album, on retrouve les influences d’un Bootsy Collins, d’un George Clinton ou d’un Sly Stone croisant Herbie Hancock, John Scofield ou même les Crusaders.
Si cette formation, originaire de Boston, existe maintenant depuis une dizaine d’année, elle semble n’avoir enregistré que deux albums, dont celui-ci, sorti à l’origine en 2002, est le premier.
Lettuce rassemble sept musiciens :
- Adam Deitch : Batterie
- Adam Smirnoff : Guitares
- Eric Krasno : Guitares
- Erick Coomes : Basse
- Jeff Bhasker : Claviers
- Ryan Zoidis : Tenor Sax
- Sam Kininger : Alto Sax
En fait, tous ces musiciens proviennent de formations récentes, actuelles, surtout actives dans le Jazz, la Soul, le Gospel, le Funk : Soulive avec Eric Krasno et Sam Kininger, Rustic Overtones avec Ryan Zoidis, Kudu avec Jeff Bhasker, Sunshine Anderson avec Erick Coomes, Squad avec Adam Smirnoff, John Scofield avec Adam Deitch.
Pour les onze plages présentées, chacun a participé de façon équilibrée et souvent collégiale à la composition. C’est probablement la raison pour laquelle l’ensemble en est si cohérent.
Voici les titres :
- « Outta Here » (Adam Deitch) (4’52)
- « The Dump » (Soul Vibrations) (3’51)
- « Squadlive » (A. Smirnoff/C. Haynes/M. Kelly) (3’57)
- « Back in Effect » (Lettuce) (5’37)
- « Twisted » (Lettuce/T. Smith) (5’16)
- « Superfred » (Lettuce) (3’58)
- « Reunion » (Lettuce) (5’46)
- « The Flu » (A. Smirnoff/E. Coomes) (6’20)
- « Nyack » (A. Deitch/E. Krasno) (4’10)
- « Hang Up Your Hangups » (H. Hancock) (7’00)
- « Nyack » (Live) (A. Deitch/E. Krasno) (13’27)
Pour cet enregistrement, Lettuce était accompagné des musiciens repris ci-dessous :
- Atticus Cole : Percussions (11)
- Neal Evans : Orgue (1)
- John Scofield : Guitare (4, 8)
- Tonni Smith : Vocaux (5)
- Brett Sroka : Tombone (11)
- Fred Wesley : Trombone (1, 6)
Une constante dans cet album sera le punch, l’originalité et la variété du batteur Adam Deitch, qui imprimera constamment un rythme d’enfer, filant dans tous les sens et tirant littéralement la machine.
Dans « Outta Here », qui aurait d’ailleurs pu également intégrer sans aucun problème le dernier album de Dean Brown, « Groove Warrior », tant le rythme sautillant y ressemble, les saxophones ont la part belle, avec également le beau solo de trombone de Fred Wesley, un ex-collaborateur de James Brown, Bootsie Collins, George Clinton, George Benson, … Un des fondateurs de Soulive, Neal Evans, y va également de son solo. La deuxième pièce, « The Dump », dans la même direction, est d’ailleurs une composition de ce groupe.
« Squadlive », plus Jazz-Rock, avec ses saxophones à la fête, sonne plus comme Crusaders.
Les deux plages auxquelles John Scofield participe sont magistrales. Sa touche Jazz-Rock mêlée au Jazz-Funk scintillant et inspiré de Lettuce fait des merveilles. L’inspiration est également au rendez-vous et Scofield, après avoir imprimé sa couleur, s’envole dans des solos majestueux, comme il pouvait les faire à l’époque de « Blue Matter », « Loud Jazz » et « Flat Out ». Les musiciens sont tous ici incroyablement éblouissants et, en plus, Adam Deitch n’arrête pas d’en remettre. Deux petites merveilles.
Dans « Twisted » apparaît la voix « Soul » de Tonni Smith, proche de Chaka Khan. Superbe composition que celle-là, pleine de chaleur.
Dans « Superfred », on assiste à de beaux duels et à de beaux solos des saxophones et du trombone de Fred Wesley. Sur le rythme endiablé marqué par Adam Deitch, « Reunion » se déroule sur les interventions appuyées des saxophonistes, très complémentaires, du claviériste et d’un des deux guitaristes.
Sur « Nyak », la basse d’Erick Coomes devient plus marquante, ce qui reste difficile avec un Adam Deitch toujours aussi virevoltant. Bons solos de guitare et de claviers. « Hang Up your Hangups », semble provenir de l’album « Flood » de Herbie Hancock. Bien que cet album soit paru en 1975, ce morceau ne date absolument pas et, si les claviers sont bien présents, ils ne sont pas prédominants, même si c’est Sam Kininger qui clôture cette plage.
« Nyak », en public, permet à chacun des musiciens de partir dans des solos souvent inspirés sur un rythmique toute dévouée à cet effet. Intéressant. Dommage que le morceau ne fasse en réalité que cinq minutes de moins que le temps annoncé.
Excellent album.
Pays: US
Esc Records ESC 3694-2
Sortie: 2005/04/18 (réédition, original 2002)
