NOVOX – NoVox
Le claviériste hollandais Dick Heijboer a démarré le projet Novox en 2001 sur les cendres du groupe de Rock Progressif Cliffhanger, qu’il avait lui-même monté en 1993.
Etrangement, en tant qu’initiateur et leader de ce projet, il n’est pas parti en terre inconnue en faisant appel à trois de ses ex-collègues de Cliffhanger, dont Gijs Koopman, co-producteur de cet ouvrage. Gijs Koopman est également membre du groupe de Rock Symphonique Knight Area.
Novox produit majoritairement un Rock Progressif instrumental avec parfois une touche plus Jazz provenant des groupes de Canterbury et de Soft Machine, plus spécifiquement. Le résultat donne une musique plutôt typée des années 1970, surtout par l’utilisation des claviers et par des sonorités plutôt « charnues », propres à cette époque. Outre Soft Machine, les autres parentés se retrouvent dans les premiers Yes, Genesis, King Crimson, parfois Ekseption, … tout cela avec un cachet, en général, plus nerveux.
La gestation de cet album semble avoir été fort longue puisqu’elle s’est étalée de septembre 2001 à février 2004. L’approche et le style varient en fonction du compositeur et ne donne pas toujours à l’ensemble une orientation bien claire, ce qui ne gêne d’ailleurs pas le moins du monde. Pour une meilleure compréhension, il aurait d’ailleurs été intéressant de connaître l’ordre dans lequel tous ces titres ont été composés et enregistrés.
Voici le détail des plages proposées :
- « Wrong ! » (0’17)
- « Be my guest » (Heijboer) (5’29)
- « 1st Bridge of tears » (Koopman) (1’38)
- « Looking up to the sun » (Koopman) (5’52)
- « Never mind » (Vermeule) (7’02)
- « Galactic storm » (Koopman) (6’54)
- « Then there was one » (Heijboer) (7’05)
- « Valentine fuzztrations » (5’39)
- « Sunset on a sad horizon » (Huigen) (5’41)
- « Eclipse » (Heijboer) (3’26)
- « 2nd Bridge of tears » (Koopman) (1’51)
- « Emptiness » (Koopman) (9’31)
Il faut noter qu’aucun des musiciens n’a joué sur la totalité les titres.
- Dick Heijboer : Claviers (1, 2, 4, 5, 6, 7, 9, 10, 12)
- Gijs Koopman : Basses et claviers (1, 2, 3, 4, 5, 6, 8, 9, 10, 11,12)
- Hans Boonk : Batterie (1, 2, 4, 5, 6, 8, 9, 12)
- Rinie Huigen : Guitares (2, 9)
- Mark Vermeule : Guitares (4, 5, 12)
« Be my Guest » est une composition, dynamique, rapide, typique du genre Progressif des années 1970, avec des claviers inspirés et la participation pointue de Rinie Huigen à la guitare.
Accalmie avec « 1st Bridge of tears » composé par Gijs Koopman et joué par lui seul aux claviers, dans un style totalement différent de la pièce précédente, et plus proche de King Crimson, comme l’est sa composition suivante « Looking up to the sun ». Dans celle-ci, le guitariste Mark Vermeule impose un jeu, toujours carré, mais plus précis que Rinie Huigen. Hans Boonk imprime un jeu fort percutant et complexe, qui marquera ses interventions tout au long de l’album. Cet excellent batteur rappelle beaucoup John Marshall, ancien de Nucleus, de Soft Machine et du Jack Bruce Band.
L’omniprésence du guitariste Mark Vermeule, appuyée par le puissant Hans Boonk, marque constamment « Never Mind » et permet aux claviers de belles envolées lyriques et flamboyantes en contraste avec ce jeu particulièrement dur et brutal du guitariste. Une belle tranche de Hard Rock Progressif.
Départ plus aérien avec une nouvelle composition de Koopman, « Galactic Storm », ponctuée fermement, en son milieu, par le batteur et le court solo aux claviers. Cette plage se termine comme elle avait commencé et prépare admirablement la pièce suivante.
« Then there was one », composé par Heijboer, est interprété par lui seul au piano. Une œuvre superbe dans laquelle il étale agréablement une grande musicalité alliée à une technique indiscutable. Une vraie réussite dans un style très « Musique Classique ».
Nouveau changement complet avec « Valentine Fuzztrations », très marqué Soft Machine. Gijs Koopman, dans la veine de Hugh Hopper, y part dans une démonstration géniale, appuyée par un brillant Hans Boonk, dans la lignée de John Marshall. J’ai adoré cette plage, jouée uniquement par ces deux musiciens.
Dans le rapide et acéré « Sunset on a sad horizon » du guitariste Rinnie Huigen, qui domine littéralement l’ensemble, chaque instrument marque la composition de son empreinte et l’enrichit à tour de rôle.
Ambiance d’église avec « Eclipse » où l’orgue de Dick Heijboer emplit majestueusement l’espace. Plénitude et quiétude sont les maîtres mots après la tempête du morceau précédent.
La courte pièce, « 2nd Bridge of tears », permet au seul Gijs Koopman de préparer la pièce suivante, en douceur, tout comme cela avait été le cas pour la première partie.
Le sublime « Emptiness » ravira les amateurs du Genesis des années 1970 par le jeu des musiciens et son cheminement progressif.
Un bon album montrant plutôt une association qu’un groupe. Une réussite malgré tout qu’il serait intéressant de voir en scène, surtout que Novox semble maintenant exister en tant que groupe à part entière.
Pays: NL
Musea FGBG 4577
Sortie: 2005/01
