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SCENARIO ROCK – Endless Season

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Scenario Rock est un duo de banlieusards français. Mehdi Pinson chante, compose, écrit les textes, produit et joue de la guitare, tandis que Ludovic Therrault compose, joue de la basse et coproduit.

Au milieu des années 90, ils fondent le groupe Heb Frueman. Rejoints par DJ Pone, ils lancent Scenario Rock, un concept ouvert aux musiques urbaines. En raison d’un manque de moyens matériels, les premières démos du groupe, assez confuses, sont faites de boucles enregistrées et de hip hop mais un son et une grande fraîcheur émanent de leur musique. Elle intègre des influences aussi diverses que le punk, le funk, la soul, le hip hop et même le disco, le tout enveloppé dans une attitude rock authentique.

Quand DJ Pone part pour se consacrer à sa carrière de DJ, les deux compères s’enferment en studio pour réaliser des maquettes à dominante pop rock. Mehdi Pinson, lui, se focalise plus particulièrement sur le chant. Par chance, ils rencontrent David Corcos, 25 ans, venu en France pour divers projets.

Brésilien installé aux Etats-Unis, ce producteur prodige craque à l’écoute des maquettes de Scenario Rock et propose au groupe d’aller enregistrer à Los Angeles au printemps 2003 pour co-réaliser l’album. Là, ils rencontrent le bassiste Koool G Murder (Eels, Everlast) et le batteur percussionniste Alfredo Ortiz (Beastie Boys).

Revenus en France, ils retravaillent « Hard Task », « Cruisin’ » et « Endless Season », qui donne son nom à l’album. Il en sort une musique énergique et sans concession qui est surtout destinée à être jouée en public et à faire danser.

« Skitzo Dancer Part 1 », avec une voix tantôt puissante tantôt très adoucie, sonne très disco. « Skitzo Dancer Part 2 » n’est pas en reste mais il recèle davantage d’effets électroniques et, bien que présent, le chant est nettement plus symbolique.

« Hard Task » est une ballade atypique qui comporte des passages très doux au début. Après, ça devient plus électronique et les paroles criées en font un morceau hors norme. La fin faussement calme achève de brouiller les pistes. « Modern Epicureans » se déroule sur un tempo très soutenu et très bien servi par les percussions. De nouveau, la voix criée donne un style unique à ce morceau très travaillé.

« Cruisin’ » est du hip hop super rapide influencé par les Beastie Boys. La rythmique est imperturbable et impassible malgré le chant déjanté. On y sent l’influence punk à plein nez et cette double tendance est riche en sonorités colorées. C’est un des meilleurs titres de l’album.

« Owen & The Saveloy Influence » est déroutant par le phrasé du chanteur, qui parle plus qu’il ne chante. On enchaîne avec le très aérien « Natural Flavour », en complète opposition avec le reste. Le chant reste dans les limites de la raison, cette fois.

« Endless Season » semble tiré d’un album de Police et même la voix ressemble un peu à celle de Sting. Les phrases musicales sont très mélodieuses et ce titre est un des moments privilégiés de l’album. « Time Is Up » est plus sophistiqué et semble plus inspiré par le jazz. Le chant ne se départit pas d’une certaine retenue tout en étant déjanté. Finalement, toutes ces influences contradictoires dans lesquelles baignaient les deux hommes forment un tout cohérent qui imprègne ce CD fait de bric et de broc.

« Frantic Dance Of Death » est du pop rock à la sauce Scenario Rock, c’est-à-dire dansant et agréable à l’écoute. Pas de prise de tête, pas de message subliminal, pas d’intention cachée, pas de préoccupation métaphysique : on est là pour s’amuser.

« The Quarrel » débute comme un morceau classique bercé par la ligne de basse. La voix reste d’abord dans les limites de la bienséance et contrôle les évolutions arythmiques des instruments, pour éclater ensuite dans une cacophonie organisée et une violence larvée digne des rocks les plus rentre dedans.

« Me Pursuing Me » débute par les synthés et la voix douce de Mehdi Pinson. Cela s’énerve un peu par la suite mais en gros, ce morceau ne crée pas de tension particulière et les synthés sirupeux dégoulinent de partout. Après le « blanc » de service (4’45’’) que je devrais sans doute trouver génial comme tout le monde, on repart vers des horizons inconnus dont une voix en arabe indique le mode d’emploi. Viennent ensuite des bruitages et des effets électroniques jazzy noyés au milieu des évolutions classiques des instruments. L’écho, la réverbération sont utilisés comme des éléments à part entière du morceau. Cela donne un morceau agréable d’écoute et constitue sans conteste la pièce maîtresse de cet album atypique. Une courte conversation surgit ensuite pour apporter d’autres éléments énigmatiques qui ramènent le propos dans le chemin tracé. Les éléments jazzy persistent, rythment le morceau et lui donnent ses lettres de noblesse.

Cet album très varié n’exclut pas une certaine superficialité et cet opus ne passera sans doute pas à la postérité. Il n’a d’ailleurs pas été fait pour ça. De l’énergie, du fun, de la danse, de quoi oublier la morosité ambiante, sans plus.

Pays: FR
BMG 828 76 580 312
Sortie: 2005/03/14

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