EXODE – D’ici et d’ailleurs
Exode nous vient de France. Ce groupe de rock progressif sort ici son premier album. Ses racines sont à chercher chez leur voisin de Ange. Le groupe est emmené par le chanteur Roland Lelong. Il est accompagné par Angélique Raoux à la flûte, Laurent Raoux aux claviers, Christian Loyrion à la basse, Thierry Roseren et Jérôme Brigaud aux guitares et Christian Raoux à la batterie.
Dès le début, c’est Ange qui saute à nos oreilles. Sur « Chant sous les océans », le chant théâtral de Roland Lelong cherche à se hisser à la hauteur de son modèle Christian Décamps. S’il n’y arrive pas tout à fait, il en est proche. Ce morceau est aussi un des meilleurs du CD. Les arrangements et particulièrement la guitare dégagent une ambiance caressante.
C’est parfois Angélique Raoux qui prend le chant principal comme sur « Les noces noires » et « Un chat sur le toit ». Cela permet de s’éloigner d’une voix trop calquée sur Ange bien que sur le second, l’arrivée de Roland Lelong nous y ramène.
Autre réussite, « Le funambule ». S’il fait aussi irrémédiablement penser à Ange, il est varié dans ses arrangements et le chant prend des tons qui nous rappelle notre AmAndA. Dommage, la présence des vocalises… Avec Lelong et Raoux au chant, « Zone rouge » est une chanson engagée, une critique acerbe du monde actuel. « Célia » est chanté par le guitariste Thierry Roseren ce qui lui donne une toute autre couleur.
Autre pièce importante, « Le chaman ». Le chant s’y différencie de son modèle, les arrangements sont plus variés, même s’ils gardent leur ambiance seventies, et la guitare s’étend merveilleusement en un long solo dont on aimerait qu’il ne s’arrête jamais. On a alors l’impression de se trouver en présence d’un Iron Butterfly. Telle une incantation, « Frère » est également une pièce importante de ce CD. Les chants de Roland Lelong et Angélique Raoux nous prennent aux tripes. Un hymne dédié à un frère trop tôt disparu.
Mais tout n’est pas si rose. « L’apprenti sorcier » n’arrive pas à la cheville angélique malgré son indéniable tentative de s’en inspirer, même fortement. C’est le solo de guitare qui le sauve du naufrage. « Voleurs d’âmes », s’il tient plus d’un Mona Lisa, s’oubliera facilement avec sa ritournelle moyenâgeuse.
La grande gagnante de cet album est la guitare. C’est à elle que l’on doit les meilleurs moments, juste devant le chant trop inspiré. Côté déception, on note la mauvaise prise de son (ou mixage?) de la batterie.
Cet album de Exode devrait intéresser les fans des belges de AmAndA, néanmoins bien meilleurs. Mais, si vous aimez Ange et avez un bon bol de nostalgie des années 70, vous pouvez vous y plonger. Ecoutez quand même avant d’acheter !
Pays: FR
Musea FGBG 4595.AR
Sortie: 2005/03
