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QUEENS OF THE STONE AGE – Lullabies To Paralyze

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[Total: 5 Moyenne: 4.6]

Le voilà enfin, le nouveau QOTSA… Attendu depuis quelques temps, avec les problèmes internes qu’on leur connaît (le départ du bassiste Nick Oliveri pour « problèmes de drogue »), l’album ne pouvait de toute façon qu’être une réussite, et le contrat est rempli! Le personnel est donc plutôt réduit, c’est-à-dire basé sur le trio Josh Homme (chant/guitare/basse), le multi-instrumentiste Troy Van Leeuwen (guitare/lap steel/basse/piano/…) et Joey Castillo (batterie), mais une kyrielle d’invités plus ou moins discrets viennent compléter les rangs, dont Mark Lanegan, Alain Johannes, Chris Goss ou autres, et nous font oublier la promo sarcastique où on voit les trois membres ainsi qu’une vieille femme tenir une basse, pour souligner encore plus l’absence d’Oliveri

L’album commence inhabituellement par une berceuse, « This Lullaby », menée par la ténébreuse voix de Mark Lanegan uniquement accompagnée par la guitare de Josh Homme ainsi que quelques chuchottements – de quoi installer petit à petit l’ambiance obscure qui flotte sur tout l’album… Mais « Medication » part au quart de tour et amène clairement la tension qui ne se relâchera plus d’un poil. Les paroles parleraient-elles de drogue? Sans doute, mais ce qui est sûr, c’est que « Everybody Knows That You Are Insane » parle bien du départ de Nick Oliveri qui semble bel et bien laisser un vide derrière lui… La chanson démarre faussement sur un rythme plus lent, mais ce n’est que pour repartir de plus belle par la suite et enfoncer le refrain très pop et catchy dans nos têtes!

Arrive ensuite le très nerveux « Tangled Up In Plaid », les choses faites n’ont-elles pas été faites correctement? Les guitares le crient le plus fort sur un rythme très stoner – lent et lourd… Une de mes chansons préférées sur l’album, sans hésiter. Pour « Burn The Witch », ce n’est pas moins que Billy Gibbons (vous savez, un des barbus de ZZ Top…) qui vient prêter main forte aux QOTSA, en ajoutant sa guitare crasseuse et sa voix rocailleuse à cette chanson fort bluesy, avec l’aide de Lanegan également. La basse qui mène le morceau est tout simplement gigantesque, le monstre est lâché!

Un peu plus de « douceur » (noter les guillements!) avec « In My Head », aux paroles très amoureuses (I keep on playing our favourite song / I turn it up while you’re gone / It’s all I got when your in my head / and you’re in my head so I need it), mais qui ne se fatigue certainement pas d’un poil, pour annoncer « Little Sister », potentiel single, qui fait sans hésitation partie de ce que QOTSA a fait de meilleur, mélangeant mélodie pop et guitares agressives le tout souligné par le jeu hypnotique de Joey Castillo, le tout sur des paroles très ambiguës (Parle-t’il de sa sœur? Vraiment pas sûr…).

Pour la première fois de l’album, on a le temps de reprendre son souffle pendant le très joli « I Never Came », avant de pouvoir attaquer les 7 minutes de l’épique « Someone’s In The Wolf » à l’ambiance tordue et sadique, inutile de croire qu’on peut sortir intact de l’écoute d’une chanson pareille! Le loup est bel et bien là… A noter, les (discrètes) apparitions de Jesse « The Devil » Hughes (Eagles of Death Metal) à la flûte et de Chris Goss qui ne « joue » pas moins que le loup (c’est annoncé tel quel!). « The Blood Is Love », introduite par de la « musique de cirque », est également longue et dégage une atmosphère déchirée et très obscure…

Comme l’indique son titre, « Skin On Skin » est très sexuelle, les oooh et aaah ainsi que les riffs sexy font dégouliner la chanson de transpiration… Comme les choses ne peuvent pas toujours aller bien, les paroles de « Broken Box » évoquent la lassitude qui peut s’installer dans une relation, le tout sur sur un rythme hypnotisant dont les Queens of the Stone Age ont le secret, et c’est Josh Homme qui s’occupe de quasiment tous les instruments sur la chanson.

Après un rapide coup d’œil au livret, on pourrait croire que « You Got A Killer Scene There, Man… » est un concentré de personnalités au but commercial Côté participations, on ne voit pas moins que Brody Dalle (Distillers), Shirley Manson (Garbage), Chris Goss, Mark Lanegan et Alain Johannes. Mais non, Josh Homme a été assez intelligent que pour ne pas profiter bêtement de la présence de tout ce beau monde pour s’en mettre plein les poches, et nous propose ici une chanson très sensuelle (les différentes voix, même si fort peu mises en évidence, y contribuent beaucoup), qui évoque le meilleur de Masters Of Reality.

Pour clore l’album comme il le fallait, « Long Slow Goodbye », langoureuse et enivrante au possible donne envie de rejouer autant de fois que possible cet album magistral, et se termine en fanfare avec des cuivres rappelant le thème en boucle…

Côté bonus, il y a ce « Like A Drug » dont je suis convaincu qu’il s’agit d’une reprise (mais n’étant pas créditée, ça ne facilite pas les choses – si quelqu’un a une idée…), ainsi qu’un DVD contenant un documentaire sur l’élaboration de l’album, une méchante vidéo de « Someone’s In The Wolf », ainsi qu’un interview de Josh Homme.

En résumé, on a là un disque fondamental, qui confirme que les Queens of the Stone Age sont bien un des plus grands groupes du moment, et le départ de Nick Oliveri n’a en rien empêché le groupe d’écrire de grandes chansons… Peut-être que les rares qui préféraient les chansons telles que « …Millionaire » ou « Six Shooter » (sur « Songs for the Deaf ») où il avait la première place seront déçus de ne plus l’entendre, mais l’album devrait convaincre tous les autres sans aucun problème, déjà fan ou pas!

Rappel du tracklisting :

  1. This Lullaby
  2. Medication
  3. Everybody Knows That You Are Insane
  4. Tangled Up In Plaid
  5. Burn The Witch
  6. In My Head
  7. Little Sister
  8. I Never Came
  9. Someone’s In The Wolf
  10. The Blood Is Love
  11. Skin On Skin
  12. Broken Box
  13. You Got A Killer Scene There, Man…
  14. Long Slow Goodbye
  15. Like A Drug (bonus track)

Pays: US
Interscope LC06406
Sortie: 2005/03/22

4 thoughts on “QUEENS OF THE STONE AGE – Lullabies To Paralyze

  • Salut. Le titre « Like a drug » est un titre issue de la série des Desert Sessions que je ne saurais que recommander à tout mélomane. « Like a drug » apparaît sur le volume 6 -Black anvil ego-de ces fameuses Desert Sessions. La version entendue sur le prodigieux nouvel album des Queens est en fait la 3ème version de ce titre, puisque sur le pressage CD des mêmes Desert Sessions, il existe également la version instrumentale de « Like a drug ». Pour la petite histoire, toutes les D.S. sont sorties, à l’origine en 25 cm de couleur et en pressage limité sur le label américain Man’s Ruin. Les volumes 1/2, 3/4 et 5/6 ont été rassemblés et commercialisés en CD. A partir des volumes 7/8 et 9/10, les Desert Sessions sortent sous la forme d’un double 25cm. Voilà, comme ça, c’est dit!

  • Voilà où je l’avais entendue! Malheureusement, je n’ai qu’une copie de mauvaise qualité des Desert Sessions 5-6, que je n’ai pas beaucoup écouté à cause, justement, de sa mauvaise qualité… Merci pour l’info, en tout cas!

  • Pour en ajouter une dernière couche sur ce grand disque, sachez que la version vinyle est une véritable perle. En plus de la couleur des disques (le premier est orange marbré sensé représenté le lever du soleil et le deuxième est pourpre marbré, pour le coucher du soleil), la pochette est modifiée, et reprend les éléments du clip de « Someone’s in the wolf ». Des titres bonus sont ajoutés à l’ensemble, « Infinity » et « Precious and grace ». On y trouve également les textes complets ainsi qu’un tas de photos inédites. Pour les inconditionnels des Queens, pour les collectionneurs et pour tout mélomane, tout simplement…

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