LU7 – L’Esprit de l’Exil
Lu7 est un duo japonais composé de la claviériste Luna Umegaki et du guitariste Tsutomu Kurihara autour desquels se greffent d’autres musiciens, au gré des nécessités. Leur premier album, « Efflorescence », était sorti en 2002.
Leur musique est un Jazz-Rock Progressif, moderne, instrumental, avec des influences provenant du Classique et même, bizarrement, quelques petites touches de Folk Celtique. Tout cela est très varié et marqué par des sonorités fraîches et limpides, sans la moindre aspérité. La qualité des compositions étonne et l’ensemble reste toujours mélodieux, dense et aéré. Les musiciens sont brillants et leurs interprétations précises et subtiles. Si la guitare rappelle souvent Allan Holdsworth, l’ambiance générale se rapproche plutôt de ce que pouvait produire Jean-Luc Ponty en solo, et le Pierre Moerlen’s Gong. Il est d’ailleurs à noter qu’Allan Holdsworth a collaboré avec ces deux derniers artistes.
Voici le détail des titres proposés, représentant un peu plus d’une cinquantaine de minute :
- « Itsumo Hajimari » (Luna Umegaki) (1’30)
- « Canary Creeper » (Luna Umegaki) (5’11)
- « Golem » (Luna Umegaki) (6’45)
- « Bluetail of Passage » (Tsutomu Kurihara/Luna Umegaki) (4’33)
- « Air Flow » (Tsutomu Kurihara) (5’16)
- « Secret Recipe » (Luna Umegaki) (4’50)
- « L’Esprit de l’Exil » (Tsutomu Kurihara/Luna Umegaki) (7’03)
- « Mariana’s Garden » (Luna Umegaki) (5’30)
- « Danse Rituelle du Feu » (Ballet Musique « El Amour Brujo ») (Manuel de Falla) (5’52)
- « Ripple (Mizu no Wa) » (Lana Umegaki) (6’20)
Voici les musiciens présents :
- Tsutomu Kurihara : Guitares
- Luna Umegaki : Claviers, Mélodion & Programmation
- Toshimi Nagai : Basse (3, 4, 6)
- Vagabond Suzuki : Basse (2, 5, 8)
- Ittoku Shimamura : Batterie (2, 4, 8)
- Hirobumi Suzuki : Percussion (3, 5, 8)
- Anri Sekine : Violon (6, 10)
- Mark Irvine Hamilton : Cornemuse (1, 2)
- Toru Itoga : Voix (2)
- Kazumi Hasegawa : Voix (2)
« Itsumo Hajimari » démarre l’album et surprend d’emblée par son côté « Folk Celtique », à la Fairport Convention. En effet, la cornemuse tient ici un rôle prépondérant, ce qui est plutôt inhabituel dans un ensemble japonais.
Cette tendance se poursuit sur « Canary Creeper » où la guitare poursuit le rythme donné par la cornemuse. Le son devient alors plus Jazzy. Une couverture de claviers, les voix et les percussions complètent le tout.
Dès la troisième plage, la connotation Folk a définitivement disparu, tout comme son interprète, Mark Irvine Hamilton. « Golem », très percussif, voit également l’apparition du bassiste Toshimi Nagai, qui intègre un beau solo aux tonalités chaleureuses. La guitare reste très active en solo tout au long de cette plage soutenue également par le mélodion, aux sonorités proche de l’accordéon.
Superbe pièce Jazz-Rock que « Bluetail of Passage », marquée par le jeu flamboyant de Tsutumu Kurihari, très typé Allan Holdsworth, avec une remarquable variété apportée par les claviers, autant en couverture qu’en solo.
C’est avec « Air Flow » que les ambiances propres à Jean-Luc Ponty se remarquent le plus : pureté, beauté, lyrisme. La basse de Vagabond Suzuki, toute en légèreté, complète cette petite merveille.
Avec un marquage plus Progressif, le sautillant « Secret Recipe » évolue par petites touches successives, parfois surprenantes. Chaque instrument y dépose son empreinte spécifique.
Dans « L’Esprit de l’Exil », interprété en duo, guitares et claviers se succèdent et se complètent à l’envi avec un raffinement extrême, montrant le potentiel des deux musiciens.
Dans « Mariana’s Garden », on assiste au retour de la basse, de la batterie et des percussions. La guitare reste aussi présente. Une certaine parenté avec le Pierre Moerlen’s Gong, époque « Breakthrough » et « Second Wind », en ressort.
Pour la « Danse Rituelle du Feu », la rythmique donnée par Luna Umegaki imprime une allure plus artificielle, trop mécanique et basique. Cela a plutôt tendance à altérer la plage malgré les brillantes interventions de Tsutomu Kurihara.
Belle prestation au piano de Luna Umegaki pour sa composition « Ripple », où elle tient la vedette du début à la fin. Le violon et la guitare, tout en délicatesse, n’interviennent que pour la mise en valeur de cette superbe composition.
Indiscutablement, cet album est une franche réussite et permet de découvrir un autre nouveau talent en provenance du Japon, comme cela avait déjà été le cas avec les CDs de Bandvivil et de Cinema, que j’avais commentés sur ce site, et comme avec Ars Nova, que j’avais vu au Spirit.
Pays: JP
Musea FGBG 4572
Sortie: 2005/01
