MOMBU – Zombi
Alors là, les petits amis, il va falloir s’accrocher aux branches parce que ça risque de secouer. Plus précisément, enfilez-vous déjà la camisole de force si vous n’êtes pas sûrs que votre esprit et votre logique vont résister aux assauts insensés de ce nouveau duo italien qu’est Mombu et qui vient de placer sur le marché une loufoquerie musicale comme on en a peu vu.
Derrière cette association de malfaiteurs avant-gardistes extrêmes se cachent Luca T. Mai, saxophoniste de Zu, un groupe transalpin qui était déjà pas mal fêlé, et Antonio Zitarelli, batteur de Neo, une autre formation italienne recherchée par les services d’urgences de l’hôpital psychiatrique de Rome.
Le principe chez Mombu est simple : de l’improvisation entre un saxophone baryton (le plus grave de la gamme) et une batterie qui cogne façon hardcore. Il en résulte neuf morceaux d’une espèce d’afro-grind-hardcore-jazzy qui est proprement inécoutable si on n’a pas vingt ans d’expérience dans les musiques avant-gardistes décalées ou si on n’a pas d’ennuis de santé mentale. Ceux qui cumulent les deux ont une chance d’apprécier cet invraisemblable voyage au cœur de la folie artistique fort peu soucieuse de vendre des disques par millions.
Le batteur de ne contente pas de cogner comme un sourd, il développe également des rythmiques afro-cubaines à la transe saisissante. Ce qui est hallucinant également, c’est que ces deux gaillards parviennent à créer des structures rythmiques complexes où le saxophone joué en force remplace aisément les guitares électriques les plus hargneuses. Il y a cependant quelques guitares qui interviennent, notamment sur l’inquiétant « Zombi », seul titre avec des paroles (si on peut appeler ça ainsi). Ce morceau est une reprise de Fela Kuti et vient s’ajouter à l’édition européenne qui fait suite à une première édition italienne de ce disque sortie en mai 2011.
Mombu qui sort un album appelé « Zombi » éveille la curiosité de l’anthropologue qui sommeille en nous et nous renvoie bien évidemment aux rites vaudou haïtiens, avec ses célèbres zombies, corps dépourvus d’âme qui errent comme des cadavres vivants. Quant au mombu, c’est un esprit vaudou qui provoque de fortes pluies. On commence à comprendre pourquoi il pleut autant en ce moment : je passe ce disque trop souvent sur ma chaîne. Promis, j’arrête, mais que ça ne vous empêche pas de l’écouter si vous connaissez déjà Zu ou si vous versez facilement dans l’expérimentation frappadingue et le mélange délirant des genres.
Pays: IT
Subsound Records
Sortie: 2012/07/16
