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DELUSION SQUARED – II

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Comme son nom l’indique « II », est le second opus de ce trio néo progressif formé en 2009 et qui semble prendre un malin plaisir à brouiller les pistes en ce qui concerne ses origines géographiques. Aucune allusion à une ville, ni même à un pays sur le CD ou sur la bio accompagnant le kit promotionnel. Pas plus, d’ailleurs, sur le site officiel du groupe (NDR : et l’extension .com n’aide pas vraiment à la localisation). Deux des protagonistes de l’affaire ont des patronymes à consonance anglophone (Lorraine Young, Steve Francis). Quant au bassiste/claviériste Emmanuel de Saint Méen, il nous donnerait plutôt tendance à situer le groupe chez nos voisins d’à côté. Alors, France ou Grande-Bretagne ? La question reste posée. Quelques confrères de la toile situent le trio en Bretagne. Nous nous en tiendrons à ce joli compromis.

À l’instar de son prédécesseur, l’éponyme « Delusion Squared«  paru en 2010, « II » met en musique un concept fantastique original. Si la sombre histoire futuriste décrite dans le premier opus se terminait sur une note plutôt optimiste (NDR : pour rappel, une jeune fille parvenait à échapper à un monde dirigé par des intelligences artificielles, et à une humanité survivant grâce à la reproduction génétique pour donner naissance à un enfant de manière naturelle, devenant ainsi la mère de l’humanité nouvelle), le concept de « II » est, quant à lui, bien plus sinistre puisqu’il s’achève par l’Armageddon et l’effacement pur et simple de la réalité médiévale alternative dans laquelle le récit est situé.

Probablement afin de mieux coller au concept ‘fantastique’ mais pas ‘futuriste’ du nouvel album, la musique ne fait plus appel aux sonorités électroniques qui s’intégraient aux compositions de l’album éponyme. Nous ne retrouvons plus non plus le petit côté Suzanne Vega qui caractérisait, à l’époque, le chant de Lorraine Young. Mais ceci est plutôt positif puisque la demoiselle affirme ici un style bien plus personnel, et surtout tout à fait original dans le monde du progressif. Plus encore, ce chant fragile, enfantin presque, contribue à accentuer le côté sombre de la plaque. N’est-il pas, en effet, plus que perturbant, de s’entendre conter une terrible histoire d’hérétiques, de vengeance divine et de fin du monde par une voix qui semble si douce et si vulnérable.

Côté musique, Delusion Squared évolue à nouveau, sur une voie ‘néo progressive ambiante’ colorée de quelques touches ‘métalliques’, relativement parallèle à celle empruntée par Porcupine Tree, Pineapple Thief ou Riverside. Le nouvel album du trio pourrait, de ce fait, faire la joie des fans des trois formations précitées ainsi que celle des allergiques au death métal qui ont découvert Opeth et Anathema sur le tard.

Si l’acquisition d’une superbe pièce de musique néo-progressive fait partie de vos projets à court terme, le concept original, les mélodies sombres, les ambiances intrigantes, la richesse des compositions, la qualité des instrumentistes et la fraîcheur exceptionnelle de la voix de Lorraine devraient faire la différence au moment de faire un choix.

Les titres (59’38) :

  1. Double Vision (6’33)
  2. Necrogenesis (7’01)
  3. Faith Mission (6’39)
  4. Recipe For Disaster (7’55)
  5. Veridical Paradox (4’10)
  6. Revelation (7’26)
  7. Abduction (5’43)
  8. Naked Solipsism (6’00)
  9. Unexpected Messiah (8’07)

Le groupe :

  • Lorraine Young : Chant, Guitares
  • Steve Francis : Guitares, Batterie, Claviers
  • Emmanuel de Saint Méen : Basse, Claviers

Pays: FR/GB
Autoproduction DS-FEL-12
Sortie: 2012/02/15

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