ANNEGARN, Dick – Folk talk
Un musicien de la dimension de Dick Annegarn qui vient taquiner le folk et le blues américain, ça promet d’être alléchant. On connaît ce Néerlandais installé en France et dont la carrière de plus de 35 ans n’est plus à présenter. Dick Annegarn avait habitué son public à de savoureuses chansons folk, tout en poésie, en histoires touchantes, en images saugrenues. Dans les années 70, des chansons comme « Mireille », « Sacré géranium », « L’institutrice » rivalisaient avec celles de Jacques Brel ou d’Alain Souchon, portant Dick Annegarn au rang de véritable défenseur du texte français.
Récemment, Dick Annegarn était parti aux États-Unis enregistrer en 2008 son 18e album « Soleil du soir » en compagnie du guitariste Freddie Koella, Alsacien exilé en Californie et amoureux absolu de blues. Les deux hommes partageaient donc cette passion commune, ce qui a donné envie à Dick Annegarn de poursuivre dans la voie du blues pour son nouvel album « Folk talk ». Dick était revenu de son séjour américain de 2008 avec une superbe guitare Gibson de 1931, instrument idéal pour replonger dans les racines profondes du blues. L’idée a donc germé de faire un album de reprises blues et folk mais comme Dick Annegarn est un homme qui ne fait pas les choses à moitié, il a décidé d’aller plonger dans le plus profond et le plus antique de la musique populaire américaine, avec de véritables résurrections de chansons dont les plus anciennes datent du 19e siècle et la plus récente de 1962.
Plus que de longs discours, quelques titres de chansons serviront à vous faire comprendre le formidable intérêt de ce nouvel album de Dick Annegarn. « Careless love » est un des premiers blues ruraux du 19e siècle, « Saint James Infirmary » a été enregistré pour la première fois par Louis Armstrong en 1928, « Down in the valley » vient d’une lettre écrite par un prisonnier enfermé de Raleigh State à sa petite amie et qui fut publiée par un journal de Birmingham, Alabama. « Black girl » remonte à 1870 et a été interprétée aussi bien par Leadbelly que par Kurt Cobain, « Georgia » est l’hymne de l’État de Géorgie et je ne vous parle pas des reprises du « Don’t think twice » de Bob Dylan, de « Love me tender » (qui n’a jamais été écrite par Elvis Presley mais est une ballade sentimentale de 1861) ou de l’insubmersible « House of the rising sun ».
C’est donc à un véritable travail d’archéologie musicale ainsi qu’à un époustouflant voyage musical dans le blues et le folk blanc que s’est livré Dick Annegarn, dont la voix particulière à la fois tendre et élastique vient apporter une nouvelle personnalité à ces chansons extraites de la mémoire ancestrale américaine. Avec une guitare acoustique et deux choristes de la Nouvelle-Orléans, le grand Dick devient plus Noir et plus cow-boy que nature. Il va sans dire que cet album est obligatoire pour tout amateur de blues et de musique traditionnelle américaine.
Pays: FR
Tôt Ou Tard Records 3237472
Sortie: 2011/02/07
