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EPICA – The Classical Conspiracy

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Le 14 juin 2008, Epica fut invité à Miskolc, la troisième ville de Hongrie après Budapest et Debrecen, dans le cadre du Bartok+Miskolc International Opera Festival. C’est donc accompagné d’un orchestre de chambre composé de 40 musiciens et d’une chorale de 30 personnes que le groupe de Métal Symphonique batave a donné ce soir là le concert de sa vie. L’événement qui était bien trop important pour tomber aux oubliettes a été immortalisé sur un magnifique double CD de plus de deux heures et demies sobrement intitulé « The Classical Conspiracy ».

Alors je vous vois déjà venir : ‘un groupe de métal, accompagné d’un orchestre classique, ce n’est pas vraiment original. Tout le monde l’a fait. Deep Purple, Rage, Metallica, Scorpions, Kiss, Within Temptation. C’est devenu banal’. Sauf que, pour Epica, la démarche est tout à fait naturelle et justifiée. La musique des hollandais est, à l’origine, déjà truffée d’arrangements classiques. De plus, leurs albums ont tous été enregistrés avec une chorale (beaucoup moins imposante cependant que celle-ci, il faut bien l’avouer).

Plus qu’un simple concert de métal réarrangé à la sauce symphonique comme l’étaient ceux de Metallica, Scorpions ou Kiss, celui d’Epica est un échange culturel entre deux communautés musicales qui en principe n’ont pas grand chose en commun mais qui, à l’écoute de ce « The Classical Conspiracy », ne sont manifestement pas si éloignées que cela.

Ce soir là, à Miskolc, la prestation est divisée en deux parties bien distinctes. « The Classical set », pour commencer, pendant lequel l’orchestre de chambre et la chorale présentent une collection de morceaux classiques et de musiques de films sur lesquels les musiciens d’Epica viennent ajouter leur grain de métal. « The Epica Set », ensuite où la musique d’Epica est magnifiée par l’intervention des musiciens et chanteurs classiques. Au programme du set classique, on peut retrouver, entre autres, « Dies Irea », un extrait du « Requiem » de Verdi, « Adagio » de Dvorak, « Presto » tiré des « Quatres Saisons » de Vivaldi, un extrait du « Romeo et Juliet » de Prokofiev et aussi le « In The Hall Of The Mountain King » de Grieg, dont la mélodie est bien connue des fans de métal puisqu’elle a servi de base au classique de Savatage portant le même titre. Au rayon musique de films, si les medley basés sur les bandes originales de « Spiderman » et « Pirates de caraïbes » sont assez anecdotiques, la reprise métallisée de « The Imperial March » du Star Wars IV est à couper le souffle.

Si le set classique est sympathique, il faut bien avouer qu’il n’est qu’une mise en bouche pour les 90 incroyables minutes que dure le « Epica Set ». Car, comme le dit si bien Simone Simmons, la chanteuse du combo : ‘Ce soir, la musique d’Epica sonne comme elle devrait toujours sonner’. Les versions studios de chansons telles que « The last crusade », « Cry for the moon », « The Phantom Agony » ou « Consign to oblivion », enregistrées avec une chorale de 8 personnes et un sextet à cordes sont déjà très impressionnantes, alors imaginez ce que cela donne avec 30 chanteurs et 40 musiciens ! Tout simplement époustouflant. La voix de Simone, que l’on sent pourtant très émue, reste divine du début à la fin du concert. Epica aurait très bien pu, à l’instar d’un Within Temptation, éliminer les grunts de sa musique afin de s’attirer les faveurs d’un public plus large, mais il n’en est rien. Le combo reste authentique. Fidèle à ses compostions originales et les interventions death/black metal de Mark Jansen font mouche à chaque fois.

Que dire de plus sur ce « The Classical Conspiracy », si ce n’est que Nuclear Blast a très bien fait les choses en emballant ce double digipack au livret magnifique dans un coffret contenant une dizaine de très belles photos du concert.
On se dit que les Finlandais de Nightwish doivent vraiment se mordre les doigts d’avoir loupé le coche en publiant le ‘live au rabais’ qu’est « Made In Hong Kong », car Epica en nous offrant le live de l’année, vient de prouver qu’il est bel et bien le meilleur groupe de métal symphonique actuel.

Pays: NL
Nuclear Blast 27361 23390
Sortie: 2009/05/08

2 thoughts on “EPICA – The Classical Conspiracy

  • Un des meilleurs groupe de metal symphoniques parce que, entre autres, Therion les vaut certainement! Sinon, j’écoute cet album, avec le Therion enregistré au même endroit en 2007 avec orchestre symphonique, et c’est un pur bonheur!

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