LES RUINES COULENT EN SILENCE – Sur et Sous les Pierres
Il y a des groupes dont on apprécie la musique parce qu’elle nous rappelle les sonorités qui ont accompagné les moments forts de notre vie et il y a ceux que l’on aime tout simplement parce qu’ils nous proposent quelque chose que nous n’avons jamais entendu. C’est dans cette seconde catégorie que nous classerons Les Ruines Coulent en Silence.
Né en 2023 à Bar-Le-Duc, dans le Grand-Est de la France sur une idée originale de Pierre-Emmanuel Gillet, Les Ruines Coulent en Silence pratique un Rock francophone qu’il qualifie de ‘Sans-Barrières’. Aux côtés de Gillet, qui se charge du chant, de la guitare, de l’écriture des textes, de la composition de la musique et de la création des visuels on retrouve le bassiste Mathieu Laurent et le batteur Laurent Platini. De cette collaboration triangulaire est né l’album « Sur et Sous les Pierres », sorti en autoproduction le 28 aout dernier.
Passons rapidement sur le sens du patronyme que le trio barisien qualifie d’atypique mais dont notre esprit cartésien ne parvient pas à appréhender la signification profonde et concentrons-nous plutôt sur ce qu’il nous offre de vraiment original : sa musique.
Placé en ouverture, « Sur les Pierres » installe une ambiance sombre et poétique à fois. Le style vocal de Pierre-Emmanuel Gillet et ses textes imagés et lyriques nous rappellent instantanément le travail du chanteur/guitariste Igor Achard qui, certains d’entre vous s’en rappelleront peut-être, nous avait enchantés dans le cadre des deux albums du groupe Metal Ethnique parisien Abinaya il y a de cela quelques années déjà. Rien d’ethnique cependant chez Les Ruines Coulent en Silence. Ici, la poésie se décline en une palette de style musicaux divers et burnés qui inclut, non seulement le Metal, mais aussi le Punk, le Post-Rock, l’Indie Rock, le Rock Progressif et, bien sûr, la chanson française. Après un « Danse Avec Moi » relativement entrainant, « Pénombre » et « La Paix » ralentissent peu à peu le tempo. La musique devient pesante, étouffante même, tirant peu à peu vers le Post-Rock/Metal. « Lâcher les chien » nous fait basculer dans la rage pure. C’est un titre Punk /D-Beat rapide et agressif. Sur « Poème pour les hommes et les femmes qui tombent » et son mélange de guitares acoustiques, de riffs post-metal joués en tremolo et de textes déclamés de manière sentencieuse, la rage retombe, mais pas l’intensité. Si le style vocal reste très solennel avec « Un Peu de Souffre », la musique se fait plus Rock et plus progressive. Tout en riffs et en colère, « On Tourne en Rond » et « L’absence » flirtent avec le Metal traditionnel et le headbanging pur jus tandis que « De Rivage en Rivage » nous replonge à nouveau dans le monde chaotique du Punk et du pogo. « Sous les pierres » clôture la plaque comme elle avait démarré, dans un style sombre, pesant et solennel.
Les Ruines Coulent en Silence ne s’impose pas de limites, ce qui ne le rend probablement pas accessible à tout venant. Prendre le temps d’ingurgiter toutes les facettes de sa musique et faire la démarche de s’arrêter sur sa poésie sombre demande un effort. Le faire, c’est se faire une faveur à soi-même. Faites-vous du bien !
- « Sur les pierres » (03:41)
- « Danse avec moi (tu remplaceras la mort) » (04:23)
- « Pénombre » (03:22)
- « Lâcher les chiens » (02:37)
- « La paix » (05:14)
- « Poème pour les hommes et les femmes qui tombent » (04:30)
- « Encore un peu de soufre » (06:30)
- « On tourne en rond » (03:34)
- « Parfois pire que la mort » (04:32)
- « L’absence » (04:42)
- « De rivage en rivage » (03:14)
- « Sous les pierres» (04:23)
Le groupe :
- Pierre-Emmanuel Gillet – Chant, guitare
- Mathieu Laurent – Basse
- Laurent Platini – Batterie
https://lesruinescoulentensilence.bandcamp.com/album/sur-et-sous-les-pierres
https://www.facebook.com/LesRuinesCoulentEnSilence.Officiel/
Pays: FR
Label : Autoproduction
Sortie: 2026/08/28
