LAZULI – ÊTRE et ne plus ETRÊ
Mais il faudrait lire le second « Être » à l’envers, avec les deux « E » retournés, c’est d’ailleurs comme cela, que s’est écrit sur la pochette, de ce nouvel album du si sympathique groupe français Lazuli…que j’adore évidemment (comme ça, tout le monde le sait). Peut-être parce par les temps qui courent, l’être humain est-il encore ce qu’il était avant ? N’est-il pas dénaturé, perdu, que ce soit par ses connaissances, sa santé, ou son avis tranché sur certaines choses, il y aurait bien beaucoup de choses à dire…mais bon.
Sur ce, prenons quelques instants, pour comprendre le processus d’écriture de Dominique Leonetti (écriture, composition, guitare, chant) qui lors d’une courte interview, m’explique cela : « Tout part d’un état d’esprit, un état d’âme, le ressenti du moment, une ou l’autre émotions, pour coucher sur le papier, les premiers mots, les premières phrases. Puis le reste du texte vient, un peu comme si le processus d’écriture venait de se déclencher, sans jamais penser au paravent, à une idée ou un sujet…d’actualité. C’est par après lors de la relecture, que je me rends compte du parallèle avec l’actualité, sans être pensé au départ ! Ensuite l’habilement du texte, commence toujours par un travail chant-guitare, puis seulement viennent les arrangements (batterie, basse, guitare électrique, claviers, Léode, marimba…), et ce, grâce à une grande complicité entre-nous. Depuis l’arrivée de Romain et Vincent, l’osmose s’est faite naturellement, idem bien sûr pour Claude (frère de Dominique) et pour le dernier arrivé Arnaud, chacun est libre d’apporter sa pierre à l’édifice ! Ce libre-échange découlant sur les orchestrations et arrangements, seul ’L’Instant’ est resté dans son jus d’origine, une ballade guitare-chant, un choix fait à l’unanimité des membres du groupe. ». Voilà donc les propos recueillis par votre serviteur, place maintenant à l’analyse de ces 12 nouvelles chansons, écrites peu de temps après la sortie du précédent opus « 11 ».
Un album, qui commence par la plage titulaire, avec d’emblée de la poésie et de la mélodie, grâce à une orchestration subtile et douce, et le timbre de voix unique de Dominique, ce dernier à travers ce beau texte, fait à nouveau honneur à la belle langue française, celle des Baudelaire, Balzac et Molière ! Une chanson qui s’écoute avec grand plaisir, et qui nous offre même des frissons dans le dos, grâce à ce beau travail au piano, et ce texte ciselé comme toujours :
…le texte est ciselé, le choix des mots est précis, et l’ensemble des phrases résonne telle une poésie contemporaine, l’écriture est belle tout simplement ! Si la poésie s’entrecroise avec la philosophie, l’inconscient de l’écrivain (Dominique) nous guide vers des mots, qui font résonnance avec le changement climatique, la disparition des glaciers, ou alors la disparition de l’homme ? Son inconscient se raccroche inconsciemment à l’actualité, et ce, sans le vouloir au départ ! Musicalement, un piano classique partage la vedette à une guitare psychédélique, la preuve que le groupe sait concevoir une musique riche et fouillée.
Sinon, sachez que l’interprétation des textes restera personnelle, ce sera à vous de vous faire votre propre idée sur ce, passons à l’amour entre deux personnes, profitons des choses simples de la vie comme marcher, danser, pleurer et rire. Savoir si on a réussi ou pas sa vie. Plus loin, un sourire pourrait nous sauver la mise quoique, une chanson où il me semble, humour et autodérision sont présents. La matière première, l’humain est responsable de ses choix, de ses actes ou de ses paroles, un texte qui résonne clairement face à l’actualité, et surtout aux dérives de l’homme !
Côté orchestration et jusqu’à présent, l’on garde cette finesse de composition, chère à Dominique et à ses acolytes, qui porte le timbre de voix de Dominique, ce dernier participant à la magie de l’ensemble. Une musique qui se veut aussi simple et légère, comme lorsqu’une guitare sèche s’accompagne délicatement d’autres instruments, pour nous offrir une chanson-poésie, où encore une fois, le texte est superbe ! D’une rivière au peuple Cherokee, l’empreinte folk subsiste, aidée dans sa tâche par des effluves néo-classiques et rock, histoire de s’emporter peut-être vers l’Amérique ?
« L’Instant » comme je l’ai dit plus haut, se construit juste entre une voix et une guitare sèche, un instant suspendu, qui malheureusement s’échappe, car c’est le temps qui passe, au sein d’une sublime ballade !
Être simplement un homme, une bonne personne, veiller à sa santé si possible et sans addiction, les quatre saisons, et l’homme qui pourrait voler, seront les dernières réflexions, que j’ai pu personnellement percevoir à travers les beaux textes de Dominique.
Ce nouvel album de Lazuli est une véritable réussite, avec d’une part de beaux textes entre poésie et philosophie, des textes ciselés où le choix des mots reste précis. Et d’autre part, cette volonté de porter justement ces beaux mots avec une orchestration millimétrée, où l’on traverse les styles, entre folk, néo-classique et rock. Un indispensable, évidemment !
Line-up :
Claude Leonetti (Léode, arrangements)
Romain Thorel (claviers, cor français, arrangements)
Arnaud Beyney (guitare électrique, basse, arrangements)
Vincent Barnavol (batterie, marimba, arrangements)
Dominique Leonetti (chant, guitares acoustique et électrique, écriture et composition)
L’album :
« Être et ne plus être »
« Chaque jour que le soleil fait »
« Sourire »
« Matière première »
« L’eau qui dort »
« Une chanson Cherokee »
« Quel dommage »
« L’Instant »
« L’homme sûr »
« Mon body se meurt »
« Les 4 saisons »
« Au bord du précipice »
Pays : FR
L’Abeille rôde
Sortie : 2026/01/30
