Nuits du Botanique, jour 7, chaud devant !
Nuit de Chine, nuit caline, nuit d’amour, comme le dit la chanson… Mes nuits sont plus belles que vos jours. C’est dans un Botanique caniculaire que nous entamons cette journée où les voix féminines sont mises en avant.
Comme entrée en matière, Max Baby nous propose une entame très rock, dans une fontaine bien remplie où l’on étouffe sous le soleil de plomb. Le Français qui a signé chez Sub Pop a un style bien à lui, sonore, mélodieux qui n’est pas sans rappeller Ghinzu. Il a la bonne idée d’inviter sur scène Flora Fishbach qui lui rendra la pareille quelques heures plus tard.
Nous nous dirigeons ensuite vers l’Orangerie, ilot de fraicheur, emplie de teinte bleutée pour assister à la prestation d’Isaac. Après une intro très punchy, il change de style, alliant douceur et force avec une voix proche de M et des élans proches de Rage Against The Machine. Il arbore un t-shirt de Mark Knopfler mais joue une musique plutôt opposée, est-ce ironique ? Nous ne le saurons jamais.
Retour à la fontaine pour Camille Yembé venue présenter son premier album « Jeune et Laide ». La Belge nous amène dans un univers entre la pop, les riffs de guitares saturés, les synthés années 80 et les sonorités proches du rap. Le public répond présent. Le phrasé nous laisse quelque peu pantois, et nous n’arrivons pas toujours à comprendre les paroles de certaines chansons, comme le titre « Long Métrage ». Sommes-nous trop vieux pour cela ? Cette question reviendra souvent dans la soirée.
Sur les coups de 19 heures, le soleil n’arrête pas de taper. Place à Léonie Pernet, qui dévoile un univers sonore très personnel, un peu trop cérébral qui ne parvient à attirer l’attention de la foule.
A 20h, une foule se presse à l’entrée de l’Orangerie pour Flora Fishbach. « Enfin ! » pourrait-t-on dire car la Dieppoise en a sous le capot. Nous l’avions quittée en 2022 au Festival des Libertés dans un show classique, opposé au spectacle magnétique de ce soir, où elle est accompagnée sur scène par trois danseurs, maitre des cérémonies et derviches tourneurs. En une heure, elle présente des titre de son dernier album « Val Synth », ainsi que ses chansons phares comme « Une autre que moi » et l’imparable « Mortel » qui nous ensorcèle. Flora n’a que 35 ans mais elle remet les pendules à l’heure. Sa prestation millimétrée et émotionnelle nous ravit. Un grand moment qu’il ne fallait pas rater.
A 21h, retour à la fontaine avec Solann. Elle apparait avec un déshabillé noir accompagnée de ses deux musiciens. Petit à petit, à travers ses textes très féministes, elle dévoile un univers onirique, habité, avec comme point d’orgue Rome sous un éclairage rouge et Thelma et Louise tirés de son premier album. Elle présente chaque morceau et engage la conversation avec le public.
Vers 22h place à la pop chaloupée et le groove incomparable de Papooz. Un pied dans la pop tropicale, l’autre dans la bossa débridée et la tête dans les seventies américaines, Ulysse et Armand font la paire. Avec leur dernier album « Papooz and Friends » sorti l’an dernier, ils continuent de s’inscrire dans le paysage pop-rock français aux côtés de grands noms comme Phoenix.
En somme, ce dimanche fut une occasion d’avoir un aperçu de la grande diversité de la scène musicale francophone (franco-faune). Les mélodies et textes langoureux sont mis de côté, place aux paroles engagées, à un style musical plus dur, reflet d’une époque où les artistes n’ont plus peur de s’afficher.
