Les Nuits Weekender, troisièmes du nom
Versant automnal et concentré des Nuits du Botanique, les Nuits Weekender en sont déjà cette année à leur troisième édition. Planifié le week-end de la Toussaint, le cru 2026 s’annonce plus expérimental qu’à l’accoutumée, une contrainte en partie imposée par l’indisponibilité temporaire de l’Orangerie.
Les programmateurs ont donc dû tenir compte d’une jauge réduite (Museum, Rotonde et Witloof Bar) et certainement faire l’impasse sur l’une ou l’autre tête d’affiche d’un calibre de Geordie Greep et English Teacher en 2024 ou de Perfume Genius et Sunn o))) l’an dernier. Qu’à cela ne tienne, leur flair et leurs contacts nous ont une fois de plus dégotté une affiche qui ravira les amateurs de découvertes les plus pointus.
Si la soirée du vendredi 30 octobre aura une connotation davantage urbaine via quelques pointures en devenir comme Kabeaushé, artiste pluridisciplinaire à la pop futuriste ou l’anglaise IYAMAH au hip-hop teinté de reggae, l’accent sera toutefois mis sur la subtilité et la multiplicité des influences. À commencer par IAMDDB dans son concept Live Jazz Experience. Tout se trouve dans le titre même si Diana De Brito privilégie une interprétation moderne d’un style intemporel, plus proche de la soul et d’une certaine forme de rap et de R&B aux contours langoureux.
Une route empruntée également par Momo Boyd, bassiste et vocaliste d’Infinity Song qui a récemment collaboré avec Kendrick Lamar et dont le premier EP a été publié au printemps chez Roc Nation. De leur côté, keiyaA et Tasha, toutes deux originaires de Chicago et désormais basées à New York, incorporent une dose de soul à l’équation en gardant à l’esprit leur casquette de singer-songwriter.
Le samedi 31 octobre, la journée correspondra davantage aux rockeurs même si on gardera tout de même un œil sur le dancefloor via notamment The Avalanches dont le premier album, « Since I Left You », reste une référence du genre en termes de bric-à-brac samplé savamment orchestré. Les Australiens ont certes eu du mal à digérer son succès planétaire mais viennent tout de même de publier une quatrième plaque chez Modular, « No Bad Memories ». Une bonne occasion de vérifier ce qu’ils ont toujours dans le ventre.
Dans la même veine, les Londoniens de RIP Magic combinent le groove psychédélique de Primal Scream circa « Screamadelica » et les beats ravageurs de Working Men’s Club en mode vindicatif et théâtral. De son côté, Bothlane aka Alain Deval (le batteur de The Brums) maîtrise son kit bien plus qu’à la baguette, entre électro et techno percussive. Deux sets hypnotiques en perspective qui seront parfaitement complétés par le flow d’Antony Szmierek, quelque part entre The Streets et Kae Tempest sur une rythmique house.
Les guitares auront bien entendu leur place ce jour-là, entre le post-punk bourré de tension de Robber Robber, très Sprints au demeurant et celui des Australiens de Swapmeet dans la lignée de Wet Leg en moins poppy, auréolés du titre de Best Emergent Group au dernier SXSW d’Austin. Mais ceux qui risquent de tirer leur épingle du jeu se nomment Victoryland dont le rafraîchissant album « My Heart Is A Room With No Cameras In It » a collectionné les critiques dithyrambiques, entre Geese et Clap Your Hands Say Yeah. On jettera également une oreille attentive à la pop cinématographique de Konradsen qui rappelle les meilleurs moments de Lamb, celle éthérée et jazzy de Momoko Gill ou encore l’esprit psyché tranquille d’Hether (imaginez Mac DeMarco au micro de Tame Impala).
Déjà auteurs d’un intense set lors des Nuits Weekender inaugurales, les New Yorkais de Chanel Beads remettent le couvert cette année, auréolés d’un second album au titre similaire à celui du premier (« Your Day Will Come »). Entre mélodies hantées, atmosphères vaporeuses et structures expérimentales, l’aspect harmonieux reste prépondérant, à l’image de These New Puritans (présents au festival l’an dernier). Autre immanquables du jour, leurs compatriotes de ear qui viennent eux aussi de publier un deuxième opus, « Rumspringa », encensé par la presse spécialisée. Entre bedroom pop et rave-party, ses contours électroniques tantôt subtils tantôt marqués complémentent à merveille une voix étonamment imperturbable.
The Big Apple sera particulièrement bien représentée le jour de la Toussaint puisque l’électro minimale de Patch+ et la noise orchestrale mélancolique du producteur et multi-instrumentiste Kali Priya Flanagan aka Superfan complèteront le quota. De l’autre côté de l’Atlantique, la face ambiant drone trip-hopienne des Londoniens de feeo et celle, plus légère et colorée des Danois de A Good Year, vaudront également le coup d’oreille. Quant à la pop avant-gardiste savamment bricolée de Weed420 from Valencia, elle emmènera les spectateurs dans un trip envoûtant. Plus proche de nous, pointons la vision R&B alternative du singer-songwriter bruxellois Camille Keller et le projet solo électro de Lindy Versyck, la voix de Tje.
Les Nuits Weekender 2026 se dérouleront du vendredi 30 octobre au dimanche 1er novembre. Infos, tickets et affiche complète sur le site officiel de l’événement. N’hésitez pas à vous y rendre en train à tarif réduit via le code Bravo imprimé sur votre ticket en association avec la SNCB.
