The Devil Wears Prada enflamme le Kavka Zappa
Une fois n’est pas coutume, ce samedi soir (17 octobre) a été placé sous le signe du metalcore. Nos périgrinations musicales nous amènent pour l’occasion dans la très chouette salle Kavka Zappa à Anvers. Au programme, une affiche de choix pour les amateurs de metalcore qui ont sauté sur l’occasion puisque tous les tickets se sont vendus comme des petits pains, attirant un public venu d’Allemagne, du Luxembourg, de France et des quatre coins de la Belgique.
Pour ouvrir le bal, le groupe anglais Oversize, composé de Nick Nowack (voix), Lewis Lennane-Emm et Tazz Edwards (guitares), George Lewis (basse) et Sam Shutler (batterie) est venu régaler le public anversois à grands coups de nu-gaze. La setlist d’une demi-heure était composée essentiellement d’extraits du premier album du groupe, intitulé « Vital Signs » (2025) : « Are You With Me?« , « Fall Apart« , « Something Clean« , « Salt« , « Seperate » et « Daretomove« .
Une première partie très convaincante, avec un son massif et clair à la fois, créant des ambiances très immersives. Le chanteur assure au micro et le groupe est tout à fait en place, mais manque encore un peu de présence scénique à mon goût.
Arrive ensuite sur scène un groupe américain 156/Silence qui nous sert un menu beaucoup plus explosif. Depuis sa création en 2015, ce groupe de metalcore originaire de Pittsburg inonde la scène musicale avec une discographie comptant déjà six album à leur actif. Le dernier né, intitulé « From a Distance » est au centre de la setlist du jour. Sur la scène, la formation affiche une belle homogénéité grâce à la grande complémentarité entre Jimmy Howell (guitare et voix), Mike Ernst (basse et voix), Jack Murray (voix), Ryan Wilkinson (guitare et voix) et Kyle O’Connell (batterie).
Au menu, sept titre balancés comme autant d’upercuts : « Control Burns« , « No Arms« , « Swept From Under (Call of the Void)« , « Collateral« , « Product Placement« , « Sleep Spikes« , « Better Written Villain » et « Character Development (Cold Start)« . Des titres qui pulsent en irradiant la rage portée par la voix extrême et en diffusant des salves d’énergie brute vers le public qui adore ça !
Pour suivre, ce sont nos retrouvailles avec un groupe français qui nous avait beaucoup plus lors de son passage au Durbuy Rock plus tôt cette année. Je veux bien sûr parler des Novelists. Ce groupe réunit sous une même bannière des Parisiens et des Marseillais, ce qui doit donner des conversations orageuses quand on parle de foot. Mais pour la musique, ils s’entendent comme des larrons en foire. Emmené par les riffs des guitaristes Pierre Danel et Florestan Durand, le groupe propose un style à la fois technique et atmosphérique, mélange de metalcore et de post-rock avec un zeste de style urbain et d’envolées planantes. Après le départ du chanteur Tobias Rische en 2023, c’est Camille Contreras qui a pris la suite au micro, amenant un clair renouvellement dans la production musicale de la formation déjà habituée à innover toujours plus.
Au menu, une setlist très équilibrée qui séduit le public anversois peu avare en applaudissements: « All For Nothing« , « Prisoner« , « In Heaven« , « Say My Name« , « Mourning the Dawn« , « CRC« , « Ravage« , « Coda« et « Turn It Up (Keyboard Warriors Social Club) ». Une prestation époustouflante, encore meilleure que celle de Durbuy (qui était déjà d’un niveau supérieur à la moyenne). Preuve s’il en est que Novelists fait désormais partie des groupes incontournables de la scène metalcore internationale.
Et puis, le moment arriva de faire un petit séjour en enfer avec The Devil Wears Prada, groupe américain originaire de l’état d’Ohio. Créé en 2005, ce combo a acquis ses lettres de noblesse au fil des 9 albums que compte sa discographie. Aujourd’hui, ce vétéran de la scène metalcore international jouit d’une réputation énorme qui explique que le concert anversois se joue à gichets fermés. Et dès leur entrée en scène, les diaboliques incarnations de TDWP mettent tout le monde d’accord. La musique emporte la salle comme un raz de marée. Le public chante et danse à tue-tête. Le crowdsurfing passe en discipline olympique (j’ai compté entre 30 et 40 surfeurs rien que durant ce dernier set de la soirée!).
Jeremy DePoyster, l’ancien chanteur, assure aujourd’hui à guitare rythmique et les voix, en appui de Mike Hranica, le chanteur principal qui sert aussi de renfort guitaristique. À leurs côtés, Kyle Sipress assure la lead guitare et les choeurs, tandis que Jonathan Gering prend à son compte les claviers, sans oublier Giuseppe Capolupo derrière les fûts. Et tout ce petit monde assure la promotion de leur dernier-né, intitulé « Flowers » (2025). Le Zappa plein à craquer en demande toujours plus et les diabolique TDWP vont en donner au public pour son argent avec un magnifique set de 18 morceaux: « Where the Flowers Never Grow« , « So Low« , « Danger: Wildman« , « Watchtower« , « Salt« , « Broken« , « Everybody Knows« , « Outnumbered« , « Dogs Can Grow Beards All Over« , « Ritual« , « When You’re Gone« , « For You« , « Kansas« , « Dez Moines« , « Chemical« , « Sacrifice » puis en rappel « Play The Old Shit » et « Hey John, What’s Your Name Again? »
Quelle claque ! Les rythmes sont envoûtants, irrésistibles. Les tubes se succèdent à un rythme infernal. Le public est en effervescence, la communion musicale est intense. La température est presque aussi élevée que dans les forges de Vulcain, mais une chose est sûre: si c’est The Devil Wears Prada qui assure la programmation musicale en enfer, le public anversois optera pour la damnation éternelle! Et des légions entières de fans de metalcore suivront cet exemple.
Chronique: Hugues Timmermans
Photos: Hugues Timmermans
Facilitation presse: Kavka Zappa
