GLEN – It Was A Bright Cold Day In April
Référence donc à l’ouvrage de George Orwell, toute première phrase de son livre 1984, où ’les cloches sonnent les treize heures, lors d’une journée froide et lumineuse’…dans un monde dystopique…une défamiliarisation ! Un récit de fiction, une société imaginaire, un monde totalitaire, une dictature extrême, voilà résumé le contexte pour la conception de cet album, qui prend son envol au travers d’une composition peut-être mystérieuse, instrumentale, qui pose questions, et qui interpelle !
Le visuel en noir et blanc, renforce d’ailleurs l’intensité et la profondeur sonores, d’une musique aux frontières du progressif, du rock et du psychédélisme. Ce dernier aux accents contemporains, pourrait s’apparenter à une sorte de néo-krautrock, ou alors un rock alternatif moderne, sans oublier la coloration psychédélique due aux lignes d’orgue. Un rock qui associe des passages plus classiques, à des ouvertures plus aériennes et plus aventureuses, construisant ainsi une musique envoutante, qui emportera certains auditeurs, dès le début de cet album, car il a cette capacité de nous pousser à aller plus avant dans l’écoute ! Un rock où l’on décèlera des soupçons de post-rock, comme des effluves de space-rock, puisque guitares et claviers s’associent ici pour concevoir la base sonore des compositions. Notons encore que tout est joué avec finesse, où même les montées en puissance sont modérées, justement dans un soucis de conserver la maîtrise…et toujours ces effluves psychédéliques qui nous prennent au corps !
Toujours de longues compositions, dont le timing oscille entre 7 et près de 14 minutes, des morceaux élaborés et charpentés, qui démontrent un gros travail d’écriture d’autant plus, que le groupe mélange les styles et les courants, allant jusqu’au jazz-fusion, avec l’entrée en action du saxophone ! L’on verse donc aussi dans l’expérimental d’ailleurs, n’y sommes nous pas depuis le début, avec peut-être des envolées plus fortes, comme tous ces sons spatiaux…et psychédéliques ! Manifestement, le groupe s’est laissé aller à plus de liberté, « Brute Force » portant finalement bien son nom. Rock-psychédélique ou néo-krautrock si vous voulez, continuent de nous titiller les oreilles et surtout les neurones, pour nous faire basculer dans une sorte d’addiction sonore ! Difficile pour moi je l’avoue, de ne pas écouter toutes ces compositions alambiquées, qui louvoient entre les genres, et construisent une sorte de laboratoire sonique !
Et les cloches qui sonnent les treize heures en fin de course (sans compter sur deux bonus tracks, sur l’album physique), ouvrant à nouveau pour une composition mystère…
https://glen1.bandcamp.com/album/it-was-a-bright-cold-day-in-april
La formation allemande nous livre une expérience sonore atypique et complexe, qui s’articule autour d’une musique élaborée, instrumentale et peut-être psychologique. Grâce à un savant mélange de post-rock, krautrock, space-rock voire de rock-atmosphérique, Glen nous emporte l’esprit…vers une musique de la réflexion !
Line-up :
Wilhelm Stegmeier (guitare, piano, piano électrique, claviers, percussions, basse, contrebasse…)
Eleni Ampelakiotou (guitare, piano électrique, voix)
Roland Double Feinaeugle (basse)
Achim Faeber (batterie et percussions)
+ guests
Norbert Stammberger (saxophones bariton et soprano, programmations)
Kriton Beyer (daxophone)
Pays : DE
Kapitän Platte
Cargo Records/Tiger Records/Sonic Rendezvous/Differ-Ant/Irascible/Goodfellas
Sortie: 2026/02/20
