SAVAGE GRACE – Underworld
Depuis le début des années 2000, de nombreuses résurrections de héros déchus du Metal des Eighties ont fait le bonheur des nostalgiques que nous sommes. Nous pensons notamment aux retours très réussis de Satan, Hell, Cirith Ungol, Tygers Of Pan Tang, Diamond Head, Angelwitch ou, plus récemment, au comeback d’une fraction de nos Acid (sous le nom de Kate’s Acid) et Cyclone nationaux, pour ne citer que ceux qui nous viennent immédiatement à l’esprit.
Autant vous le dire tout de suite, le retour de Savage Grace ne nous laissera pas un souvenir aussi impérissable que ceux que nous venons de citer.
Formé à Los Angeles en 1981, Savage Grace a connu son heure de gloire dans la première moitié des Eighties avec son excellent EP « The Dominatress » (1983) et les deux albums qui l’ont suivi « Master Of Disguise » (1985) et « After The Fall From Grace » (1986). De nombreux changements de line-up et quelques EPs moins bien accueillis les années suivantes ont eu raison du groupe en 1992. Le guitariste Chris Logue, fondateur et unique membre permanent du groupe avait tenté un retour timide en 2010 avec un EP intitulé « The Lost Grace », puis était retourné en hibernation jusqu’en 2023, année durant laquelle il a publié un « Sign Of The Cross » pas franchement bien salué par la critique. Pas découragé pour autant, le guitariste remet aujourd’hui le couvert en publiant une toute nouvelle plaque intitulée « Underworld ».
Flanqué d’une cover on-ne-peut-plus-cheap (NDR : à l’époque ou n’importe quel boutonneux armé d’une IA peut vous sortir quelque chose de relativement convenable, même un budget limité n’excuse pas une telle horreur), l’album ne répond pas vraiment non plus aux espérances des amateurs du Power/Speed Metal classieux dont Savage Grace avait jadis fait sa marque de fabrique. Certes, les compositions sont toujours rapides et musclées, mais il leur manque le ‘petit quelque chose en plus’ qui avait fait de « Master Of Disguise » un grand album. Aucune d’entre elle ne sort vraiment du lot, et elles ne sont pas vraiment mises en valeur par la production. De plus, la plupart d’entre elles sont gâchées par le chant irritant de Sebastian Hauser (NDR : un mercenaire teuton au passé pas franchement remarquable) et les chœurs peu reluisants qui l’accompagnent. On en vient presque à regretter que Logue ne tienne pas lui-même le rôle du frontman, comme il l’avait déjà fait sur « After The Fall From Grace » en 1986.
En bref, si le héro des Eighties, a conservé une partie de sa sauvagerie, il a, en revanche, perdu toute sa grâce. Largement dépassé par la concurrence et les nouveaux venus, il devrait peut-être songer à raccrocher définitivement la guitare au râtelier (ou à s’entourer d’une meilleure équipe). Si vous n’êtes pas de notre avis (et rien ne vous oblige à l’être), « Underworld » sort le 23 octobre prochain aux formats CD et Vinyle coloré sur le label anglais Back On Black Records.
- “White Trash White Heat” (3:06)
- “Underworld” (3:17)
- “Three Ways To Heaven” (3:38)
- “Destiny Damour” (4:45)
- “Valley Of Fire” (3:27)
- “Way Back From Love” (3:38)
- “Bad Day In Hell” (4:13)
- “Have A Good Time All The Time” (0:33)
- “Hard Times In Hollywood” (3:45)
- “On The Run” (4:23)
- “Love Never Comes When You Want It” To (3:39)
- “Magic By Day Tricks By Night” (3:46)
Le groupe
- Sebastian Hauser – Chant
- Chris Logue – Guitare
- Marcus Dotta – Batterie
- Christian Blade – Basse
Pays: US
Label : Back On Black
Sortie: 2026/10/26
