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ORDEN OGAN – Gunmen

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C’est en 2008 qu’Orden Ogan commence à faire parler de lui avec la sortie de son excellent deuxième album « Vale » qui fit sensation auprès des aficionados de Power Metal mélodique et symphonique.

Deux ans plus tard, le groupe allemand propose un vrai petit chef-d’œuvre, « Easton Hope », habile mélange de mélodies folk, Power metal, Heavy Speed et orchestrations symphoniques. Si l’ombre de leurs compatriotes Blind Guardian est bien présente, il n’est jamais question de plagiat tant le talent de composition et de production de Sebastien « Seeb » Levermann, le cerveau du groupe, lui confère un cachet assez personnel. « ToThe End » en 2012 fait office de confirmation qu’Orden Ogan joue dans la cour des grands, suivi de « Ravenhead » en 2015. Ce dernier, plus direct et malgré une percée dans les charts allemands (16e position), souffre de petits défauts notamment le chant principal noyé dans une production un peu trop grandiloquente.

Après un beau cadeau pour les fans en 2016 sous forme de coffret compilation/live (« The Book Of Ogan »), le combo teuton revient avec son nouvel opus « Gunmen » dont la pochette, très réussie, met une nouvelle fois à l’honneur la mascotte du groupeAllister Vale.

A la vue de cette dernière, on devine un décor Far West américain. C’est bel et bien dans un univers Western fantastique que nous emmène Orden Ogan tout au long de son 6e album, sans toutefois tomber dans le piège risqué du concept-album.

Contrairement à ses habitudes et comme pour se démarquer d’une espèce de « tradition » récurrente dans ce genre musical, nos sympathiques guerriers germaniques entrent dans le vif du sujet sans intro ! Choix judicieux, d’autant plus que les intros dans le Metal symphonique (power ou pas) s’étalent sur plusieurs minutes en plus d’être souvent enrichies d’orchestrations pompeuses à souhait. Or, la musique d’Orden Ogan ne manque pas d’orchestrations et cet album ne déroge pas à la règle.

C’est donc avec « Gunman » et ses cuivres sur un tempo lourd et menaçant que démarre notre voyage dans l’univers « Wild West » imaginé par Seeb. Mais dès que le batteur Dirk Meyer-Berhorn accélère le tempo sur les couplets, on entre dans une autre dimension. Le son des guitares est travaillé et percutant, la basse audible malgré la richesse de la production de Levermann (Seeb est aussi excellent producteur) et les chœurs sont juste… énormes de grandiloquence. S’il y a bien un domaine dans lequel excelle Orden Ogan, c’est la qualité des refrains de ses morceaux. Que ce soit le mélancolique et plus mid-tempo « Fields Of Sorrow » , l’entraînant « Vampire In Ghost Town » ou le plus heavy « Ashen Rain » (et j’aurais pu tous les citer), les refrains vous pilonnent le cerveau tels des hymnes puissants renforcés par l’effet bombastique des orchestrations et des chœurs. On est quelques fois au bord de l’overdose, mais c’est tellement bien fait qu’on en redemande.

Sur « Ashen Rain » ou « The Face Of Silence » on peut aisément faire le parallèle avec le style de refrains que l’on retrouve dans certains titres d’Epica.

Seeb a aussi gommé les petits défauts présents sur « Ravenhead ». On ne ressent plus cette forme de lassitude car les titres sont un peu moins directs et surtout plus travaillés sur « Gunmen ». Tout comme la voix principale qui est un peu mieux mise en avant. Ici et là on retrouve évidemment ces petites mélodies teintées de folk qui ont fait la renommée du groupe, mais c’est surtout le remarquable effort de composition au niveau des guitares qui fait la différence. Les soli sont élaborés et avant tout efficaces, même si parfois assez techniques et parsemés de petites touches originales. Ils se fondent à merveille dans chaque break ou interlude musical. Le meilleur exemple étant « Forlorn And Forsaken » où les guitares se répondent en harmonies à la manière d’Iron Maiden.

Ce côté épique est présent tout au long de l’album, de même que la bastonnade et les blasts beats de Dirk Meyer-Berhorn comme pour renforcer de façon brutale la puissance d’un impact pourtant déjà important au niveau de la qualité des compostions. Je trouve d’ailleurs personnellement qu’il en fait un peu trop et que la double pédale n’est pas toujours nécessaire, mais je chipote…

Et même lorsque la délicieuse Liv Kristine (ex-Leaves’ Eyes) vient poser sa douce voix sur « Come With Me To The Other Side », il ne s’agit pas de la traditionnelle ballade attendue. Il n’y en a d’ailleurs pas.

Le final est dantesque avec « One Last Chance » et son refrain (et oui encore…) taillé pour le live et surtout « Finis Coronat Opus » à la saveur très progressive qui nous plonge dans un tourbillon d’émotions pour se terminer en beauté et dans le calme.

A n’en point douter Orden Ogan nous livre une de ses meilleures réalisations, pas loin de rivaliser avec le fabuleux « Easton Hope ». Si vous n’êtes pas allergiques aux chœurs superposés lors des refrains, procurez-vous sans attendre ce « Gunmen » qui est tout simplement un des meilleurs albums de Power Metal mélodique sortis ces dernières années. A se demander pourquoi ce groupe qui désormais se démarque avec personnalité n’est pas plus populaire hors de son Allemagne natale… On ne peut que lui souhaiter enfin un vrai succès international, il le mérite !

Liste des morceaux :

  1. Gunman
  2. Fields Of Sorrow
  3. Forlorn And Forsaken
  4. Vampire In Ghost Town
  5. Come With Me To The Other Side
  6. The Face Of Silence
  7. Ashen Rain
  8. Down Here (Wanted: Dead Or Alive)
  9. One Last Chance
  10. Finis Coronat Opus

Pays: GER
AFM Records
Sortie: 2017/07/07

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