TOKYO BLADE – Knights Of The Blade (4 Disc Box Set)
Je ne sais pas vraiment comment mes collègues François, Philippe, Hugues et les autres attribuent les cotes de leurs chroniques. Je suppose que chacun a sa propre méthode. Dans sa grande bonté, JP, le créateur de notre site (aujourd’hui parti couler des jours heureux loin de son clavier magique), nous avait donné quelques lignes directrices : 1/10 pour un album médiocre à éviter à tout prix, 5/10 pour un album moyen, 8/10 pour un très bon album et 10/10, pour un chef d’œuvre à emporter sur une île déserte. Les notions de ‘médiocrité’ et de chef d »oeuvre’ étant relatives (en fonction des goûts musicaux de chacun), j’ai adopté un système personnel correspondant au plaisir que me procure l’album que l’on m’a demandé de chroniquer. J’ai élaboré une échelle rigoureuse allant de 1/10 : je m’emmerde au point de songer à télécharger l’intégrale des émissions télévisées de Michel Drucker de 1948 à nos jours à 10/10 : je renonce à une nuit de triolisme avec Simone Simmons et Alissa White-Gluz pour réécouter l’album en boucle.
Depuis deux semaines, je passe mes soirées à repousser les avances de la flamboyante diva batave et de la fée bleue canadienne afin de pouvoir profiter pleinement du coffret quatre CD « Knights Of The Blade » qui m’a été généreusement envoyé par le label anglais Cherry Red Records. Comment ne pas succomber au charme de cette quadruple compilation réunissant la pluparts des enregistrements réalisés par les anglais de Tokyo Blade entre 1983 et 1986. Au total, trois albums incontournables : « Tokyo Blade » (1983), « Night Of The Blade » (1984) et « Blackhearts & Jaded Spades » (1985) et de nombreux singles et EP rares (« Powergame » (single 1983), « Lightning Strikes » (EP, 1984), « Midnight Rendezvous » (EP, 1984), « Madame Guillotine » (EP, 1985), « The Cave Sessions » (Bootleg studio, 1985) et « Undercover Honeymoon » (EP, 1985)) pour près de trois heures et vingt minutes jouissives de New Wave Of British Heavy Metal !
Formé à Salisbury, au tout début des Eighties, par trois amis d’école (le guitariste Andy Boulton, le bassite Andy Robbins et le batteur Steve Pierce), rapidement rejoints par deux membres du groupe local Genghis Khan (Alan Marsh au chant et Ray Dismore à la guitare), le groupe s’est d’abord appelé Killer avant de reprendre le nom de Gengis Khan pour l’abandonner quelques temps plus tard (suite à un désaccord avec les ex-membres du Gengis Khan original) au profit de Tokyo Blade.
Intitulé simplement « Tokyo Blade », le premier album du quintette est très inspiré par le style de pointures de l’époque. On y retrouve des bribes du style d’Iron Maiden, d’Angel Witch, des Tygers Of Pan Tang et de Diamond Head. C’est un album Heavy Metal pur et dur. Bien que collant parfaitement au style, le chant d’Alan Marsh ne sort toutefois pas assez du lot pour permettre au groupe de se distinguer de la masse grouillante des formations de l’époque. Truffé de riffs assassins et de soli de guitares jumelles, c’est sans doute l’album le plus typé NWOBHM de la discographie du groupe. On y retrouve quelques un de ses plus grands classiques comme « If Heaven Is Hell » et son refrain inoubliable, « Sunrise In Tokyo » et son riff assassin ou encore « On Through The Night » et son duel de guitares mémorable. A titre personnel, mon album préféré.
Après avoir remplacé Alan Marsh au pied levé, quelques heures à peine avant le départ pour une tournée européenne en support des Mama’s Boys, le vocaliste Vic Wright se voit intégré au groupe de manière officielle en 1984. Marsh, qui n’était pas vraiment apprécié par le label Powerstation Records (NDR : qui se chargeait des affaires du groupe a l’époque) aurait été dirigé vers la sortie sans heurts ni disputes. Contrairement à son prédécesseur, Vic Wright possède un timbre de voix unique qui apporte à Tokyo Blade une véritable identité. Les vocaux de l’album « Night Of The Blade », qui avaient déjà été mis en boite par Marsh sont donc réenregistrés et l’album est un véritable succès. Inspiré, sans doute, par le succès commercial du « Pyromania » de Def Leppard, Tokyo Blade propose ici neuf compositions de niveau supérieur, dans un style toujours Metal, mais légèrement plus Rock et plus accrocheur que ne l’était son premier opus. Chaque titre est une pépite, chaque refrain est un hymne. A coup sur, l’album le plus réussi du quintette britannique.
Troisième CD du coffret et troisième album du groupe, « Blackhearts & Jaded Spades » marque malheureusement le déclin de la carrière de Tokyo Blade. En 1985, abandonné par son label, le groupe publie son nouvel album de manière indépendante. Manifestement attiré par les spotlights du nouveau continent, le groupe abandonne le Heavy Metal pur et dur au profit d’un Hard/Glam Rock plus proche du style de Motley Crüe et Def Leppard que de celui d’ Iron Maiden et Judas Priest. Bien que d’excellente qualité, l’album déçoit les fans de la première heure, sans pour autant convaincre les le public américain. Si le succès, à l’époque, n’est pas vraiment au rendez-vous, l’album s’écoute et se redécouvre aujourd’hui avec un certain plaisir. Bien sur, les refrains sont un peu trop accrocheurs pour être vraiment honnêtes mais la musique n’est pas aussi vendue au diable yankee que ce que l’on nous avait dit à l’époque. L’opus marque quand même la fin du groupe, et ce, même si le guitariste Andy Boulton à continué à publier des albums avec des musiciens différents sous le nom de Tokyo Blade jusqu’en 1998. Pour la petite histoire, Vic Wright a connu un certain succès avec le groupe américain Johnny Crash dont l’album « Neighbourhood Threat », sorti en 1990 était une petite pépite de Hard Rock AC/DCien. Depuis 2011, Boulton est parvenu à convaicre quelques membres originaux de reprendre la route… Nous attendons son retour en Belgique avec impatience !
Le quatrième CD est probablement le plus intéressant du lot puisqu’il réunit, sur une seule plaque, une superbe collection de singles rares et d’EP légendaires difficiles à trouver de nos jours. 75 minutes de bonheur à lui tout seul !
« Knights Of The Blade » est présenté dans un boitier regroupant les quatre CDs, emballés séparément dans des pochettes cartonnées et agrémentés d’un livret de 16 pages dans lequel le journaliste anglais John Tucker, spécialiste de la NWOBHM, retrace en détail l’histoire du groupe de sa création à son déclin.
L’outil idéal pour découvrir le groupe, ou pour se remémorer les bons moments qu’il vous a fait passer au début des eighties. Indispensable !
Petit message perso pour terminer : Alissa et Simone, revenez demain. Je dois chroniquer l’album d’un groupe Pop/Punk autrichien… On aura tout le temps de se faire un Champs Elysées ou un Vivement Dimanche !
CD 1 (43’52) :
« Tokyo Blade » (1983)
- Powergame (3’43)
- Break The Chains (5’02)
- If Heaven Is Hell (5’54)
- On Through The Night (7’16)
- Killer City (5’42)
- Liar (5’30)
- Tonight (3’54)
- Sunrise In Tokyo (5’38)
- Blue Ridge Mountains Of Virginia (1’13)
CD 2 (34’47) :
« Night Of The Blade » (1984)
- Someone To Love (3’41)
- Night Of The Blade (4’02)
- Rock Me To The Limit (4’54)
- Warrior Of The Rising Sun (5’25)
- Unleash The Beast (4’32)
- Lovestruck (3’47)
- Dead Of The Night (3’55)
- Lightning Strikes (Straight Through The Heart) (4’31)
CD 3 (44’28) :
« Blackhearts And Jaded Spades » (1985)
- Dirty Faced Angels (3’27)
- Make It Thought The Night (4’00)
- Always (3’33)
- Loving You Is An Easy Thing To Do (3’10)
- Undercover Honeymoon (4’16)
- You Are The Heart (4’58)
- Blackhearts And Jaded Spades (3’58)
- Tough Guys Tumble (3’29)
- Dancing In Blue Moonlight (4’23)
- Playroom Of Poison Dreams (5’21)
- Monkeys Blood (3’53)
CD 4 :
« Singles & EPs » (3’47) :
- Powergame (3’35)
- Death On Mainstreet (3’27)
- Fever (3’27)
- Attack Attack (3’36)
- Madame Guillotine (4’40)
- Breakout (3’42)
- Lovestruck (3’43)
- Midnight Rendezvous (3’22)
- Mean Streak (4’44)
- If Heaven Is Hell (6’00)
- Highway Passion (4’24)
- Shadows Of Insanity (4’52)
- School House Is Burning (4’01)
- Jezzabel (3’12)
- Monkey’s Blood (3’38)
- Undercover Honeymoon (3’45)
- Playroom Of Poison Dreams (5’09)
- Stealing The Thief (3’20)
- Bottom End (1’43)
Le groupe :
- Andy Boulton : Guitares (CD 1, CD 2, CD 3)
- Steve Pierce : Batterie (CD 1, CD 2, CD 3)
- John Wiggins : Guitares (CD 1, CD 2, CD 3)
- Alan Marsh : Chant (CD 1)
- Andy Robbins : Basse (CD 1)
- Ray Dismore : Guitares (CD 1)
- Andy Wrighton : Basse (CD 2, CD 3)
- Vic Wright : Chant (CD 2, CD 3)
Pays: GB
Cherry Red Records HNEBOX080
Sortie: 2017/02/24