MOTIS – Josquin Messonnier
C’est le chanteur, compositeur et multi-instrumentiste Emmanuel Tissot qui est ici le fil conducteur et créateur de ce projet avec un artiste qui dès ces débuts, brasse manifestement beaucoup d’influences musicales où rock progressif, jazz et chansons françaises se marient dans un tourbillon de notes. Pour la suite de sa carrière, l’artiste se tourne vers le médiéval, l’ethnique et le traditionnel avec de vrais concept-albums comme ceux sortis depuis 2000 et qui développent un rock progressif médiéval où, la littérature, la poésie et les mythes du Moyen Age forment le décor des textes qui accompagnent le travail musical. Un travail de qualité qui le mène à approcher les pères du rock progressif de l’Hexagone comme Ange et Gens de La Lune ! 2014 est donc l’année d’une nouvelle aventure qui conte l’histoire d’un personnage imaginaire Josquin Messonnier depuis sa naissance jusqu’à sa vie d’adulte. Parcours initiatique donc avec comme compagnons de route, Martial Baudoin pour les différentes basses et Tony Carvalho pour la batterie et le vibraphone. Sont invités au chant André Balzer et Delphine Tissot et pour l’illustration du livret, c’est David Chazelet qui s’y colle. Pour ce qui est du maitre de cérémonie, il endosse à lui tout seul le chant, l’orgue Hammond, le bouzouki électronique (instrument très connu en Grèce) et évidemment, l’écriture et la composition.
Nous voilà donc près pour ce voyage qui ne manquera pas de vous plaire. Si les parties chantées nous ramènent immanquablement vers le travail des frères Decamps mais aussi vers des groupes comme Nemo ou Lazuli, les parties plus instrumentales nous rappellent de grandes figures du rock progressif anglais. Le travail remarquable aux orgues du chef d’orchestre, est un vibrant hommage aux solos du grand Tony Banks de Genesis ! Martial et Tony abattent eux-aussi leurs cartes gagnantes avec un résultat qui frôle les grands des seventies et ceux de la scène néo-progressive ! Niveau musical fort proche du dernier Nemo avec bien sûr, une démarche au niveau du chant plus spécifique et plus théâtral. Concernant ce dernier, on pense à Francis Decamps avec un Emmanuel inspiré qui nous décrit des scènes de la vie avec un réalisme déconcertant. L’émotion fait également partie de ce qui caractérise les parties vocales avec un aboutissement qui force l’auditeur à s’imprégner dans l’histoire.
Voilà encore une belle réalisation de la scène progressive française dont il faudra tenir compte. Voyage des plus intéressants où l’auditeur se doit de suivre les paroles de cette histoire mais aussi, les beaux développés sonores qui égrènent cette œuvre. Bravo l’artiste !
Pays: FR
Musea Parallèle MP 3289
Sortie: 2014/06/06