TJOLAND, Alex BAND – Silent revelry
Voici le genre de groupe que seuls les Américains peuvent vraiment comprendre. L’Alex Tjoland Band est un groupe de rock chrétien originaire de Géorgie, dans le sud des États-Unis. La Bible Belt, les rednecks bigots, les églises méthodistes : ces choses-là sont bien étrangères à la vieille Europe qui se repent toujours pour les croisades et dont les églises sont aussi pleines qu’un oued saharien en plein mois d’août.
Cela n’enlève rien aux qualités musicales de l’Alex Tjoland Band, qui est formé en 2006 par un tout jeune Alex Tjoland, batteur de treize ans qui veut échapper à une Amérique en perdition en retrouvant quelques vertus spirituelles par la musique. Alex est rejoint par son frère Erik Tjoland à la basse, Bo Sammons (guitare), puis Rachel Elkins, une chanteuse à la voix phénoménale. La formation est tout à fait au complet quand elle est rejointe par Delisa Kyser, une claviériste d’exception.
C’est ce noyau qui évolue le long des deux albums « Shot at redemption » (2011) et « Silent revelry » (2012), réalisés jusqu’à présent. Le deuxième album est arrivé sur notre table une bonne année après sa réalisation mais la période de Noël qui s’annonce sera le moment idéal pour déguster ce « Silent revelry » entre la dinde et la bûche. Car cet album contient tout ce qu’il faut de chants de Noël (une reprise de « Silent night », « Surf’s up, Santa Claus ») et d’hymnes religieux (« Silent revelry », « God in us, Emmanuel », « An angel said to Mary ») pour célébrer le petit Jésus et chantonner benoitement devant la crèche. Les musiciens affublés de bonnets de Père Noël et affichant des sourires idiots sur le verso de la pochette sont là pour enfoncer encore plus le clou sur la question.
En voyant arriver ce genre de chose, les black métalleux satanistes se sont bardés de crucifix retournés et se sont jetés par la fenêtre, les punkers sont retournés dans leur cave et la plupart des êtres normalement constitués ont sorti les flingues des râteliers en vue de dégommer ce qui s’annonce logiquement comme indigeste. Mais il faut quand même admettre que l’Alex Tjoland Band sauve sa peau en fournissant un disque qui a ses moments. La reprise de « Silent night », avec sa guitare sèche et la belle voix de Rachel Elkins, est tout à fait digne d’écoute. On remarque aussi les grosses guitares sur « Blind man », qui débute une série de morceaux qui vont subir une alternance entre douceur quelque peu mielleuse (« Silent revelry », « An angel said to Mary », « The picture of you ») et postures folk rock plus convaincantes (« God in us, Emmanuel », « Precious things », « Mercy »).
Bref, c’est moins pire que ce que ça aurait pu être mais il n’y a pas non plus de quoi hurler au génie. Compétent et sympathique, pour ceux qui aiment les bondieuseries rock ‘n’ roll. Ne jetez pas encore votre 45 tours de « Merry Christmas everybody » de Slade, il n’est toujours pas surclassé.
Pays: US
Autoproduction
Sortie: 2012
