MURDOCK, Mark – Cymbalic Encounters
Originaire de Phoenix en Arizona, Mark Murdock est très tôt passionné par le Jazz-Rock. Peu connu, il a pourtant travaillé dans les années nonante avec le guitariste Peter Banks (Yes, Flash) et avec des membres de Brand X, groupe qu’il avait rencontré une première fois en studio à Londres lors de l’enregistrement de leur premier album.
Pour ce nouveau projet, l’homme s’est entouré de deux des membres historiques de Brand X, tant pour l’interprétation que pour la composition du répertoire. Quelques invités de calibre, dont David Sancious (Jack Bruce Band, Bruce Springteen, Eric Clapton), Ryo Okumoto (Spock’s Beard, GPS) et Kenwood Dennard (Brand X, Pat Martino, Jaco Pastorius, Stanley Jordan), ont amené leur savoir-faire particulier.
« Cymbalic Encounters » génère un sentiment étrange. La tonalité générale de l’ensemble, les effets électroniques rappellent souvent le début des années quatre-vingt. Todd Rundgren, Brand X et Pierre Moerlen viennent souvent en mémoire. Instrumentalement, l’interprétation ne souffre aucun reproche. Percy Jones montre une fois de plus qu’il est un bassiste d’exception, brillant au niveau technique, inventif, puissant, hypnotique, voltigeur et toujours très présent. Du même gabarit, son vieil ami, le guitariste John Goodsall, se signale autant par de fantastiques envolées en solo que par un fin travail d’orfèvre en rythmique. Il semble d’ailleurs apprécier ce second rôle, laissant à un autre soliste le soin d’enflammer l’atmosphère sur quelques titres. Comme à l’habitude, ces deux artistes produisent un Jazz-Rock typiquement anglais, au croisement de Nucleus et Soft Machine, avec une pointe parfois Funky dans la rythmique. Quant au leader, il assure les percussions avec brio et caractère, plaçant çà et là avec une évidente facilité la petite touche assassine. Par contre, au chant où il manie volontiers écho et sourdine, il peine parfois à convaincre. La seule exception, incroyable, se nomme « Artificial Society », le meilleur titre de l’album, mélodique et rythmé. Chacun y paraît au sommet de son inspiration. Parmi les autres réussites marquantes, on peut citer « Cymbalic Encounters », « Kaite Zushi » avec l’apport décisif du moog de Ryo Okumoto, et « Illusion Nation », finement construit, joué avec deux basses et truffé de solos de guitares.
En conclusion, la performance et le talent de Percy Jones et John Goodsall méritent à eux seuls le détour. L’atmosphère parfois vieillotte et le chant, présent pourtant sur quelques titres seulement, affaiblissent parfois l’ensemble.
Les titres (66’21) :
- Goodsall Funk Railroad/Ballad of Percy Jones (Murdock/Jones/Goodsall)(4’59)
- Cymbalic Encounters (Murdock/Jones/Goodsall)(4’09)
- Revert to my Senses (Jones/Murdock)(6’04)
- The Manufacturers (Murdock/Jones/Goodsall)(5’15)
- Until the Sun Is No Longer (Murdock/Jones/Goodsall)(4’54)
- Meridian Fault Line (Murdock/Jones/Goodsall)(5’28)
- Philosophically Sound (Jones/Murdock)(4’52)
- Sunning Hill (Jones/Murdock)(4’05)
- Illusion Nation (Murdock/Jones/Goodsall)(6’51)
- Kaiten Zushi (Murdock)(4’24)
- Unauthorized Recordings (Murdock/Jones/Goodsall)(2’15)
- Artificial Society (Jones/Murdock)(4’12)
- Gyozaland (Murdock/Jones/Goodsall)(4’49)
- Waters of Marsh Harbour (Sancious/Murdock)(4’04)
Les interprètes :
- Mark Murdock : Batterie, Gongs, Synthétiseurs, Piano, Fréquenceur & Chant
- Percy Jones : Basse & Synthétiseurs
- John Goodsall : Guitare
+ - Joe Berger : Guitare Lead (3, 4, 6, 13)
- Ken Hall : Guitare Rythmique (3)
- Ryo Okumoto : Moog Synthétiseur (10)
- David Sancious : Piano & Synthétiseurs (14)
- Dave Juteau : Basse (9)
- Kenwood Dennard : Batterie électronique (11)
Pays: US
Mark Murdock
Sortie: 2013