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COLOUR HAZE – She said

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« She said » est le dixième album de Colour Haze, une des plus sûres et valeureuses formations allemandes officiant dans le genre stoner et rock psychédélique lourd. Dix albums pour un groupe de stoner, ce n’est pas rien, seul Fu Manchu et ses 22 ans d’existence peut s’enorgueillir d’un résultat similaire, Monster Magnet n’arrivant qu’à sept albums.

Pour avoir pu réaliser dix albums, il faut bien entendu quelques années d’expérience et de la ténacité mais ça tombe bien, Colour Haze possède tout cela. Fondé en 1994 à Munich par le guitariste Stefan Koglek, Colour Haze a connu peu de changement de personnel, la formation étant stabilisée depuis 1998 avec l’arrivée de Philipp Rasthofer (basse) et Manfred Merwald (batterie). Très vite, le groupe sort un premier album « Chopping machine » en 1995, premier d’une longue lignée qui va intervenir régulièrement au fur et à mesure que le stoner grappille peu à peu la reconnaissance qui lui est due dans les milieux spécialisés : « Seven » (1998), « Periscope » (1999), « CO² » (2000), « Ewige blumenkraft » (2001), « Los sounds de Krauts » (2003), « Colour Haze » (2004), « Tempel«  (2006), « All«  (2008) et enfin « She said » en 2012.

On remarque que quatre ans se sont écoulés entre l’avant-dernier et le dernier album. Il y a là aussi une explication : les hommes de Colour Haze ont voulu réaliser un album ambitieux et fertile, marqué par une certaine malchance qui en a retardé la sortie. Oh, rassurez-vous, il n’ y a pas eu mort d’homme mais simplement des défauts dans l’enregistrement d’origine qui ont obligé le groupe a repartir de zéro et tout réenregistrer. Le studio munichois du groupe a été bien occupé entre novembre 2010 et juillet 2012, où se sont succédé les opérations d’enregistrement et de mixage, avec au chevet de l’enfant à naître une pléthore de techniciens : Roman Bichler, Tim Höfer (par ailleurs ancien batteur du groupe), Marco Naumann, Charlie Bohaimid ou Willi Dammeier.

Toute cette attente n’aura pas été vaine puisque le résultat final se révèle tout à fait à la hauteur des attentes. Colour Haze n’édite pas ici un seul disque mais un double album qui regorge de morceaux longs et parfaitement sidérants. Pour résumer, on dira que le premier disque (trois titres, dont deux de plus d’un quart d’heure) est le plus audacieux et le plus riche en extraordinaires montées d’adrénaline psychédélico-électriques. Le second album, pas médiocre pour autant, bien au contraire, est un peu plus dans les clous mais possède aussi de quoi faire rêver.

Sur « She said », Colour Haze privilégie les longues pérégrinations à la guitare, posant doucement les ambiances au départ pour les faire monter peu à peu en puissance. De l’ensemble, c’est incontestablement « She said » et « Transformation » qui tirent leur épingle du jeu, avec des atmosphères variées allant puiser leur inspiration dans les riffs bruts du stoner et réverbérant sur des climats santanesques tout à fait bienvenus. On retrouve bien entendu le style Colour Haze qui ne provoque pas de révolution dans son style avec ce nouvel album, mais place encore une fois la barre toujours plus haute dans la qualité de son écriture, sa rigueur rythmique et l’ampleur des solos de guitare. Où s’arrêteront-ils ? Sur Saturne, probablement.

Pays: DE
Elektrohasch 007
Sortie: 2012/10/05

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