HICKEY UNDERWORLD (The) – I’m under the house, I’m dying
The Hickey Underworld, groupe anversois à l’électricité bienfaitrice, signe ici son deuxième album, qui fait suite au prometteur « The Hickey Underworld », sorti en 2009. En deux ans, Younes Faltakh (chant douloureux et guitare d’assaut), Jonas Govaerts (guitare de campagne), Georgios Tsakiridis (basse sinueuse) et Jimmy Wouters (batterie en danger) ont eu le temps d’usiner leurs premières chansons en concert et de préparer une succession digne de ce nom avec onze nouveaux titres prêts à déverser des kilowatts fumants et irradiés en quantité.
On commence à bien connaître ce groupe et ses crispations de guitare, ses élans rythmiques rageurs et son rock punk hardcore et pop à la fois. Avec « I’m under the house, I’m dying », le quatuor flamand affine les propos mais ne perd rien de son énergie primale. L’inquiétude paraît dès la couverture de l’album, festive et malsaine à souhait, semblant sortir d’une peinture de James Ensor. Et tout se déclenche dès le premier morceau, qui sert d’introduction à une phase apéritive faite de tension et de hurlements (« Untitled »), de guitare en roue libre sur des breaks hargneux et mélodiques (« Whistling »), de binaire dansant soumis au ronflement rassurant de la basse (« Year of the rat ») ou de courts épisodes menaçants tout en voltage furieux (« Thierry »).
Tout cela n’était que de la mise en jambes au moment où on passe à la vitesse supérieure avec « The frog », encastré dans des ambiances serrées, avec un chant évasif qui invite à d’improbables voyages. Hickey Underworld rassemble ici les bonnes idées de ses quatre premiers morceaux pour concocter le meilleur titre de l’album. À moins que ce ne soit « Cold embrace », qui suit immédiatement avec son urgence intrinsèque et dramatique qui dégouline à chaque note, puis qui s’achève avec une coda spatiale qui chasse les étoiles.
Après un tel apogée, il semble que The Hickey Underworld ait tout donné. La deuxième moitié de l’album s’ouvre sur une calme ballade qui arrive à point pour se remettre de près de vingt minutes de tirs de barrage (« Martian’s cave »). La frénésie reprend sur « Overfiend », qui nous remet une ration salvatrice de chant éraillé, de rafales criardes de guitare et des ambiances à la Muse. Au cours de l’autre ballade « Pure hearts in mud », une guitare s’insinue à travers la mélancolie régnante et effectue de belles incursions isolées, façon commando. On retrouve de l’influence Muse sur « Space barrio », excité et dansant mais qui semble marquer le pas avant que « I’m under the house, I’m dying » ne vienne imposer un final de haute volée, urgent et agressif. The Hickey Underworld veut voir des têtes tomber et le crie par-dessus les toits.
Avec ce deuxième opus, The Hickey Underworld réalise une série de titres dont le marquage a été posé dès le début du disque. Ça a l’avantage de la cohésion, à défaut de prévoir un petit moment de folie qui aurait pu emmener les choses encore plus haut. C’est bien, pas forcément renversant, mais ça confirme l’indéniable progression de The Hickey Underworld, avec de nouvelles promesses pour l’album qui suivra.
Ceux qui ont laissé tourner le CD sur la platine ont pu entendre au bout de six minutes un morceau caché, instrumental idiot aux sonorités de feuilleton américain des années 80, ce qui ne rajoute rien au dossier. Je cherche à monter une association des ennemis des morceaux cachés. Si vous partagez cette préoccupation, rejoignez mon mouvement.
Pays: BE
Pias Recordings PIASB291CD
Sortie: 2012/02/13
