HENLEY, Thos – A Collection Of Early Recordings
La scène folk au sens large du terme n’a sans doute jamais été aussi prolifique. Le dernier artiste en date à se démarquer se nomme Thos Henley, un jeune anglais qui a fini par atterrir à Paris. Dans la grande tradition des troubadours, c’est sa guitare qui lui sert de gagne-pain et la littérature de passeport. L’an dernier, il se fait repérer par Jonathan Morali, le leader de Syd Matters, qui l’invite à assurer les premières parties de son groupe. Dans la foulée, il publie « Golden Europe », un EP en guise d’hommage appuyé au Vieux Continent qu’il arpente inlassablement et qui le passionne véritablement. Aujourd’hui, il arrive avec un premier album complet, « A Collection Of Early Recordings », promotionné d’une manière pour le moins originale puisqu’il a fait le tour des arrondissements de Paris à raison de deux concerts par jour, s’arrêtant dans un lieu atypique l’espace d’une vingtaine de minutes pour y jouer un set acoustique.
Cette collection de dix titres débute dans le calme et la sérénité avec « Darling You », qui nous permet de faire connaissance avec sa voix de narrateur et son univers teinté de romantisme. Bien plus qu’un homme et sa guitare, l’orchestration mise en place transforme ses comptines en récits captivants. Ainsi, l’orgue (ou sa déclinaison) amène une atmosphère délicieusement désuète (perceptible également sur « Another Brother »). Moins écorchée que Jeff Buckley, sa plume n’en demeure pas moins aussi élégante, comme l’illustre parfaitement le prenant « Balancing Books » et les enlevés (à leur manière en tout cas) « Can You Canoe? » et « Sweet Lime » un peu plus loin.
Assez bizarrement, la plage la plus folk de l’album, « So English », n’est pas forcément la plus intéressante. On lui préférera « Henrietta » et son petit clin d’œil en français dissimulé au milieu de la composition (« …when you were très fatiguée ») ou encore le très naturel « The Oldest Tree In Netley » que l’on dirait bricolé mais qui tient parfaitement la route. Cela dit, notre coup de cœur va à « Keeper Of My Breath », lorsque l’esprit gentiment rebelle du bonhomme succède à son calme olympien au moment où on l’attend le moins. Ce premier album donne en tout cas envie de découvrir davantage Thos Henley, surtout que son surnom de « nouveau petit prince du folk » lui a été décerné au terme de prestations scéniques intenses. En conséquence, il convient de surveiller les agendas des salles de concert…
Pays: GB
BS Records BSREC07
Sortie: 2011/04/18
