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AMBIVALENCE – Silicone Magic

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Voici le genre de disque qui me fout les boules au plus haut point puisqu’à un (important) détail près, je le trouve excellents. Ambivalence milite au sein de la scène death métal russe depuis une dizaine d’années déjà. Formé en 2001 dans la ville de Lviv (NDR : la plus grande ville de l’ouest de l’Ukraine), ce quintette brutal a pour particularité d’être mené par une six-cordiste aussi jolie que douée, Marina « Mary » Scherbakova. Le combo a publié, fin de l’année dernière, son troisième opus intitulé « Silicone Magic ». Une galette fumante qui, il faut bien le dire, est perturbante à bien des niveaux.

D’emblée, c’est la pochette de l’album qui interpelle. Conçue comme la couverture d’un magazine de mode, elle représente ce qui, au premier abord, semble être un joli mannequin blond participant à un défilé de mode, mais qui, à y regarder de plus près, est l’horrible montage du visage d’une créature de rêve sur le corps d’une dame beaucoup plus âgée tenant dans les mains une paire de prothèses mammaires en silicone. L’intérieur du livret est du même acabit : il présente, à la manière d’un mensuel pour dames, une collection de lingerie et d’accessoires en or allant du bracelet au bistouri chirurgical. L’artwork n’est cependant pas toujours aussi ‘glamour’ et les quelques photos prises en salle de chirurgie esthétique rappellent à ces dames qu’avoir une poitrine imposante coûte aussi le prix de la chair et du sang.

D’un point de vue musical, c’est la fête de l’étrange. Ambivalence combine métal extrême ultra technique, polyrythmies déroutantes, expérimentations free jazz, et ambiances synthético-spatio-psychédéliques envoûtantes. « Apathetic », le titre d’ouverture, est l’exemple parfait de ce que les Ukrainiens peuvent faire de mieux. Une intro de clavier cosmique, une section rythmique démonstrative (NDR : les incroyables parties de basse d’Armen « DeaZer » Oganesian illuminent d’ailleurs l’entièreté de l’album), une accélération brutale des cordes agrémentée de ‘délicats’ blast-beats, un break jazzy au piano (truffé de vocaux répugnants) et un amusant final au clavier. Un amalgame plutôt bizarroïde, je vous l’accorde, qui est cependant très représentatif du reste de l’album. Autant vous dire que si vous n’y accrochez pas dès le début, il est inutile de poursuivre votre écoute.

S’il est très intéressant au niveau musical, il est difficile de s’empêcher de penser que « Silicone Magic » aurait pu être carrément bon sans le chant irritant de Yurij Gusak. Le hurleur ukrainien, dont les vocaux gutturaux et caverneux sont grandement affectés par une articulation plus que boueuse (NDR : je doute personnellement que même les Russes arrivent à y comprendre quoi que ce soit), se lance à plusieurs reprises dans le rendu vocal de couinements porcins à la limite du ridicule. Suis-je le seul à me demander pourquoi certaines formations extrêmes tiennent absolument à ruiner de la sorte des albums qui, sans cela, auraient pu être excellents ? Il existe dans le monde de très bons vocalistes death métal. Celui-ci n’en est assurément pas un. Les compositions peu ordinaires d’Ambivalence mériteraient probablement mieux. Affaire à suivre.

Pays: RU
Gormageddon Productions / Stygian Crypt Steak 005
Sortie: 2010

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