ASYLUM ON THE HILL – Passage To The Puzzlefactory
Un son de six-cordes aussi profond que chez les désert-rockers de Kyuss et des allusions à peine dissimulées au Black Sabbath des seventies (NDR : le phrasé de Dave Angstrom, chant/guitare, sur le couplet de « I Got You » évoque Ozzy quand il interprète le classique « Symptoms Of The Universe » ; l’intro à la basse distordue de « Devil’s Disco Pt I et II » est calquée sur celle d’« Electric Funerals »), tout nous pousse à assimiler Asylum On The Hill à la mouvance Stoner Rock. L’affiliation à Kyuss n’est d’ailleurs pas si anodine, puisque Dave Angstrom est aussi le guitariste d’Hermano qui, comme chacun le sait, est le bébé de John Garcia, l’ancien vocaliste de Kyuss. Cependant, une écoute plus poussée de « Passage To The Puzzlefactory » révèle que cette formation basée à Lexington dans le Kentucky a bien d’autres choses à proposer qu’une relecture primaire d’un style déjà trop copié.
Le nom du groupe qui, semble-t-il, est inspiré de l’histoire véridique de la United States Narcotic Farm, un établissement pénitentiaire situé à Lexington qui, de 1935 à 1970, s’était spécialisé dans le traitement des addictions en tout genre et qui mélangeait aussi bien les détenus accros que les ‘curistes’ volontaires. Narco, c’était le sobriquet donné à cet hôpital un peu spécial par les habitants de Lexington, ferma ses portes au début des seventies, lorsque l’on découvrit que certains détenus étaient utilisés comme cobayes humains pour des expérimentations avant-gardistes en échange d’un accès à des narcotiques.
L’aventure Asylum On The Hill démarre en 2009 sous l’impulsion de quelques musiciens issus de la scène rock locale (Supafuzz, Rosie Rose, Lennon, The Dead Hours). Le son du groupe est unique. Il combine riffs massifs et textures multicouches complexes à des rythmiques monstrueuses. Comme ceux de l’établissement qui a inspiré le patronyme de leur combo, les quatre internes de l’asile de la colline font subir à leurs compositions de multiples expériences avant-gardistes, dont certaines, quasi contre nature, font pourtant avancer la science du rock. Une batterie sautillante inhabituelle et des vocaux déclamés en rythme qui ponctuent un riff cosmique ultra-heavy sur « Go Tell It On The Mountain », de l’accordéon et du banjo pour une ambiance de fête foraine sur « Some Kind Of Wonderful », une déflagration punk rock avec Danko Jones en invité de marque sur « Last Ride ». Les infractions au code de la bien séance stoner sont aussi nombreuses que jouissives.
L’heure et quatre minutes de « Passage To The Puzzlefactory » s’écoute d’une traite, avec un plaisir démesuré. Tout n’a pas encore été fait dans le cercle fermé du stoner, en voici la preuve incontestable. Dernier détail, la pochette de l’album est sublime.
Pays: US
Suburban BURBCD 068
Sortie: 2010/10/08