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APHRODITE’S CHILD – End of the World

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En mars 1968, Vangelis O. Papathanassiou (né en 1943), Demis Roussos (né en 1946) et Lucas Sideras quittent la Grèce pour Londres, déjà auréolés de succès dans leur pays. En fait, leur maison de disque, Philips Grèce, a conseillé ce départ, confiant dans leur potentiel de réussite à un échelon supérieur.

L’aventure débute mal. D’abord, le quatrième membre du quatuor, le guitariste Argyris « Silver » Koulouris, ne peut partir, convoqué par l’armée des Colonels pour effectuer son service militaire. Il ne les rejoindra qu’à la fin de l’épopée. Ensuite, refoulés à la frontière anglaise pour des questions de permis de travail, ils se retrouvent bloqués en France par les troubles de 1968. Pourtant, forts du soutien de Philips, ils ont immédiatement l’opportunité de démarrer une nouvelle carrière à partir de la France. Par facilité pour leur management, ils changent de nom : The Papathanassiou Set devient Aphrodite’s Child.

Autodidacte, compositeur prolifique, claviériste et percussionniste inspiré, passionné par le travail de studio et les techniques nouvelles, Vangelis se positionne dans les faits comme l’incontestable leader. De son côté, Demis apporte une voix exceptionnelle, un brin éraillée, étonnamment originale, avec laquelle il peut tout faire. Né à Alexandrie, ce Grec Egyptien a assimilé de nombreux aspects de la musique et des chants arabe, grec et oriental. Il tiendra aussi la basse tout au long de l’aventure, simplement parce que les circonstances le lui commandaient et que, de toute façon, sa solide formation musicale le lui permettait sans problème. Quant à Lucas Sideras, il amène un jeu diversifié, flamboyant si nécessaire, qui épouse parfaitement celui de Vangelis. La combinaison de ses talents constituera la recette magique de leur fulgurant succès. Boris Bergman est chargé de l’écriture des textes.

Dès mai 1968, ils sont prêts et cartonnent en Europe continentale avec le single « Rain & Tears ». Il leur donne une visibilité considérable. Les télévisions, les clubs et autres organisations se les arrachent. En octobre, ils confirment ce succès, dans une moindre mesure il est vrai, avec un autre simple, « End of the World ». Il sort en même temps que l’album du même nom.

Ces deux titres montrent la facette Pop du groupe : une Pop sophistiquée où une voix inimitable se retrouve mise en valeur par une panoplie de sonorités générées surtout par les claviers. Le grandiose, le léger et l’ancien se côtoient avec bonheur, tout comme le Psychédélisme ambiant et les consonances orientales. Il est surprenant que le brillant « The Valley of Sadness » n’ait pas bénéficié d’une mise en valeur équivalente de la part du management.

Face B du premier single, rapide et dynamique, « Don’t Try To Catch a River » donne un rôle important aux percussions. Le chant est tout aussi fantastique, mais dans un registre différent.

« Mister Thomas » se déroule comme un conte fantastique, raconté sur fond de musique de foire, avec orgue de barbarie et percussions basiques.

« The Grass Is No Green » est encore différent : psychédélique, flottant et oriental, … Excellent ! A l’écoute, une question se pose : Robert Plant et Led Zeppelin ne furent-ils pas influencés par ce titre ?

Rock et déchaîné, toujours psychédélique, « You Always Stand in My Way » sortira en face B du second single. C’est une petite merveille. Le chant est extrême, la basse effrénée, les percussions à la fois luxuriantes, étranges et étouffées, les claviers riches et semblant fuir sans cesse le thème initial.

« The Shepherd and the Moon » se fonde avec énergie sur une pléthore d’influences grecques, arabes et orientales, mêlée de psychédélisme.

L’histoire de « Day of the Fool » est celle d’une personne sombrant dans la folie. La musique et les atmosphères confirment le propos.

Les deux bonus sortiront uniquement sous forme de single en octobre 1968. Ils apparaissent un brin plus datés au niveau du son et des ambiances. Cependant, ils n’auraient pas dénoté sur l’album, particulièrement « The Other People ».

Calibré au départ pour le Marché du single, le trio ne rencontra pas un succès considérable avec cet album. En conséquence, dès le début des années septante, il fut difficile à trouver et le resta jusqu’à cette réédition particulièrement bienvenue.

Auprès de certains, le succès commercial d’Aphrodite’s Child a gêné. Ce fait ne peut occulter les qualités indiscutables de cet album et du suivant d’ailleurs. Cette musique était originale à l’époque. Elle a très bien vieilli. Les liens avec Procol Harum, les Moody Blues et même les Beatles ne se justifiaient pas plus que cela. Tout simplement parce que, Aphrodite’s Child, c’est du Vangelis, avec Demis Roussos. Un excellent mélange !

Les titres (66’48) :

  1. « End of the World » (3’17)
  2. « Don’t Try to Catch a River » (3’42)
  3. « Mister Thomas » (2’53)
  4. « Rain and Tears » (3’15)
  5. « The Grass Is No Green » (6’08)
  6. « Valley of Sadness » (3’16)
  7. « You Always Stand in my Way » (3’58)
  8. « The Shepherd and the Moon » (3’06)
  9. « Day of the Fool » (6’02)
    +

  10. « Plastics Nevermore » (2’34)
  11. « The Other People » (3’08)

Le groupe :

  • Vangelis O’ Papathanassiou : Claviers, Percussions, Vibraphone, Flûte, Compositions & Chant
  • Demis Roussos : Basse, Guitare, Bouzouki & Chant
  • Lucas Sideras : Batterie, Percussions, Guitare & Chant
    +

  • Claude Chauvet : Chœurs (1,4)

Pays: GB
Esoteric Recordings ECLEC2205
Sortie: 2010/06/28

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