HENSLEY, Ken – Eager to please
En 1975, Uriah Heep continue de glaner succès et fortune avec son album « Return to fantasy », qui marque cependant le début du déclin de l’inspiration du groupe. Dans cette tourmente partagée entre les albums et les tournées marathons, le claviériste Ken Hensley se tourne à nouveau vers lui-même pour composer et éditer son deuxième album solo, « Eager to please » qui sort, comme son prédécesseur « Proud words on a dusty shelf« sur le label Bronze, maison de disques d’Uriah Heep.
Sur ce nouvel album, Ken Hensley continue d’explorer les principes musicaux posés dans son premier album, avec davantage de cohérence et une ambiance un peu plus sombre, plus réfléchie. Il y a aussi plus de rock sur cet album, mis au point avec l’aide du bassiste Mark Clarke (ex-Colosseum, ex-Tempest et qui joua aussi dans Uriah Heep un court moment en 1971), du batteur Bugs Pemberton et du guitariste BJ Cole (spécialiste de la pedal steel). La présence de Mark Clarke est une émulation pour Ken Hensley, les deux hommes coopérant de très belle façon dans l’écriture des morceaux. Deux titres sont écrits par Mark Clarke, qui offre à Ken Hensley son « Stargazer », écrit à l’époque où Clarke officiait chez Tempest (dont l’excellent premier album contient aussi une version de ce titre).
Les morceaux sont donc plus cohérents et il règne une saine cohabitation entre les chansons rock (« Eager to please », « Stargazer », « Winter or summer », « In the morning ») et les ballades (« Secret », très proche du « Only women bleed » d’Alice Cooper, « Through the eyes of a child », « The house on the hill », « Longer shadows », « How shall I know »). On ne peut s’empêcher de repenser à Uriah Heep pour le style des compositions et l’ambiance générale du disque, bien que nous n’ayons pas vraiment affaire ici à du heavy rock.
Bronze Records édite en 45 tours la chanson « In the morning » avec en face B « Who will sing for you », qui ne figure pas sur l’album original. La réédition faite par Esoteric Recordings reprend ce titre en bonus, ce qui est une fort bonne chose puisque nous avons affaire à un petit morceau nerveux et bien électrique rappelant le meilleur d’Uriah Heep.
Ken Hensley quitte Uriah Heep en 1980 et commet un troisième album solo peu convaincant, « Free spirit ». On le retrouve ensuite dans des groupes comme Shotgun ou les sudistes de Blackfoot dans les années 80, avant qu’il ne se tourne vers une carrière de musicien de studio à Saint-Louis, Louisiane, où il réside encore de nos jours.
Pays: GB
Esoteric Recordings ECLEC 2181
Sortie: 2010/02/22
