SYZYGY – Realms of Eternity
Il aura fallu attendre cinq longues années pour que le groupe américain Syzygy donne une suite au très réussi « The Allegory of Light« . Depuis lors, aux trois musiciens de base est venu s’ajouter le bassiste Al Rolik. Syzygy est donc devenu un quatuor. Si sur le précédent opus Paul Baldassarre était le chanteur principal, cette fois ils ont fait appel à un invité de marque, Mark Boals , lequel a accompagné des gens comme Uli Jon Roth, Yngwie Malmsteen, Royal Hunt, Ring Of Fire et The Codex. Il illumine quatre des six titres de sa voix.
Syzygy s’améliore toujours, s’affirmant de plus en plus malgré des influences toujours bien ancrées. Si celle de ELP a quasi disparu, il reste celles de Yes et King Crimson, auxquels on ajoutera cette fois Genesis et les Flower Kings. Le côté sombre du chant de « Darkfield » est accompagné d’une partie musicale variée au style prog américain. Les synthés virevoltants de « Vanitas » sont imprégnés de King Crimson. Cet instrumental met en avant les ambiances claviers tissées par Sam Giunta, la guitare se faisant surtout rythmique. La batterie de Paul Mihacevich démontre ici tout son savoir-faire.
« Dreams » se la joue tout en légèreté. Normal pour des rêves. Ici, les voix prennent toute leur importance. Elles sont nombreuses, mais il faut aussi dire que tous les musiciens (excepté Giunta) font des backing vocals. Une petite touche ELP est présente dans les claviers. Il y a aussi une bonne partie du titre qui se veut instrumental, avec une guitare qui part dans un solo mirifique, de quoi peupler les rêves d’étoiles. La finale dévoilera son côté vocal façon Yes. Le chant de Paul berce alors « Echoes Remain », sa guitare est acoustique. Une flûte vient bercer l’ambiance feutrée de ce morceau intermédiaire.
« Dialectic » mélange les ambiances, claviers génésiens et voix Flower Kings par moments, le roi cramoisi à d’autres, sans compter des passages très jazz-rock. Enfin, une longue pièce, « The Sea », subdivisée en huit parties, clôture l’album. Près d’une demi-heure alternant moments instrumentaux et chantés. Les claviers ont parfois du Jordan Rudess dans les veines tant ils virevoltent (« Overture »). Le chant de Mark Boals illumine l’ensemble (« The Sea »). L’alternance des ambiances est un régal. Jethro Tull pointe son nez sur « The Morning Song », alors qu’ELP revient sur « Variations ». La basse d’Al Rolik sautille sur la finale alors que la guitare part dans un solo tortueux, soutenu par une batterie et des claviers très jazz-rock. Les voix viendront enfin s’élever dans des tons Neal Morse.
Cet album confirme tout le bien qu’on pensait de Syzygy qui cette fois encore a soigné le design de son livret, présenté sous la forme d’une feuille pliée en quatre. Ce design est aussi une continuité par rapport au précédent opus. Si vous aimez Yes, King Crimson, les Flower Kings ou Neal Morse, cet album va certainement vous plaire. Ne le manquez pas !
Pays: US
FHL Records 8 2777092786 9
Sortie: 2009/06
