NATIONAL HEALTH – National Health
Groupe de Canterbury de la seconde génération, National Health se forme officiellement en 1975. Il est voulu par les leaders de Hatfield and The North et Gilgamesh, et constitué majoritairement de leurs membres. En fait, à l’époque, les deux quatuors jouaient souvent ensemble. Tout au long de son existence, le groupe sera perturbé par l’instabilité chronique de son personnel, un public trop peu nombreux et l’arrivée du Punk.
Enregistré au printemps 1977, leur premier album ne sort qu’au début 1978. Au moment de sa parution, le guitariste Phil Lee (ex-Gilgamesh), le batteur Bill Bruford (ex-Yes, King Crimson) et le bassiste Mont Campbell (ex-Arzachel, Egg) ont déjà plié bagages. Alan Gowen (ex-Gilgamesh) et Amanda Parsons (ex-Hatfield and The North et Gilgamesh) sont en train de faire de même et n’apparaissent plus qu’en invité sur cet enregistrement. Ces départs successifs sont motivés par l’insatisfaction, le découragement ou, tout simplement, la volonté de s’exprimer en solo.
Artisans de l’union, les claviéristes Alan Gowen (ex-Gilgamesh) et Dave Stewart (ex-Arzachel, Egg, Khan, Hatfield and The North) se sont partagés le travail de composition. Le premier incarne la face la plus Jazz de l’ensemble et avoue progressivement rencontrer quelques difficultés avec certains choix plus Rock, Progressif et Space Rock du second. Pourtant, à l’écoute, ces difficultés ne ressortent pas. L’entente paraît harmonieuse. Leur complémentarité est idéale, malgré des sensibilités et des approches, à l’évidence, différentes. N’est-elle pas là leur richesse?
En dehors du rôle prédominant des claviéristes, la force du groupe réside aussi dans le talent des autres. A la guitare, Phil Miller (ex-Matching Mole, Hatfield and The North) évolue volontiers en retrait, en soutien des claviers. Lorsqu’il se lance en solo, il affiche toujours une grande précision dans le jeu, même dans les moments plus audacieux. Son jeu le situe quelque part entre Steve Hackett et Alan Holdsworth, quelque part entre Progressif et Jazz-Rock.
La rythmique est solide et variée. Le bassiste Neil Murray (ex-Gilgamesh, Colosseum II), qui fera par la suite une brillante carrière dans le Hard-Rock, avec Whitesnake notamment, reste ici dans la ligne la plus Jazz-Rock de Canterbury et, principalement, de ses homologues de Soft Machine. Appuyé par le batteur intérimaire des débuts, John Mitchell, Pip Pyle (ex-Gong, Hatfield and The North) utilise une large palette de percussions. Il aime agrémenter son jeu riche, libre et volontiers spectaculaire de petites touches plus surprenantes, particulièrement au niveau des sonorités.
La voix d’Amanda Parsons est de toute beauté : un vrai régal. A chaque intervention, elle amène une sensation de bien-être et de plénitude. Les interventions légères et délicates du merveilleux Jimmy Hastings (Soft Machine, Caravan, …) sont du même acabit.
En conclusion, l’entièreté de cet album s’écoute avec un plaisir jamais démenti. Sa limpidité, la variété de ses sonorités, le mélange des genres, la technique de ses participants et leur complémentarité, la valeur des compositions en font une œuvre indispensable.
Les titres (49’50) :
- « Thermos Roads » (D. Stewart)(14’32)
- « Brujo » (A. Gowen)(10’14)
- « Borogoves (excerpt from Part Two) » (D. Stewart)(4’13)
- « Borogoves (Part One) » (D. Stewart)(6’30)
- « Elephants » (A. Gowen/D. Stewart)(14’20)
Les interprètes :
- Dave Stewart : Orgue, Pianos électrique & acoustique
- Phil Miller : Guitare
- Neil Murray : Basse
- Pip Pyle : Batterie & Percussions
+ - Alan Gowen : Moog & Piano électrique
- Jimmy Hastings : Flûte & Clarinette
- Amanda Parsons : Voix
- John Mitchell : Percussions (1, 2, 3)
Pays: GB
Esoteric Recordings ECLEC2116
Sortie: 2009/04/27 (réédition, original 1978)
