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The Bernadette Maries: Soft, it is not

Après une multitude de premières parties prestigieuses au Bota et ailleurs, The Bernadette Maries a franchi un palier ce mardi. Les Bruxellois ont tout simplement retourné la Rotonde à l’occasion de la release-party de « Soft », leur excellent premier album.

Une release-party sous forme d’échange de bons procédés puisque B O I les avaient invités à se produire en support de la leur au printemps dernier. Les Anversoises roulent leur bosse depuis un moment déjà, ayant notamment accroché l’oreille de Radio Willy qui les avait choisies comme artiste du mois en avril 2024. À l’époque, « All These Boys », efficace single grungy à souhait, tournait en boucle sur les ondes. Un EP (disponible uniquement en cassette) plus tard et les voici en train de défendre « Venus In Flux », une première plaque (disponible en vinyle uniquement) publiée chez l’indépendant Rotkat.

Autour de la chanteuse Indra Aubroeck (Zere Vingers), on retrouve une tête connue en la personne de la bassiste Marieke Hutsebaut qui a fait les beaux jours au micro de The Spectors à l’époque. Si la batteuse Cala Croes (Kobalt) est présente depuis les débuts, la guitariste Chloë Maes vient de réintégrer le groupe après une pause plus ou moins longue. Quatre filles pleines d’expérience sur scène comme dans la vie qui n’hésitent pas à balancer du lourd dès le départ, tutoyant un univers se situant quelque part entre The Breeders et Veruca Salt. Crasseuses juste ce qu’il faut, leurs compositions enivrantes chantées d’une voix modérément trafiquée n’auraient certainement pas la même saveur sans les riffs urgents de la revenante et la classe naturelle de la bassiste.

C’est en septembre 2024, au Museum du Botanique, que l’on a fait connaissance avec The Bernadette Maries. Ce soir-là, les Bruxellois emmenés par Guy Tournay avaient brillamment assuré le support de Bodega alors qu’il ne s’agissait que d’un de leurs tout premiers concerts. Quelques mois plus tard, bis repetita à la Rotonde avant Ditz et plus récemment, c’est au Trix qu’ils ont eu le loisir de peaufiner leur set avant Wu Lyf. Entre-temps, ils ont publié « Soft », un premier album d’excellente facture, ce qui leur permet de revenir à la Rotonde, mais en tête d’affiche cette fois, pour célébrer l’événement.

Un album parsemé de succulentes influences british du début des nineties dont on aura d’emblée droit à une saveur via le titre d’intro et plage titulaire de la plaque, sur laquelle plane le fantôme de Ride. Entre shoegaze et vague baggy madchester, on pensera ainsi ensuite aux Happy Mondays, aux Stone Roses ou aux Charlatans (et pas seulement via la coupe au bol du leader). Un leader qui n’en est pas à sa première release-party puisqu’il avait déjà publié un album avec Animal Youth en 2017. Aucun membre du groupe n’a d’ailleurs débarqué sans expérience, qu’il s’agisse du guitariste Romain Rouserez (Garance Midi) dont la première date au sein du groupe coïncidait avec le susmentionné concert de Ditz ou de la bassiste Daria Mészàros (Lavender Witch).

Reste le délicat poste de batteur qui a déjà été occupé par plusieurs personnes. Si David Temprano (Landrose mais aussi l’actuel troisième larron de La Jungle) a enregistré le disque, les baguettes sur scène ont notamment déjà été confiées à Hugo Claudel (Annabel Lee), Pol Cliquet (Stonks) et Renaud Verstraete (Wyatt E.). C’est ce dernier, tout comme au festival La Carrière cet été, qui se trouve derrière les fûts ce soir. Et comme le groupe voulait marquer le coup, deux musiciens supplémentaires ont participé à la fête : Nele De Gussem (Uma Chine, BRNS) aux claviers et Clément Marion (Ada Oda, Paradoxant…) pour une guitare supplémentaire. Avec un tel paquet de références, aucune surprise à croiser le who’s who du rock indé bruxellois dans les couloirs du Bota.

Mais retour au concert pour l’entêtant « The Closer You Look » et son mur de guitares saturées que l’introspectif « Silk » viendra à peine tempérer dans la foulée. Outre une impeccable balance, on épinglera également des jeux de lumière particulièrement travaillés et une intensité à son paroxysme. Car on a beau mettre les moyens pour une release-party, si les compositions ne suivent pas, l’effet pétard mouillé guette. Rien de tout cela ce soir, la guitare cristalline d’« Every Morning » et la délicieuse noirceur de « Summer Night » figurant parmi les meilleurs moments du set. Des influences Curesques que parsèment également un « Never Been Mine » rendu possible grâce aux deux invités sur scène.

La puissance mesurée de « ESO » et son final à la Underworld auquel participe vocalement la bassiste précédera un surprenant intermède dub, ultime respiration avant un final époustouflant. Le catchy « Happy Song » fixera les amplis dans le rouge avant qu’un « Missing Bernadette » à deux vitesses ne termine le boulot. Vigoureusement planant dans un premier temps, il explosera ensuite littéralement. Une construction prenante similaire au seul titre en rappel (« Sensass » sur la set-list), point final plutôt réussi d’une release dont le groupe peut clairement être fier.

SET-LIST
SOFT
ASCII
THE CLOSER YOU LOOK
SILK
EVERY MORNING
SUMMER NIGHT
NEVER BEEN MINE
ESO
INTERLUDE 02
HAPPY SONG
MISSING BERNADETTE

SENSASS

Organisation : Botanique / Julia Camino

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