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A Little Yard Act

Garant d’un post-punk évolutif et varié, Yard Act a récemment publié « You’re Gonna Need A Little Music », son troisième album. Les natifs de Leeds ont envahi l’AB ce vendredi pour le défendre bec et ongles devant des spectateurs prêts à en découdre. Une rare occasion de les voir en salle vu qu’ils ont davantage soigné leurs statistiques belges en festival récemment, à l’exception de la première partie de The Hives à Forest National en novembre dernier.

Pour l’occasion, ils ont embarqué avec eux Do Nothing, leurs voisins de Nottingham, visiblement déjà populaires chez les kids dont certains chantaient les paroles dans les premiers rangs. Sur scène, le groupe se produit dans un mouchoir de poche à l’arrière de la scène même si le leader Chris Bailey, genre de dandy élancé rappelant à la fois Brett Anderson et Jarvis Cocker, ne tardera pas à enjamber les retours et se rapprocher du public. On pense instantanément aux Strokes en plus crasseux via les intonations à la Julian Casablancas et les nappes synthétiques isolées mais aussi aux débuts déclamés de Geese en plus langoureux toutefois. Pour les curieux, leur deuxième album, « Friend World », arrive le 6 novembre chez Submarine Cat Records.

« You’re Gonna Need A Little Music », le troisième album de Yard Act, a été accueilli de façon mitigée par la presse spécialisée. Chef d’œuvre absolu ou flop monumental, les avis divergeaient fortement. Tout dépend sans doute de la position adoptée par les uns et les autres. Ceux qui avaient craqué pour le post-punk brut de « The Overload » et qui ont été surpris par la tournure groovante de « Where’s My Utopia? » auront certainement du mal à digérer le flow franchement hip hop des nouvelles compositions. En revanche, ceux (dont nous faisons partie) adhèrant aux détours imprévisibles proposés par un groupe à l’ouverture d’esprit illimitée, seront conquis sans peine.

Sur disque en tout cas. Car sur scène, il s’agit d’une autre histoire, ces nouveaux titres peinant encore à s’affirmer au sein de la set-list. Et ce, malgré un « Empty Pledges » ténébreux à souhait d’entrée de jeu qui permettra à James Smith de trouver ses marques en trench-coat vintage et lunettes seventies. Un peu plus tard, un inoffensif « New Beginnings » et un « Redeemer » assez brouillon manqueront encore de conviction, d’autant qu’ils seront enchaînés respectivement avec un « Dark Days » de derrière les fagots et un « The Trench Coat Museum » complètement dingue. Cela dit, « Tall Tales » et sa voix nasillarde évoquant John Lydon au sein de Public Image Limited d’un côté et un « Thrill Of The Chase » aussi imprévisible que son flow est impressionnant de l’autre, sortiront tout de même du lot.

Intenable, le leader occupe le large espace sur le devant de la scène, bien souvent accompagné de son pied de micro rarement laissé en plan. À l’inverse, ses camarades de jeu restent plutôt statiques et peu expressifs, comme s’ils avaient été lobotomisés et cloisonnés. Qu’il s’agisse du guitariste à la big moustache Sam Shipstone, du batteur Jay Russell ou du bassiste Ryan Needham de l’autre côté de la scène. Seul le claviériste de tournée (et saxophoniste à ses heures) semble s’enhardir quelque peu. Cela ne les empêche toutefois pas de participer pleinement à l’intensité qui caractérisera la seconde moitié du concert.

En effet, jusque-là, mis à part un « Human Sacrifice » speedé et un « Petroleum » emmené par une basse sinistre, leur prestation manquera clairement de cons(is)tance. Tout ceci changera drastiquement dès ce « Dead Horse » méconnaissable mais suffisamment puissant que pour initier les premiers mouvements de foule. Ceux-ci s’intensifieront pendant un « Payday » en forme de dinguerie et sur le nouveau « Cherophobe Rock », un des rares titres sur lequel de vraies nappes de sax apportent une tension (les autres étant souvent pré-enregistrées). Un point à prendre en considération, d’autant que le public chantera à tue-tête au son de celles-ci.

Outre un groovy « Dream Job », pointons encore « 100% Endurance » que n’aurait pas renié Mike Skinner et The Streets dans cette même salle en juin dernier. Avant la plage titulaire du nouvel album en guise de final du set principal. Un choix judicieux, tant « You’re Gonna Need A Little Music » et son entêtant motif house digne des hymnes de l’Haçienda à la fin des années 80 se profile comme un des hits de 2026. Ils précédera un rappel expédié en moins de cinq minutes qui bouclera la soirée via deux bombes du premier album, « The Overload » et « Witness (Can I Get A?) » dont la popularité égalera le nombre de pogoteurs bien en voix dans le moshpit. Un concert à deux vitesses, donc, qui étalera la complexité de s’écarter d’un chemin balisé.

SET-LIST
EMPTY PLEDGES
HUMAN SACRIFICE
FIZZY FISH
TALL TALES
PETROLEUM
NEW BEGINNINGS
DARK DAYS
THRILL OF THE CHASE
REDEEMER
THE TRENCH COAT MUSEUM
DEAD HORSE
DREAM JOB
PAYDAY
CHEROPHOBE ROCK
100% ENDURANCE
YOU’RE GONNA NEED A LITTLE MUSIC

THE OVERLOAD
WITNESS (CAN I GET A?)

Organisation : AB

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